Résilience

Bâtiments et constructions

Auteur: Svietlana Bobileva
Trad.: Louise Nussbaumer

La mentalité mennonite est basée sur le rationalisme. Les colonies étaient des villages proches les uns des autres. Les colonies, reliées par des routes étaient construites sur les rives des petites rivières, d’après des plans approuvés officiellement et adaptés au paysage. Peu à peu les colonies développèrent leurs infrastructures : ateliers d’artisans, usines, boutiques, églises et écoles.

 

Bien entretenus et propres

Les villages mennonites étaient disposés le long d’une seule rue, la rue principale. Il y avait des fossés pour drainer l’eau de pluie et des trottoirs pavés le long de la rue. La rue était propre et bien entretenue. Toutes les colonies avaient de grands espaces verts et des jardins, des fleurs devant la maison. Une église/lieu de culte et une école se trouvaient au centre de la colonie. L’école était souvent un magnifique bâtiment à deux étages avec de grandes fenêtres, des escaliers confortables et des sols  carrelés.

 

Matériel

Les maisons étaient à colombage, en briques de pisé. Les cheminées étaient construites dans les greniers pour un meilleur chauffage et une bonne circulation de l’air chaud. Traditionnellement les Mennonites installaient un fumoir dans les cheminées. Les pignons des maisons, en briques  avaient jusqu’à 9 mètres de haut. Les toits étaient couverts de tuiles, de métal ou de bardeaux. Les planchers étaient souvent peints. Les ménagères lavaient et nettoyaient les planchers non peints. Chaque maison avait une cave – rectangulaire ou voûtée. Les murs et les planchers étaient carrelés et en briques parfois en terre battue.

 

Arranger les cours et les maisons

Les cours avaient 40 mètres de large et 100 à 120 mètres de long. Les cours de ferme étaient séparées par des clôtures, blanchies deux fois l’an. La plupart des bâtiments avaient un étage, 9 à 18 mètres de long, face à la rue principale. Toutes les maisons avaient deux entrées, la porte principale, face à la cour et une autre conduisait par un couloir à la grange, à une deuxième porte à quelques mètres de l’entrée principale. Dans certaines maisons on trouvait quatre pièces autour du foyer placé au centre du bâtiment. Le mobilier traditionnel se composait de lits (‘shlopani’),  d’armoires, de couches, de sofas en bois, d’armoires suspendues à deux battants et de coffres.

 

Les puits

Les puits se trouvaient dans la cour et les étables. Si un village n’avait pas d’eau potable, les mennonites construisaient des citernes recouverts d’un couvercle en bois remplies d’eau de pluie filtrée ou d’eau distillée. Des puits se trouvaient aussi le long de la rue.

 

Tour anabaptiste à travers la Suisse

Auteur: Hanspeter Jecker
Trad.: Louise Nussbaumer 

 Nous commençons ce tour à Bâle. C’est là en 1516 qu’Erasme de Rotterdam a publié l’édition en grec du Nouveau Testament, la base des traductions de la Bible, aussi bien pour Luther que Zwingli.

 

Zurich

La ville de Zurich en Suisse, se trouvait au coeur des mouvements de renouveau de l‘Eglise et de la société à travers toute l’Europe. C’est là que vivait depuis 1519, le théologien Ulrich Zwingli. Bientôt commencèrent les débats: dans quelle mesure, à quelle vitesse et sous la conduite de qui faudrait-il mettre ces réformes en oeuvre ? Quelques-uns parmi ses plus proches collaborateurs formulaient depuis 1523 de plus en plus de critiques vis-à vis de leur maître; en  pratiquant le baptême d’un adulte le 21 janvier 1525, ils ont consommé la rupture définitive. En 1527 Felix Mantz est noyé dans la Limmat,  première exécution d’un anabaptiste de Zurich, suivie par tant d’autres.

