Foi

Les Mennonites – traditionnellement modernes avec des valeurs durables?!

Auteur: Beate Zipperer 
Trad.: 
Louise Nussbaumer 

Dès que les enfants de familles mennonites viennent au jardin d’enfants, au plus tard à l’école quand ils veulent suivre le cours d’enseignement religieux, il faut s’expliquer. Surtout en Bavière dans un paysage marqué par le catholicisme, les mennonites sont ‘exotiques’. Dès que l’on se met à expliquer ce que sont les mennonites ou ce qui fait un mennonite, il faut impérativement réfléchir aux normes et valeurs vécues dans l’assemblée.

 

Une famille ?

‘Etre mennonite’ a été transmis pour ainsi dire dans la famille. Mais sommes-nous aujourd’hui encore une ‘église de familles’? La structure mennonite de l’assemblée n’est-elle pas en train de changer lentement? Les traditions ne subsistent que si elles sont remplies de l’intérieur par des normes et des valeurs.

Les normes et les valeurs sont uniquement fondées sur les paroles de Jésus-Christ. Elles sont marquées par les pensées des premiers réformateurs. On peut souligner différents points :

 

Sola scriptura – la Bible seule est le fondement de notre foi (Galates 2:6-9)

Solus Christus – Seul Jésus a autorité sur les croyants (Ephésiens 5:23-24)

Sola gratia – l’homme est sauvé par la grâce seule (Romains 1:17)

Sola fide – l’homme est justifié par la foi seule (Galates 2:16)

 

Lignes directrices

Dans beaucoup d’assemblées on développe et formule des ‘lignes directrices pour vivre ensemble’. Voici des extraits des lignes directrices de notre assemblée:

 

Vivre la foi : Pour nous le Dieu dont parle la Bible est au centre de la foi.

C’est l’appel et la tâche (mission) de tous les chrétiens et des assemblées chrétiennes

 

Vivre la foi : se tourner vers d’autres.

Jésus Christ a montré de différentes manières l’amour et le plan de salut de Dieu. Nous marchons à sa suite.

 

Vivre la foi : Expérimenter et donner de la place à l’agir de Dieu au quotidien.

Dieu nous parle personnellement par sa Parole. La Bible comme nous l’interprétons sous la direction du Saint-Esprit en dialogue les uns avec les autres est le fil conducteur de notre vie et de notre enseignement.

 

Vivre la foi : Organiser ensemble la vie d’assemblée et en être responsable.

Suivant nos dons et nos possibilités nous nous engageons de manière personnelle dans la vie d’assemblée et avons part à son témoignage de Jésus-Christ.

 

Reformateur

Auteur: Marius Romijn
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Menno a été consacré comme prêtre dans les premières années de la Réforme, lorsque les sacramentalistes commençaient à se faire entendre (ils refusaient la messe comme sacrifice). En tant que  ministre du culte il mettait  aussi en doute le miracle de l’Eucharistie et commençait à étudier la Bible. A l’époque le mouvement anabaptiste atteignait les Pays-Bas. Après que Sicke Freeks, qui s’était fait rebaptiser, ait été décapité, Menno commença à douter du baptême d’enfants. Malgré tout il il devint fin 1532 prêtre à Witmarsum – et acquit une certaine notoriété comme ‘prédicateur de l’Evangile’.

 

Le mouvement anabaptiste qui se répandait rapidement insistait sur l’imminence du  deuxième retour du Seigneur – les vrais croyants devaient vivre dans la pureté, sans violence, dans une assemblée exempte de péché. Un groupe d’anabaptistes en constante croissance, sous la conduite de Jan Matthijs – appelé plus tard par ses disciples Jan van Leyden – tenta d’établir la « Nouvelle Jérusalem » dans la ville de Munster. Ils réussirent à prendre le pouvoir du Conseil de la ville, tous les habitants devaient s’armer contre le Prince évêque. Celui-ci forma une armée pour reconquérir la ville.

