Pologne

Langue: Polonais

Religions: Catholiques romains 87%, Orthodoxes 1.3%,

 Protestants 0.4% (surtout luthériens de la Confession d'Augsbourg, évangéliques et pentecôtistes )
Population: 38 millions

Capital: Varsovie

Pas de mennonites baptisés enregistrés

 

Vous aimez  visiter la Pologne?

 

Piste cyclable Mennonite

 

 

 

Une partie des 9000 km du Chemin des Migrations passera dans ce pays  .

Maître d’ouvrage et Artiste

Auteur: Paul F.Thimm
Trad.: 
Louise Nussbaumer

A Dantzig on trouve les traces d’une famille mennonite dont sont issus des maîtres d’œuvre et des artistes, la famille van den Blocke. Dantzig, une ville hanséatique était une des villes les plus belles et des plus riches  en Europe du Nord.

 

Willem était le fils du sculpteur François van den Blocke, de Malines en Belgique. Avec son frère Egidius, Willem partit à Dantzig où l’on avait besoin d’artisans capables de traduire la fierté de la ville en bâtiments. Sa plus grande commande était la ‘Porte Haute’, le début de la route royale à travers la ville. Il l’orna avec les blasons de la Pologne, de la Prusse et de la ville. A Oliva il construisit le monument de la famille Kos, à  un autre à Königsberg.

 

Le fils de Willem, Abraham, architecte et sculpteur, a participé à la construction du Artushof et de la Fontaine de Neptune, il était le maître d’ouvrage du monument en marbre pour le marquis Bonifacio dans l’église de la Sainte Trinité. Il élabora les plans pour la Maison Dorée du maire Speimann et la Porte Dorée. Le deuxième fils de Willem, Isaac, peignit à Sainte Catherine, dans la mairie, ainsi que l’autel et la chaire à Sainte Marie. Avec un autre fils, Jacob, charpentier, ils travaillèrent à l’arc de triomphe du roi Sigismund.

 

Les nouveaux arrivés à Dantzig, comme Egidius et Willem, les fils d’Abraham, Jacob et David, obtinrent les droits de citoyen en prêtant serment à la ville. Cela pourrait être la raison de leur passage au luthéranisme, car les mennonites ne prêtent pas serment.

 

On suppose que Willem et son fils Isaac sont restés mennonites. En effet, Willem a donné à ses trois fils des noms de patriarches.   Sa ‘Bible Vermeulen’ est aussi un indice, car en ce qui concerne le texte, il est en accord avec la Bible ‘Biestkens’. Le marchand Krijn Vermeulen a fait imprimer ses Bibles pour ses frères en la foi néerlandophones. Dans l’édition de Willem on trouve imprimés son nom et l’année 1607.

 

C’est pour cela que Isaac cherchait à exercer son métier sans devoir prêter serment. On peut aussi le déduire de ses tableaux à la mairie. Dieu n’est pas représenté, mais suggéré, par un bras venant du ciel et par le tétragramme.

 

Sources :

Horst Penner, 'Niederländische Täufer formen als Baumeister, Bildhauer und Maler mit an Danzigs unverwechselbarem Gesicht', in: Mennonitische Geschichtsblätter (MGB), 26.Jg. 1969, S. 12 – 26.

Horst Penner 'Kunst und Religion bei Wilhelm und Isaac von dem Block', in:MGB 27.Jg. 1970, S. 48 – 50.

Rainer Kolbe, 'Wie mennonitisch war die Danziger Künstlerfamilie von Block?', in: MBG 66. Jg. 2009, S. 71 – 84.

Rainer Kolbe, 'Die Vermeulen-Bibel des Wilhelm von den Blocke von 1607', in: MGB 67. Jg.2010, S. 69 – 75. Nachtrag zu dem Artikel „Wie mennonitisch war die Danziger Familie von Block?“, in:MGB 66 (2009).

 

‘Un pour tous et tous pour un’

Auteur: Michał Targowski
Louise Nussbaumer

Les Mennonites vivant en Pologne, célèbres pour leur solidarité au sein de leurs communautés connaissaient bien la devise des Trois Mousquetaires.