 

La Grotte des Anabaptistes

Très vite la persécution a contraint le mouvement à se retirer dans l’arrière-pays. Un exemple impressionnant est la ‘Grotte des Anabaptistes’ (Bachtel près de Hinwil) dans l’Oberland zurichois.

Des leaders anabaptistes se réunirent en 1527 à Schleitheim près de Schaffhouse  pour une concertation. On s’engagea en tant que ‘Frères suisses’  en faveur d’une église non-violente et libre. Une exposition dans le musée local illustre cette histoire. Le mouvement anabaptiste a pu s’établir de manière durable en Suisse, en particulier à Berne. Dans l’Emmental, mais aussi dans le Oberaargau et dans la région de Thun (Steffisburg, Oberhofen, Spiez, Frutigen) l’anabaptisme a été par moments bien représenté. Des témoins émouvants de la répression se trouvent  à Trub avec la cachette des anabaptistes au Hüttengraben (avec musée) ainsi que le château de Trachselwald avec les cellules de la prison.

 

Du refuge au ‘chez soi’

Dans leur fuite à l’étranger, le Jura et ses fermes de montagne a été pour beaucoup d’anabaptistes un refuge provisoire. Le lieu de culte caché dans la grotte ‘Geisskirchli’ près de Souboz est impressionnant. Pour beaucoup ce provisoire devint un chez soi durable, comme le démontrent les lieux de culte p.ex. aux Bulles, au Moron, aux Mottes, ou au Jeangui (exposition).

 

De retour à Bâle nous nous rappelons qu’en 1925 s’est déroulée ici la première Conférence Mennonite Mondiale, et qu’en 1950 l’Ecole Biblique Mennonite Européenne y a été ouverte. Depuis le déménagement au proche Bienenberg près de Liestal (1957) elle est un ‘Centre de Formation et de Rencontre’, bien au-delà des cercles mennonites.

 

 

Colonies mennonites en Pologne

Auteur: Michal Targowski
Trad.: Louise Nussbaumer

Les Mennonites qui ont émigré en Pologne au milieu su 16ème siècle étaient pour la plupart des agriculteurs. Leur compétence pour travailler sur les terres marécageuses leur a permis de s’installer dans les régions peu peuplées dans le delta de la Vistule.

 

Choisir de vivre à la campagne

Même s’il y a eu des communautés d’artisans mennonites et de marchands à Elblag (Elbling) et dans les faubourgs de Gdansk, la plupart des disciples de Menno Simons ont choisi de vivre à la campagne. Les premières colonies mennonites étaient situées dans le delta et la vallée de la Vistule, quelques-uns vivaient sur la côte de la mer Baltique et dans les marécages de la Notec. Au début du 17ème siècle les Néerlandais ont organisé une colonie dans une des îles de la rivière qui se trouve maintenant à l’intérieur de Varsovie. D’autres développements ont été empêchés par les guerres  jusqu’à la fin du 18ème siècle quand de nouvelles générations de Mennonites, nés en Pologne recommencèrent à émigrer et à coloniser de nouvelles terres en amont de la Vistule et de ses affluents.

 

Installés dans des lieux exigeants exposés aux inondations, les villages crées par les Mennonites avaient un caractère particulier – des maisons en bois construits le plus souvent le long d’une digue ou au bord d’un terrain sec près des marécages, les maisons étaient uniformément espacées. Les champs étaient divisés en parcelles régulières en longueur, perpendiculaires à la digue ou à une route et bordés de fossés. Des villages linéaires appelés ‘row villages’ (rzedowka). Leur conception, préservée en plusieurs endroits, fait partie de l’héritage laissé par ces immigrants.