 

Un an plus tard ce petit empire d’anabaptistes fut anéanti dans la violence. Quelques personnes de l’entourage de Menno avaient participé à la violence des anabaptistes en Friese. Les anabaptistes se trouvèrent dans le chaos, et furent violemment persécutés. Menno Simons menait une vie frugale, mais pensait que c’était comme une ‘vie en Egypte’. En 1536 il quitta l’église catholique et dut se cacher. Il fût baptisé après de longues réflexions et beaucoup de discussions.

 

En 1537 On demanda à Menno Simons de devenir ancien. Peu à peu il devint le meneur des anabaptistes néérlandais, et l’influence de son rival David Joris diminua. Les autorités promirent de l’argent pour le faire prendre. Plusieurs de ceux qui avaient donné un asile à Menno furent tués. Il avait commencé à écrire des livres et des pamphlets, qui étaient tous considérés comme illégaux. Il était constamment obligé de se déplacer, et vivait à la fin de sa vie comme un banni à Holstein, avec son épouse Geertruyd et leurs enfants.

 

L’église pure était au cœur des anabaptistes, pour y arriver ils pratiquaient le ban et la mise à l’écart (Meidung). Cela devait amener les pécheurs à la repentance. A Emden un ancien influent mit au ban le mari de Swaan Rutgers. Cela signifiait qu’elle devait éviter tout contact avec lui. Elle refusa disant que c’était contraire à ses vœux d’épouse. Menno voulait intervenir en médiateur, mais Lenaert  le menaça de le mettre au ban lui aussi, et Menno finit par céder. Ce qui fut à l’origine de la séparation du groupe libéral des mennonites de Waterländer. Sur son lit de mort Menno exprima des regrets pour avoir été un ‘serviteur des hommes’ au lieu d’un ‘serviteur de Dieu’.

 

Menno a été un réformateur de deuxième génération. Il n’était pas un érudit comme Luther, Zwingli et Calvin. Comme meneur, à l’esprit pratique, il eut la charge de rassembler les anabaptistes pacifistes néérlandais en des temps difficiles. Pourtant cette unité se fissura à la fin de sa vie.

 

Photo: Piet Visser, Sporen van Menno. Het veranderende beeld van Menno Simons en de Nederlandse mennisten (en collaboration avec les Pays-Bas, le Canada, l’Allemagne et les Etats-Unis, 1996).

 

Témoins du Royaume de Dieu

Auteur: Fulco Y. van Hulst
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Qu’y a-t-il de spécifique dans l’éthique des mennonites néerlandais – et comment peut-on le voir ? Le passage biblique qui était très cher à Menno Simons se trouve dans 1 Corinthiens 3 :11. ‘Personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé : Jésus-Christ’ et Christ est toujours la lumière qui guide l’éthique dans une perspective mennonite.

 

Le Sermon sur la Montagne

La meilleure manière de caractériser l’éthique mennonite, c’est l’éthique du Sermon sur la Montagne, ou comme une éthique de la manière de suivre Jésus comme un exemple essentiel de ce que signifie vivre une vie qui plaît à Dieu. On trouve des directives particulières dans les paroles de Jésus dans le Sermon sur la Montagne ainsi que dans d’autres enseignements et paraboles. Ces paroles attirent notre attention sur: prendre soin de nos voisins, en particulier le faible et l’opprimé, l’amour de Dieu qui se montre dans l’amour du prochain, surmonter la violence et le mal et (finalement) aimer ses ennemis. Voici les pratiques qui sont considérées comme les critères d’une bonne vie. L’éthique de paix devrait être vue comme caractéristique de l’éthique mennonite dans le contexte néerlandais. Un bon exemple est la manière dont les mennonites ont pratiqué cela en soutenant de manière active, les objecteurs de conscience qui ne voulaient pas accomplir leur temps de service dans l’armée.