Solidarité et fiabilité

Les Mennonites en Pologne descendaient des immigrés néerlandais. A la différence de la plupart des paysans polonais, c’étaient des hommes libres et non des serfs. Leurs relations avec les seigneurs et les évêques était basée sur des contrats à long terme, signés par un groupe d’agriculteurs habitant dans une région. Avec le droit de louer des terres ils reçurent également des privilèges et des obligations.

Cela a donné au 16ème siècle, des communautés mennonites rurales dans le delta de la Vistule, avec une grande autonomie et un gouvernement indépendant bien organisé. Les contrats mentionnent souvent que tous les membres de la communauté devaient remplir leurs obligations et être responsables ‘Un pour tous et tous pour un’. C’est une bonne description des coutumes qui régissaient la vie dans les villages mennonites en Pologne.

 

‘Willkürs’

Les règles auxquelles on se soumettait dans les colonies étaient écrites dans les ‘Wilkürs’: une liste d’articles en forme de longs documents décorés et gardés dans des coffres pendant des générations. Les parties les plus importantes étaient les règles du gouvernement autonome. A la tête se trouvait le « Schultz » accompagné de conseillers, tous élus par les agriculteurs locaux. Ils étaient en fonction pendant un an et devaient ensuite rendre compte à la communauté de l’argent dépensé et des actions entreprises.

 

Tous les voisins payaient une taxe fixe pour l’école, les enseignants et le cimetière. On veillait particulièrement à trouver les meilleures personnes pour s’occuper des orphelins. Ceux qui négligeaient les obligations les plus importantes, comme payer les taxes, entretenir les digues, les fossés et les abords pour prévenir les incendies, étaient sévèrement punis par la communauté par des amendes ou même l’exil.

 

Soutenir les victimes

On avait aussi l’habitude de soutenir les victimes des voleurs. Même pour une vache ou un seul cheval volé, chaque famille devait envoyer une personne pour attraper le voleur. Les voisins devaient fournir une aide financière ou matérielle pour aider les victimes d’un incendie. Des organisations autonomes étaient mises en place pour protéger les digues et les fossés. Elles ont fonctionné jusqu’au 19ème siècle et montraient une autre manière pour les Mennonites d’être liés à la Pologne.

 

 

Architecture Mennonite en Pologne

Auteurs: Wojciech Marchlewski, Michał Targowski
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Les Mennonites vivant en Pologne différaient de leurs voisins non seulement par leur religion et leur origine ethnique, mais aussi par leur architecture.

Dans les régions de Pologne où vivaient des mennonites on trouve des centaines de bâtiments dont l’architecture est basée sur des modèles apportés au 16ème siècle par les Mennonites hollandais. La plupart sont d’anciennes fermes en bois que l’on trouve à Zulawy (Werder) et dans la vallée basse et centrale de la Vistule. On les reconnaît facilement : l’habitation et la grange sont un seul bâtiment, couvert par le même toit. Ils sont souvent très longs, plus de 40 mètres parfois.

 

Les mennonites vivant dans des régions marécageuses ont construit leurs maisons sur des collines artificielles appelées « terps ». Les fondations étaient en chêne, les murs en pin ou une autre essence. Une construction en bois protégeait contre les éléments et permettait de déplacer la maison sur un autre site. Le grenier servait à conserver le foin et les récoltes, mais pendant les grandes inondations c’était aussi le refuge pour la famille et ses biens, y compris le bétail.

 

Dans les deux premiers siècles de la vie des Mennonites en Pologne, leurs fermes servaient aussi de lieux de culte. Au 16ème et 17ème siècle il n’y avait que peu d’églises mennonites. Ce n’est qu’au 18ème siècle que les assemblées mennonites obtinrent la permission de construire des églises à Zulaway (Werder) et dans la vallée de la Vistule. Ces églises étaient construites en bois, ce qui les faisait ressembler davantage à des granges ou des greniers qu’à des lieux de culte.