 

Des communautés intégrées

Les colonies mennonites en Pologne ont formé des groupes locaux ce qui permettait l’entraide entre les petites communautés. Ils organisaient des temps de prière et des cultes auxquels assistaient les habitants de plusieurs villages. On faisait tout pour empêcher qu’une ferme mennonite soit achetée par des catholiques ou des luthériens. Ils forment des communautés très proches capables de préserver leur identité et leur foi pendant longtemps, du moins jusqu’à la germanisation au 19ème et 20ème siècle, et parfois même jusqu’à leur émigration dramatique depuis la Pologne en 1945.Ces colonies de plusieurs siècles comprennent des douzaines de villages à Zulawy et la plaine de la Vistule, comme Wielka Nieszawka (Nessau), Sosnówka (Schonsee), Przechówko (Wintersdorf), Mątawy (Montau), Grupa (Gruppe), Bratwin, Jezioro (Thiensdorf), Kazuń (Deutsch Kazun) et Wymyśle. Là comme en bien d’autres endroits, on peut encore trouver trace de l’histoire mennonite, préservée dans des paysages de plaine, avec d’anciens exemples d’architecture en bois ou dans le silence des cimetières.

 

Migrations mennonites et installation en Prusse, Pologne et Russie

Auteur: Peter Klassen
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Lorsque le mouvement anabaptiste est né au 16ème siècle, l’accent mis sur le baptême des adultes et la théologie de la paix ont très vite suscité des persécutions. En Pologne des agriculteurs et des hommes d’affaires compétents étaient les bienvenus. C’est ainsi que furent fondées de nombreuses communautés, en particulier dans le delta de la Vistule. Les compétences des Mennonites dans les techniques de drainage ont augmenté les revenus de ces terres qu’ils protégèrent par un réseau de canaux et de digues. D’autres Mennonites, versés dans le commerce, se sont installés dans les environs de Gdansk et d’autres grandes  villes.

 

Hérétiques ou vrais croyants ?

Sans surprise, on a parfois reproché à ces Mennonites non-conformistes d’avoir une fausse foi. Lors d’une scène dramatique à Gdansk, on a demandé aux  Mennonites de réfuter ce reproche. En 1678 plusieurs Mennonites ont comparu devant une commission théologique sous la présidence de l’évêque catholique de Wloclawek (Leslau) pour rendre compte de leur foi. Après cette audition, les églises ont été acquittées de tout soupçon, comme le note Georg Hansen, un religieux de l’Eglise flamande à Gdansk

Suivant l’invitation du seigneur local, dans la région de Nowy Dwor (Tiegenhof)  un certain nombre de Mennonites vinrent s’y installer et bientôt, il y eut un grand nombre de colonies mennonites dans le delta de la Vistule.

 

De nouveaux cas de conscience

De nouveaux défis ont surgi lorsque la Prusse prit le contrôle  du delta de la Vistule. Les nouveaux maîtres avaient peu de sympathie pour les convictions pacifistes des Mennonites et la pression qui  obligeait les Mennonites à servir dans l’armée a soulevé des cas de conscience. Quelques responsables des assemblées de l’Ouest de la Prusse proposèrent de laisser tomber la position pacifiste. Peu à peu il y eut une scission, et à la fin du 18ème siècle plusieurs centaines de familles mennonites partirent en Russie où Catherine II promettait la liberté de conscience. Plus tard, un autre groupe important émigrait en Amérique. Parmi ceux qui restaient il y en eut de plus en plus qui renoncèrent à  leurs  convictions  pacifistes. Plus tard, après la défaite de l’Allemagne en 1945, les Mennonites ont tenté de s’échapper vers l’Allemagne de l’Ouest, certains sont morts en route, d’autres trouvèrent une nouvelle patrie. Les assemblées existantes ont accueilli les réfugiés ou leur ont aidé à partir en Amérique du Nord ou du Sud.

 

La grande guerre patriotique (1941-1945)

Auteur: Svietlana Bobileva
Trad.: 
Louis Nussbaumer

L’oppression politique était une pratique courante en Union soviétique dans les années 1930. Le régime de Staline a soutenu les activités de la  NKVD (la police politique), initié une campagne contre les ‘fascistes’ - la population germanophone, aboli les régions nationales et fait des projets pour déporter la population allemande mennonite en 1939. Des arrestations et des agressions physiques contre le clergé et les enseignants ont miné les mennonites et leur identité spirituelle, nationale et culturelle. Ceci a influencé l’attitude des mennonites vis-à-vis des personnes au pouvoir.