 

Dans le monde

La communauté mennonite néerlandaise s’est largement développée dans un contexte urbain, dans un milieu socio-culturel proche de la haute société. Ces contacts ont été bien plus étroits et bien plus paisibles que dans d’autres pays d’Europe, où les mennonites ont souvent vécu des situations d’isolement (voulu) et de persécution allant jusqu’à leur disparition.  A travers ces contacts, les mennonites néerlandais ont pu diffuser leur message de justice et de paix de manière active et pratique au sein de la société. Somme toute, nous pouvons dire que le point central de l’éthique des néerlandais est une éthique sociale: l’assemblée est censée être un avant-goût du Royaume de Dieu de la Justice et de la Paix. D’une part les églises mennonites cherchent à prendre des responsabilités pratiques dans la société en soutenant des projets de diaconie, ou en se présentant eux-mêmes de manière active comme une église de paix. D’autre part, les églises mennonites essaient de confronter la société, comme un miroir qui rend visible la réalité du  Royaume de Dieu en témoignant de manière active pour la Paix de Dieu en paroles et en actes.

 

Références: trad. Bible.

 

Dans le cadre des églises mennonites de France

Auteur: Théo Hege

Les œuvres sociales mennonites ont été  générées  par l’importante action sociale du Mennonite Central Comittee (MCC) en France  qui a commencé pendant la deuxième Guerre Mondiale.

 

Aide et Accueil des hanicapés

En 1945–1946  ses responsables ont motivé les assemblées mennonites à s’engager dans le service  auprès du prochain. Cette démarche a permis de poursuivre l’œuvre commencée  au-delà du  retrait du MCC grâce à la création de ‘l’Association Fraternelle Mennonite’ et ‘l’Association du Mont des Oiseaux’. Les acquisitions  de la propriété de Valdoie  pour en faire un établissement pour enfants à Valdoie près de Belfort en 1950 et, l’année suivante par l’acquisition d’une seconde maison d’enfant au Mont des Oiseaux près de Wissembourg.

A présent  l’association ‘Association Fraternelle Mennonite’ a confié la gestion de ses œuvres à l’association ‘Servir’.  Elles  gèrent  deux établissements pour personnes âgées médicalisées  et deux établissements  pour enfants en difficultés sociales.  Le Mont des Oiseaux s’est réorienté vers l’accueil d’enfants  et d’adultes ayant un handicap psychique ou mental.

 

Par ailleurs, l’action missionnaire mennonite américaine, relayée par l’association ‘Mission Mennonite Française’  a débuté  vers 1953 à Châtenay-Malabry, et a développé  une assemblée mennonite. Parallèlement, elle a accueilli  une initiative personnelle pour l’accueil d’enfants handicapés mentaux.

La croissance conjointe  de ce service diaconal  et de l’évangélisation ne s’est pas faite sans difficultés. L’association  ‘Les Amis de l’Atelier’ a été créée en 1961  puis s’est  transformée en fondation en 2011.

La ‘Mission Mennonite Française’,  a initié en 1966  la création  d’un centre d’aide par le travail avec hébergement.  Aujourd’hui, l’association a changé de nom et s’appelle: ‘Association des Etablissements du Domaine Emmanuel’ ( AEDE) 

L’ensemble des établissements et services  ci-dessus  se résume en ces quelques chiffres: 91 établissements et services, 4.188 personnes  bénéficiaires,   2.633  salariés. Leur financement est essentiellement public.

 

Etudiants étrangers et français, accueil d’urgence

Par ailleurs la Mission Mennonite Française avait ouvert un foyer d’Accueil pour étudiants étrangers en 1976. Il a fonctionné jusqu’en  1998.

L’assemblée mennonite de Montbéliard  a ouvert en 1996  une petite structure  d’hébergement d’urgence  d’une capacité de 12 studios.  C’est la Maison d’Accueil de la Prairie.

 

En 1977, lors de l’achat de l’immeuble devant  accueillir la jeune assemblée mennonite de Strasbourg, un petit foyer d’étudiants  a pu démarrer  avec  sept  chambres. A ce jour il fonctionne  avec 14 chambres et 9 studios.

 

 

De la compassion individuelle, à la compassion organisée

Auteur: Frédéric de Coninck

Il est assez étrange de constater que beaucoup de personnes en faveur de gestes individuels de compassion à l’égard de leurs prochains en difficulté, sont sur la réserve dès que l’on parle de structures chargées de s’occuper desdits prochains.

Martyrs

Auteur: Hermann Heidebrecht
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Peu de temps après avoir pris le pouvoir en Russie en 1917, les Bolcheviques (communistes) ont commencé à combattre la religion parce qu’ils voyaient dans le clergé un obstacle à la création d’une nouvelle société. A la fin des années 1920, commença la plus grande persécution des chrétiens en Europe au 20ème siècle.