 

Les mennonites et les autorités

La guerre entre l’Allemagne et l’URSS éclata en juin 1941. Quelques jeunes mennonites se portèrent volontaires pour l’Armée Rouge. D’autres se contentèrent d’attendre la fin des combats entre les partis en guerre. Il était presque impossible de rester neutre et de ne pas s’engager. Quelques politiciens et des communistes furent exilés à l’est de l’Union Soviétique. La loi ‘Concernant la population allemande en République Socialiste Soviétique’ fut promulguée en août 1941. Suivant cette loi, des éléments anti-soviétiques devaient être arrêtés et la population mâle germanophone (âgée de 16 à 60 ans) était appelée a former des bataillons. Les Mennonites allemands des provinces de  Kharkov, Dnepropetrovsk, Zaporozhe, Stalin (maintenant Donetzk), Voroshilovgrad (Lugansk) et la région de la Crimée devaient être expulsés. Mais l’avancée de l’armée de la Wehrmacht n’a pas permis de réaliser entièrement ces projets.

 

Entre bolchevisme et nazisme

Environ 163 000 Mennonites et Allemands vivaient en Ukraine avant la guerre. Le but des autorités fascistes était d’utiliser le potentiel humain des territoires occupés pour leurs propres objectifs, en s’appuyant sur la population germanophone. Pour cela, ils fournissaient des équipements aux assemblées et prévoyaient de remettre en vigueur les écoles ethniques  et la vie religieuse. Au début il y avait de bons résultats. Mais bientôt les mennonites furent déçus parce que les fermes collectives organisées par Staline, n’étaient pas démantelées et que l’idéologie nazie avait remplacé les idées bolcheviques dans les écoles. Les mennonites ne pouvaient pas accepter le racisme nazi pour qui la population locale, non allemande, était regardée comme des sous-hommes.

 

Etrangers dans leur propre pays

Les Nazis échouèrent dans leur tentative de semer la division parmi la population locale. L’histoire montre bien des exemples de relations amicales entre les mennonites et leurs voisins ukrainiens. Mais la propagande nazi influença les mennonites. Pendant l’occupation ils se trouvèrent eux-mêmes ‘étrangers dans leur propre pays’. Leur retour dans l’Union soviétique montre qu’ils ne se sentaient pas responsables des atrocités nazies.

Des entrepreneurs enthousiastes

Auteur: Nataly Venger
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Les mennonites de Russie n’étaient pas seulement des agriculteurs couronnés de succès, mais aussi des entrepreneurs de talent. Les colonies mennonites dans la province d’Ekaterinoslav sont devenues les principaux centres de production de l’empire dans la construction mécanique. ‘Lepp et Wallmann’ était l’entreprise de construction la plus importante. L’usine a été fondée en 1850 par Peter Lepp – le fondateur d’une dynastie d’entrepreneurs – elle arriva au  sommet de son succès sous la direction de son petit-fils – Johann Lepp, qui hérita de l’entreprise en 1879 et la dirigea jusqu’en 1919.

 

La dynastie Lepp-Wallmann

En 1880 Andreas Wallmann, un riche agriculteur devint le partenaire de Lepp. Après 1880 l’entreprise s’appela ‘Lepp et Wallmann’. En 1903 l’entrepris devint une société par actions. Les actionnaires étaient 11 représentants de la dynastie Lepps-Wallmann. Ils avaient trois usines de constructions mécaniques dans la province d’Ekaterinoslav. En 1903, la valeur de l’entreprise était estimée à 1,15 millions de roubles. Le capital de l’entreprise s’agrandit jusqu’à 1,2 millions de roubles (1903-1913) et 2,4 millions de roubles (1914-1918).

 

Succès et distinctions de l’entreprise

Au début, l’usine produisait des machines toutes simples pour l’équipement des fermes: faucheuses, des batteuses et des moissonneuses. En 1874 elle fabriqua le premier ‘Lepps Booker’. En 1880 l’usine se mit à produire des moteurs à vapeur, des boilers, des presses à huile, des équipements pour les scieries. Entre 1860-1912, l’usine a participé à des expositions agricoles et a été récompensée par 33 médailles et diplômes.

 

La Première guerre mondiale et les affaires

Pendant la Première guerre mondiale, l’usine a été forcée de produire des armes. Pour les entrepreneurs (pacifistes) mennonites, c’était la seule manière de sauver leur propriété.

 

Importance des usines gérées par les Mennonites

Lepps-Wallmann a beaucoup contribué au développement de l’industrie de constructions mécaniques dans l’empire russe. Des entrepreneurs connus comme A.Koop et C. Hildebrandt ont fait leurs premières expériences dans l’usine de P.Lepp. Vers 1900 les Mennonites de la province d’Ekaterinoslav produisaient plus de 58% de l’équipement agricole de la région. Dans la province de Taurida un tiers des usines de construction mécaniques appartenaient aux mennonites. En 1911 chaque cinquième usine de construction de machines agricoles à Novorussia était la propriété d’un entrepreneur mennonite. Ces chiffres reflètent le succès des entreprises dans ce groupe ethnique et religieux. Les usines mennonites utilisaient toujours les dernières technologies et se trouvaient en compétition avec des entreprises étrangères, fournissant aux clients du matériel bon marché mais de grande qualité.

S’attendre à l’action du Saint-Esprit

Auteur: Beate Zipperer
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Un culte mennonite a rarement une forme liturgique fixe. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de structure ou de ordre. Cela signifie que l’assemblée s’attend à l’œuvre du Saint-Esprit. La vie et les pratiques d’une église sont aussi différentes que les personnes qui la forment. Il y a des communautés qui ont clairement un caractère charismatiques et d’autres sont plutôt piétistes.

 

Le culte

Il y a différentes formes de culte, de formes de prières et de styles musicaux. Les différences de culture, de tradition et la personnalité de léglise influencent la spiritualité tout comme elles donnent forme au culte. Mais on ne peut nier que la prière commune et la musique sont au coeur des rassemblements d’église et des cultes. La manière la plus simple de montrer le modèle de notre culte est de le diviser en trois parties.

 

Communion avec Dieu

Se placer consciemment dans la communion avec Dieu pour le louer et le remercier. C’est le début du culte : accueillir l’assemblée pour la célébration, prier et chanter ensemble et encore lire un texte, ou donner un témoignage mettent l’assemblée en présence de Dieu.

 

Proclamation

Nous écoutons Dieu et le laissons parler. Dans cette partie des prédicateurs désignés (théologiens ou laïcs) interprètent la parole de Dieu.

 

Communion fraternelle

Prendre part à la vie des uns et des  autres et à ce qui se passe autour de nous.

Dans cette partie du culte, on célèbre ensemble la Cène et des bénédictions, on partage les expériences, les témoignages de ce que Dieu a fait,  et on échange des informations concernant l’assemblée et au-delà. Cette partie clôt d’habitude le culte du dimanche.

 

Vivre la communion –grandir dans la foi – vivre la foi

‘Il faut entretenir la vigueur du corps pour conserver celle de l'esprit ‘ (Vauvenargues). Ce proverbe ne compte pas seulement pour les individus pour la communauté. C’est pour cela que dans beaucoup d’assemblées on a l’habitude de manger ensemble. Après le culte on invite pour le café et le gâteau. Pour certaines fêtes comme par exemple des baptêmes, pous des réunions d’églises, la fête des moissons ou encore en petits groupes, groupes de maisons, après-midi senior, la chorale, la fanfare, le groupe de théâtre etc.

 

Grandir et vivre dans la foi  au quotidien s’apprennent dans le partage d’expériences avec des frères et sœurs.