 

Persécutions

L’importance de ces persécutions a seulement été révélée dans les années 1980. Une commission spéciale de l’état a publié les chiffres suivants : durant l’ère soviétique, environ 200 000 ministres du culte (prêtres, pasteurs, anciens d’église, prédicateurs, diacres) ont été mis à mort. 300 000 autres ont été enfermés dans des prisons et des camps de travail. Beaucoup de chrétiens ordinaires subirent le même sort. Environ 40 000 bâtiments d’église ont été détruits. A partir de 1935 toutes les églises dans les villages mennonites furent fermées. Au début les assemblées devaient payer des taxes très élevées. Lorsqu’elles n’y arrivaient pas, les bâtiments étaient confisqués et transformés en cinémas, greniers ou ateliers. La plupart des anciens d’église et des prédicateurs furent arrêtés.

 

En prison

Ceci arriva à l’ancien Jakob A.Rempel de Grünfeld. Grâce à des soutiens financiers généreux, il fit des études de théologie, de philologie et de philosophie au séminaire de prédicateurs et à l’Université de Bâle (Suisse). De retour en Russie, Rempel devint instituteur et plus tard professeur d’université. Il refusa une invitation à être professeur à l’université de Moscou parce qu’il avait été élu comme ancien dans son assemblée de Neu-Chortitza. Dans les années 1920, Rempel était responsable de la fraternité mennonite et négocia avec le gouvernement pour la survie des assemblées. En 1929, Rempel dut s’enfuir de Grünfeld, sa propriété fut confisquée et sa famille déportée. En novembre 1929, il a été arrêté à Moscou et torturé pendant sept mois. Ensuite il fut condamné à 10 ans de camp de travail.

 

La dernière lettre de Rempel

Plusieurs années plus tard, il réussit à s’évader  mais très vite, il fut repris. En prison jusqu’au 11 septembre  1941, avec 156 autres prisonniers, il fut fusillé sur ordre personnel de Staline. Dans l’une de ses dernières lettres il écrit :

 

Ils peuvent m’enchaîner, me frapper, me couper la tête, mais personne ne peut prendre ma foi, mes connaissances, l’histoire de ma vie. De garçon d’écurie à professeur et même plus dans le travail pour ma communauté, je suis maintenant au sommet de ma vie. Je ne veux pas me vanter ni me dérober à ce chemin choisi, mais je m’incline profondément devant celui qui me l’a fait connaître.

 

Les Mennonites dans leur nouvelle patrie la Russie

Auteur: Johannes Dyck
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Une grande partie de la communauté mennonite en Allemagne comporte des personnes qui ont passé une partie de leur vie en Russie. La plupart ont émigré en Allemagne ces dernières décennies. Leurs noms sont frisons ou flamands. Dans le tumulte du 16ème siècle ils sont devenus Mennonites et se sont enfuis vers des lieux sûrs dans la région de Gdansk, alors sous gouvernement polonais. Plus tard lorsque ces territoires devinrent prussiens et qu’ils furent à nouveau opprimés pour leur foi, ils cherchèrent un autre lieu de vie en Russie.

 

Un accueil chaleureux

En 1789, la Russie a accueilli chaleureusement le premier groupe de Mennonites. Le gouvernement tsariste leur a promis la liberté de conscience et l’exemption du service militaire et les a installés dans des colonies autonomes à gouverner entre eux. La première s’appellait Chortitza sur le Dniepr. A la demande spéciale des Mennonites, le gouvernement se déclarait prêt à leur donner deux fois plus de terres qu’aux autres colons venus d’Allemagne. En 1804 un autre grand groupe de Mennonites de Prusse immigra en Russie et fonda la colonie Molochna. D’autres groupes plus petits ont suivi. La dernière migration eut lieu en 1859.

 

Des colons qui travaillent dur.