Les Mennonites s’unissent

Auteurs: Corinna Schmidt, Joel Driedger
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Aujourd’hui on trouve des assemblées mennonites dans quelques villes d’Allemagne du Nord à Krefeld et Hambourg et dans les environs, mais aussi à Berlin, Neuwied, Bielefeld et ailleurs. Quatorze assemblées mennonites en Allemagne du Nord avec environ 2 100 membres sont réunies depuis 1886 dans la ‘Vereinigung der Deutschen Mennonitengemeinden K.d.ö.R.’ (VDM) [Association des églises mennonites en Allemagne du Nord].

 

Accepter les particularités, cultiver les relations

La VDM met les Mennonites d’Allemagne du Nord en relation par des contacts, par exemple des rencontres de pasteur(e)s pour discuter théologie et  problèmes concrets. Quelques collaborateurs de la VDM s’occupent uniquement des jeunes (MJN Jeunesse Mennonite en Allemagne du Nord). Ils organisent des camps et des manifestations pour enfants, adolescents et jeunes adultes. Il existe aussi une organisation spéciale pour les femmes (Travail parmi les Femmes Mennonites  en Allemagne du Nord). De plus la VDM soutient les collaborateurs bénévoles par des formations continues.

 

Collaboration avec les autres églises

Quelques représentants de la VDM étaient à Amsterdam en 1948 pour la création du Conseil Œcuménique des Eglises. Après la Deuxième Guerre mondiale, les Mennonites souhaitaient promouvoir l’unité des chrétiens. Jusqu’à ce jour les Mennonites sont convaincus que les chrétiens doivent se réconcilier, pour résoudre les conflits sans violence et travailler ensemble à un monde meilleur. Les Mennonites sont ainsi en lien avec les chrétiens du monde entier et avec des chrétiens très différents en Allemagne. Toutes les églises de la VDM sont membres de l’Arbeitsgemeinschaft Christlicher Kirchen ACK( Communauté de collaboration des Églises chrétiennes)  qui existe dans chaque grande ville d’Allemagne. Les Mennonites sont persuadés de pouvoir apprendre quelque chose des autres églises et les autres églises pensent que les Mennonites ont quelque chose d’important à dire.

 

Foi et Paix

La VDM veut montrer que le message de Jésus-Christ est une bonne nouvelle pour tous les hommes. Pour les Mennonites la foi en Jésus-Christ a des conséquences pour l’ouverture, la tolérance, l’engagement dans la société et la paix. La foi incite à aider son prochain. C’est pour cela que la VDM a créé à Berlin le Centre Mennonite pour la Paix, qui s’engage dans les quartiers chauds et en faveur de personnes défavorisées. S’il y a des conflits, ils doivent être résolus de manière pacifique. La VDM incite ses membres à réfléchir à leur foi de manière approfondie et en même temps à s’engager dans la société.

 

 

‘Pape mennonite’

Auteur: Annelies Vugts-Verbeek
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Aujourd’hui on regarde Samuel Muller comme un des professeurs de séminaire les plus influents dans l’histoire mennonite néerlandaise. A son époque, on se moquait de lui comme du ‘Pape mennonite’ ou du ‘Chef de l’Eglise’. Son autorité grandissante et son influence ont provoqué des tensions avec les Mennonites néerlandais, ayant une approche plus autonome et anti-autoritaire. Sous cet aspect il a plutôt incarné l’esprit du 19ème siècle que les Mennonites libéraux qui se sentaient à l’aise avec l’esprit de la fin du 18ème siècle.

 

De Krefeld à Amsterdam

Né en Allemagne, Muller est venu de Krefeld à Amsterdam (1801)  pour ses études de  pasteur mennonite. Il acquit les finesses de ce métier dans la petite ville de Zutpen (1806), il a répondu à un appel pour Zaandam-Oostzijde (1809) et Amsterdam (1814). En 1827 il fut nommé professeur au Séminaire dont il avait été membre du comité exécutif depuis plusieurs années déjà. Sous sa direction le Séminaire mennonite néerlandais est devenu une institution professionnelle. On le tenait en même estime que le Séminaire réformé néerlandais qui plus tard bénéficie de la même réputation que le Séminaire réformé qui fera partie plus tard de l’Université d’Etat d’Amsterdam.