Les Mennonites travailleurs ont transformé le sol vierge des steppes en un paysage riant. Leur dur travail a fait du sud de la Russie le « panier de pain » de l’Europe. Les petites usines qu’ils ont créées devinrent une industrie prospère ayant une position forte sur le marché russe. Avec le temps, les colonies du début devinrent trop petites pour la population mennonite grandissante. Disposant de suffisamment  de ressources, la communauté mennonite s’étendit vers l’Est. Au début du 20ème siècle, de grandes colonies étaient installées jusqu’en Sibérie – la partie asiatique de la Russie. Au fil des générations ils ne perdirent pas l’habitude de travailler dur ni à être prêts à coloniser des terres nouvelle, inhospitalières pour les rendre habitables.

 

La patrie allemande

A la veille de la Première guerre mondiale, et de la Révolution de 1917, les Mennonites en Russie étaient devenus un des membres les plus évolués de la famille mondiale mennonite. Vivant toujours dans des colonies qui étaient depuis longtemps déjà des îlots allemands dans l’Empire russe multiethnique, ils ont su garder des liens vitaux avec leur patrie, l’Allemagne.

 

Pour en savoir plus sur les Mennonites en Russie voir la Mennonite Encyclopedia Online (http ://www.gameo.org)

 

 

 

La ‘cachette’ de Menno Simons

Auteur: Hans Jürgen Goertz
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Dans la partie nord du village de Bad Oldesloe en Allemagne, se trouve une maison blanche, avec un toit de chaume sous un tilleul majestueux, le Menno Kate. Le Kate rappelle les dernières années de Menno Simons (1496-1561), l’éponyme des Mennonites. Chassé de la ville de Wismar en 1544, Menno a trouvé refuge dans le domaine de Wüstenfeld, où il a pu travailler en paix à la rédaction de ses livres, écrire aux églises et débattre des questions controversées de la discipline d’église avec des collègues anciens.

 

La presse à imprimer cachée

Menno Simons a vécu dans le domaine de Fresenburg avec un groupe d’Anabaptistes. Le village de Wüstenfeld a été détruit pendant la Guerre de Trente ans. On ne sait si le Menno  Kate a été reconstruit exactement au même endroit ou non, ou  s’il  a survécu à la guerre. Il se peut que Menno y ait vécu parfois lorsqu’il surveillait l’impression de ses livres. Il a eu l’autorisation d’utiliser l’imprimerie du printemps 1554 jusqu’en été 1556. Pendant ce court laps de temps, et malgré l’interdiction de publier de la littérature anabaptiste, nous savons que quatre de ses ouvrages, y compris la deuxième édition de son  célèbre Livre des Fondations, de 1539/40 y ont été imprimés. Menno Simons est resté à Wüstenfelde après la fermeture de l’imprimerie. Il y est mort le 13 janvier 1561; on dit qu’il a été enterré dans un champ de choux à cinq kilomètres de l’actuelle Kate.

 

De la cachette au musée

Depuis 1902 une stèle et une plaque en bronze honorent la mémoire de Menno Simons à Menno Kate. La maison est signalée comme monument historique. Elle est louée par l’Union des Eglises mennonites allemandes et entretenue par un comité de la Société d’Histoire Mennonite d’Allemagne. Dans les années 60 elle a été restaurée et transformée en un petit musée, qui présente des livres, des cartes, et des images de l’histoire mouvementée des Mennonites. Le musée a ouvert en 1986, après une autre restauration, en 1999, il est ouvert au public du monde entier.

 

Symboles de réconciliation

Le vieux tilleul dont on dit qu’il a été planté par Menno lui-même, est appelé le  ‘Menno–tilleul’. Il y a quelques années des Mennonites ont planté deux hêtres, l’un à Wittenberg et l’autre près de la maison. Les deux arbres rappellent la récente réconciliation entre les églises luthériennes et les Mennonites.

 

Maître d’ouvrage et Artiste

Auteur: Paul F.Thimm
Trad.: 
Louise Nussbaumer

A Dantzig on trouve les traces d’une famille mennonite dont sont issus des maîtres d’œuvre et des artistes, la famille van den Blocke. Dantzig, une ville hanséatique était une des villes les plus belles et des plus riches  en Europe du Nord.

 

Willem était le fils du sculpteur François van den Blocke, de Malines en Belgique. Avec son frère Egidius, Willem partit à Dantzig où l’on avait besoin d’artisans capables de traduire la fierté de la ville en bâtiments. Sa plus grande commande était la ‘Porte Haute’, le début de la route royale à travers la ville. Il l’orna avec les blasons de la Pologne, de la Prusse et de la ville. A Oliva il construisit le monument de la famille Kos, à  un autre à Königsberg.

 

Le fils de Willem, Abraham, architecte et sculpteur, a participé à la construction du Artushof et de la Fontaine de Neptune, il était le maître d’ouvrage du monument en marbre pour le marquis Bonifacio dans l’église de la Sainte Trinité. Il élabora les plans pour la Maison Dorée du maire Speimann et la Porte Dorée. Le deuxième fils de Willem, Isaac, peignit à Sainte Catherine, dans la mairie, ainsi que l’autel et la chaire à Sainte Marie. Avec un autre fils, Jacob, charpentier, ils travaillèrent à l’arc de triomphe du roi Sigismund.

 

Les nouveaux arrivés à Dantzig, comme Egidius et Willem, les fils d’Abraham, Jacob et David, obtinrent les droits de citoyen en prêtant serment à la ville. Cela pourrait être la raison de leur passage au luthéranisme, car les mennonites ne prêtent pas serment.

 

On suppose que Willem et son fils Isaac sont restés mennonites. En effet, Willem a donné à ses trois fils des noms de patriarches.   Sa ‘Bible Vermeulen’ est aussi un indice, car en ce qui concerne le texte, il est en accord avec la Bible ‘Biestkens’. Le marchand Krijn Vermeulen a fait imprimer ses Bibles pour ses frères en la foi néerlandophones. Dans l’édition de Willem on trouve imprimés son nom et l’année 1607.

 

C’est pour cela que Isaac cherchait à exercer son métier sans devoir prêter serment. On peut aussi le déduire de ses tableaux à la mairie. Dieu n’est pas représenté, mais suggéré, par un bras venant du ciel et par le tétragramme.

 

Sources :

Horst Penner, 'Niederländische Täufer formen als Baumeister, Bildhauer und Maler mit an Danzigs unverwechselbarem Gesicht', in: Mennonitische Geschichtsblätter (MGB), 26.Jg. 1969, S. 12 – 26.

Horst Penner 'Kunst und Religion bei Wilhelm und Isaac von dem Block', in:MGB 27.Jg. 1970, S. 48 – 50.

Rainer Kolbe, 'Wie mennonitisch war die Danziger Künstlerfamilie von Block?', in: MBG 66. Jg. 2009, S. 71 – 84.

Rainer Kolbe, 'Die Vermeulen-Bibel des Wilhelm von den Blocke von 1607', in: MGB 67. Jg.2010, S. 69 – 75. Nachtrag zu dem Artikel „Wie mennonitisch war die Danziger Familie von Block?“, in:MGB 66 (2009).

 

Tendances, influences et expressions de la foi

Auteur: Lukas Amstutz
Trad.: Louise Nussbaumer 

En visitant les 14 assemblées, on comprend vite que les Mennonites sont différents. Les formes de piété et les convictions théologiques varient non seulement entre les assemblées, mais aussi au sein même des assemblées locales. Cette diversité rend possible l’autonomie dans la doctrine et la pratique. Les prises de position théologiques élaborées au sein de la conférence, n’ont qu’une valeur de recommandation.

 

Mouvements de réveil

Au 19ème siècle les assemblées ont été touchées par le mouvement de sanctification et de réveil. Certains anciens se sont formés au séminaire piétiste fondé à St Chrischona près de Bâle. Cela explique une tradition de réveil qui insiste sur la conversion personnelle, la prière,  la lecture biblique au quotidien  et l’intégrité morale, l’évangélisation et la Mission intérieure et extérieure ainsi que la collaboration avec l’Alliance évangélique. Le refus du service militaire prend moins d’importance, souvent on y renonce.