 

Emancipation

Les Mennonites néerlandais sont devenus de plus en plus cultivés  et ont joué de grands rôles dans la société néerlandaise et la vie culturelle, par exemple dans les instituts et les journaux. Cela signifie qu’ils avaient besoin de pasteurs bien formés capables de faire des sermons pédagogiques et motivants. Des pasteurs qui comme les éminents membres de leurs églises  faisaient partie de réseaux culturels importants. Ces Mennonites sentaient le besoin de se mélanger avec la société. Cette conviction était différente de l’approche réformée de par son anti-dogmatisme et l’importance donnée à la Bible, comme autorité absolue, et non aux hommes.

 

Criticisme

Les nombreux élèves de Muller (il a travaillé plus de 30 ans au séminaire) ont transmis et stimulé cette émancipation mennonite. Cependant, certains ont contesté le grand courant du mennonitisme prêché par Muller. Joost Hiddes Halbertsma (1789-1869) a regretté le libéralisme de l’ancienne école et le côté folklorique dans l’approche de Muller et Jan de Liefde (1814-1869) était plus orthodoxe et plus piétiste que Muller. De Liefde a quitté les Mennonites. D’autres, comme une partie de l’église de Balk ont quitté la région pour pratiquer leurs précieuses convictions ailleurs.

 

Héritage

On pourrait dire que les Mennonites actuels sont plus les héritiers de Muller que de Menno. Avec Muller, les Mennonites néerlandais sont entrés dans une ère nouvelle qui les aura préparés au modernisme du 19ème siècle – une foi chrétienne qui met en question tous les dogmes établis, même la foi en Dieu lui-même. Muller âgé à ce moment de près de 90 ans a été consterné par ces nouveaux développements théologiques auxquels il avait sans le vouloir, ouvert la voie.

 

Référence: Annelies Verbeek, ‘Menniste Paus’. Samuel Muller (1785-1875) en zijn netwerken, Hilversum 2005.

 

 

Des Mennonites quittent l’URSS pour l’Allemagne

Auteur: Herrmann Heidebrecht
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Avant 1987, seuls quelques milliers de Mennonites de Russie ont pu quitter l’URSS pour l’Allemagne. Après 1987, la plupart des demandes d’émigration ont été approuvées par les Allemands comme par les autorités soviétiques. Il y eut un exode massif, comme on n’avait encore jamais vu. Il y a plusieurs raisons à cette évasion de presque tous les Mennonites de l’ancienne Union soviétique.

La persécution et l’oppression pour la foi a duré près de 70 ans. Les chrétiens n’étaient pas seulement mis sous pression mais aussi regardés comme des arriérés.

 

L’oppression nationale en union soviétique

L’oppression nationale à l’égard des allemands nés en Russie qui n’ont pas été différenciés des national-socialistes de Hitler dans la Deuxième guerre mondiale (appelés fascistes en URSS) était aussi une raison importante de quitter la région pour les Mennonites et les autres Allemands. Même s’il y avait des écoles allemandes dans certaines régions de l’Union Soviétique, comme des radios et des journaux allemands, on ne pouvait arrêter la dissolution de l’identité allemande en Russie.

 

Questions politiques et économiques

La plupart des mennonites n’ont certainement jamais été d’accord avec la politique soviétique. La douleur de la confiscation, des déportations, des arrestations, des exécutions et d’autres souffrances des dernières décennies étaient trop profondes Peu de familles mennonites qui ne pleuraient pas de victimes. Les Mennonites ne faisaient plus confiance au gouvernement soviétique et à ses chefs. Les conditions économiques ont aussi joué leur rôle en la matière. Dans les villes les campagnes on manquait de tout. Même si personne ne souffrait de la faim, souvent on ne trouvait ni pain, ni beurre, ni lait, ni sucre ni d’autre nourriture qu’au prix de mille difficultés si les gens ne pouvaient le produire eux-mêmes. C’était la même chose pour les vêtements, les meubles, les ustensiles de ménage et d’autres choses.