 

Nouvelles influences

Après la Deuxième guerre mondiale les mennonites d’Amérique du Nord ont apporté de nouvelles impulsions. Inspirés de l’anabaptisme du 16ème siècle, ils mirent l’accent sur les aspects suivants: suivre Jésus, une communauté solidaire et la non - violence. Pour enraciner les racines bibliques théologiques et historiques de ce noyau dur dans les assemblées, on créa en 1950 l’Ecole Biblique Européenne, aujourd’hui le Séminaire théologique au Bienenberg près de Liestal.

 

Marqués par cet héritage anabaptiste les Mennonites se sont engagés pendant des années pour le service civil introduit en 1992 seulement. Au-delà, grandit la prise de conscience que le témoignage de paix ne se réduit  pas à la question militaire. L’aide d’urgence concrète dans des territoires en guerre fait partie de la tradition de l’église de paix, comme la lutte pour la justice sociale ou la promotion de la transformation des conflits, souvent en collaboration avec différents  partenaires dans l’église et la société.

 

Expression de la foi

A certains endroits se développe une ouverture croissante pour des spiritualités charismatiques. Temps de louange avec des chants modernes, un amour plus émotionnel pour Dieu sont mis en place dans les cultes. On se tourne vers les personnes faisant confiance à l’Esprit Saint qui s’adresse aux hommes et les touche, au-delà  des paroles et des actes, aussi à travers des miracles.

Ces différentes traditions de foi font partie aujourd’hui de la diversité mennonite. L’avenir dira s’il s’agit d’expressions de la foi sans lien entre elles, un peu en concurrence, ou s’ils se fécondent mutuellement pour une unité dans la diversité.

 

 

 

 

Travail

Auteur: Svietlana Bobileva
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Les colonies mennonites dans l’Empire russe se trouvaient dans une zone à risques pour l’agriculture. Le manque de pluie et de longues sécheresses donnaient parfois un aspect pitoyable aux champs. Mais dans les bonnes années le seigle et le blé poussaient bien. Les mennonites moissonnaient avec un minimum de pertes. Ils préparaient soigneusement les outils et les machines agricoles. Tout le matériel devait être prêt pour le début de l’été (24 juin). Ce jour là, des lobogreykas (des faucheuses), des chariots chargées de fourches, de râteaux, de nourriture et d’eau se dirigeaient vers les champs. Les mennonites et leurs employés travaillaient en rangées et entassaient le blé en tas Le travail nécessitait un savoir faire et des forces physiques, la machine ne s’arrêtait que pour le repas.

 

Camper dans les champs

La moisson durait toute la journée Pour ne pas perdre du temps, on campait sur place. Quelques chariots retournaient au village pour la nuit. Ils ramenaient de l’eau et le repas  pour le lendemain. Un tel programme permettait de terminer la moisson en 6  à 8 jours.

 

Le battage

Pendant ce temps, d’autres personnes au village préparaient le battage Ils utilisaient des ‘garbos’ – de grands chariots qui déplaçaient les bottes de blé vers l’endroit du battage, deux meules activées par deux chevaux. De courts bâtons (‘langvids’) qui reliaient les roues avant aux roues arrière étaient remplacés par des bâtons longs. Les mennonites fixaient aussi des échelles de 1m.5 sur les deux côtés. Les machines pour nettoyer le grain étaient activées à la main. Le battage prenait 8 à 10 jours toujours avec le risque de voir le temps changer.

 

‘Un jour nourrit une année’

Peu à peu le progrès technologique fit son entrée dans les colonies. Avec le temps les mennonites utilisèrent des batteuses mécaniques, très chères, parfois ils les louaient pour un ou deux jours. Pour faire ce gros travail en en court laps de temps, les propriétaires embauchaient 10 à 15 ouvriers, des Ukrainiens des villages environnants. Il fallait travailler dur : de 3 à 4 h du matin jusqu’à 10-11h. le soir. Mais le travail était bien payé et les ouvriers bien nourris. Ainsi il n’y avait pas de conflit, chacun comprenait que ‘un jour nourrit une année’. Le temps de la moisson était un temps dur mais important, il donnait de l’espoir pour l’année suivante et remplissait leur vie de grande joie.

 

Photo: John A. Lapp, C. Arnold Snyder eds.: Testing Faith and Tradition. Global Mennonite History Series: Europe. (Good Books, PA, 2006).