 

Organisation au service des immigrants

Le Service mennonite d’émigration (Die Mennonitische Umsiedlerbetreuung) a été créée par d’anciennes assemblées mennonites en 1972 et pour beaucoup d’années a aidé les nouveaux arrivants pour un nouveau départ. Grâce au soutien de cette organisation, on trouva des lieux pour s’installer en Allemagne, en beaucoup d’endroits des cultes ont commencé, et des nouvelles assemblées créées. Une fois que le Service mennonite d’émigration eut achevé sa tâche, les nouvelles assemblées fondèrent leur propre service d’émigration se chargeant de toutes les  fonctions.  Depuis, les deux services ont accueilli et conseillé plus de 100 000 Mennonites ou personnes d’origine mennonite dans des camps de transit et les points d’entrée dans les différents états.

 

 

 

 

Objectifs, exemples concrets

Auteur: Sylvia Shirk

La Caisse de Secours est depuis sa fondation en 1977, le bras secourable des Mennonites de France auprès des personnes dont la situation de détresse momentanée ou plus durable est parvenue à notre connaissance.

 

Syrie

L’année 2013 a été marquée par une nouvelle action pour la Syrie. Dans un courriel du 10 septembre, Sarah ADAMS, la représentante de MCC Liban remercie les mennonites français et suisses pour leur merveilleux et continuel soutien et pour les  prières pour le peuple syrien.  Les trousses ont été réceptionnées et distribuées par .. une grande variété d’églises qui sont au service des personnes déplacées forcées de quitter leur maison…

 

Depuis le début du conflit, plus de 3500 trousses d’hygiène, 200 couvertures et une somme de 15.000 € ont été acheminés en  2 conteneurs jusqu’en Jordanie et en Syrie. En 2013, les mennonites suisses se sont joints pour remplir le conteneur avec des seaux. Ces sommes viennent de dons individuels. Le cout de l’acheminement des conteneurs (env 8.500 €) a été couvert par les collectes à l’occasion des concerts d’un groupe de jeunes artistes  d’une église, les ‘Lightclubberz’. Une assemblée du Nord de l’Alsace comme l’an passé a assuré le tri, le reconditionnement et l’expédition de la partie française.

 

Afghanistan

Depuis ses débuts, la Caisse de secours propose à la période de Noël une action en faveur de détresse plus chronique mais pas moins déchirante. Cette année, un projet d’école en faveur des femmes et des enfants Hazaras d’Afghanistan a retenu notre attention. Fondée il y a dix ans par des ressortissants d’une de nos églises, LE PELICAN a déjà créé à Kaboul depuis 2003 un premier centre d’accueil de jour pour les enfants Hazaras. Le projet a vite grandi (plus de 200 enfants) et s’est élargi à une autre centaine de femmes et jeunes filles (leçons d’alphabétisation et de couture), ainsi qu’à une formation professionnelle en boulangerie et en petite restauration et un cours de langage des Signes il y a 2 ans. EN 2007, la Caisse de Secours a permis l’acquisition du matériel pour la boulangerie.

 

7 ans plus tard, les dons aideront contribueront à  créer une école 200 km à l’Est, à Bamiyan un projet sur le même modèle que celui de Kaboul.

En Novembre, Jacques co fondateur du PELICAN est décédé d’un cancer foudroyant. Mais Ariane ne baisse pas les bras. Voici son témoignage:

 

J’ai compris que le PELICAN devait se poser sur ce plateau où il n’y a rien d’autre qu’une population pauvre, sans ressource aucune: pas d’école, pas de commerce, pas de dispensaire, pas d’électricité, pas d’eau… Ils manquent de tout. Alors ce sera facile de les aider!