 

A partir du milieu du 19ème siècle les vielles églises de Zulaway furent remplacées par des constructions nouvelles dont l’architecture ressemblait très souvent à celle des églises d’autres confessions. Construites en briques dans un style néo-gothique, mais toujours faciles à reconnaître parce que sans clocher. La tradition des églises en bois  a été préservée plus longtemps dans les régions de la Vistule supérieure près de Torun, Plock et Varsovie, où de nouvelles églises ont été construites par des mennonites à la fin du 19ème siècle. En tout, les Mennonites ont construit plus de 40 églises en Pologne dans 30 endroits et les ont utilisées jusqu’à la grande émigration à la fin de la Seconde guerre mondiale. Aujourd’hui seules 9 anciennes églises mennonites sont conservées, quelques-unes servent de lieux de culte à d’autres confessions.

 

 

Les cimetières mennonites

Auteur: Łukasz Kępski
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Même si les Mennonites ont vécu dans beaucoup d’endroits en Pologne depuis environ 400 ans, il ne reste que peu de traces matérielles de leur présence que l’on peut retrouver aujourd’hui. De vieux cimetières, souvent oubliés font partie de cet héritage. Les plus anciens cimetières mennonites en Pologne ont été créés par les premiers immigrés installés dans le delta et la vallée de la Vistule au 16ème siècle. Entretenus par tous les membres de la communauté locale, les cimetières se trouvaient d’habitude près des colonies, à des endroits bien choisis sur des collines naturelles ou artificielles qui les protégeaient des crues dangereuses de la rivière.

 

Symboles

Les cimetières mennonites sont remplis d’importants symboles, que l’on trouve encore sur ce qui reste des pierres tombales. Des troncs brisés et des papillons symbolisent la fragilité et le caractère éphémère de la vie humaine, alors que des coquelicots sont symboles du sommeil éternel. Des crânes, placés en général en bas de la pierre nous mènent à considérer la mort inéluctable, la fin d’une vie tortueuse souvent symbolisée par des bordures décoratives. D’autres décorations intéressantes sont les dmerken – les blasons de familles placés sur les pierres avec les initiales des défunts.

 

Reliques

Après la Seconde Guerre mondiale beaucoup de cimetières mennonites comme ceux des Protestants ou des Juifs ont connu un destin tragique après la migration forcée des Mennonites loin de la Pologne en 1945; ils furent laissés sans aucune protection. Vus comme des restes de la culture allemande, de vieilles pierres tombales ont souvent été détruites ou enlevées par les nouveaux habitants de la région. Beaucoup de ces cimetières ont disparu. Quelques-uns cependant ont subsisté, surtout ceux qui étaient situés loin des colonies, des restes de plus en plus oubliés des anciennes communautés qui ont vécu là.

 

Restauration

Aujourd’hui la situation a bien changé. En beaucoup d’endroits en Pologne de vieux cimetières mennonites sont soigneusement restaurés par différentes organisations et institutions. Il y a de bons exemples, la restauration d’un cimetière à Stogi Malborskie (Heubuden) ou un lapidarium appelé ‘Cimetières des 11 villages’ qui fait partie du musée de Zulawskie (Musée de Zulawy) à Nowy Dwor Gdanski. Aujourd’hui ces lieux extraordinaires sont bien plus  que des endroits à visiter par les descendants des membres d’anciennes communautés mennonites. Ils représentent un espace pour des activités pédagogiques et le dialogue inter-culturel,  mais aussi des sites de commémoration éternelle des Mennonites – les premiers habitants de la région.

 

 

Souvenir des mennonites en Pologne aujourd’hui

Auteur: Michal Targowski
Trad.: Louise Nussbaumer


Le desastre de la Deuxieme guerre mondiale a force les mennonites a quitter la Pologne, leur patrie depuis 400 ans. L’heritage qu’ils ont laisse est actuellement redecouvert et fascine les nouvelles generations de Polonais ainsi que les visiteurs de l’etranger.

Respect

Les fermes et les maisons laissees par les mennonites qui emigraient furent reprises par des familles polonaises exilees des territoires annexes par l’URSS. L’attitude des nouveaux habitants a l’egard de leurs predecesseurs etait influencee de maniere negative par les douloureuses experiences de la guerre et l’antagonisme entre Polonais et Allemands. Cependant on respectait beaucoup les mennonites a cause de leurs batiments, et de leurs procedes qui permettaient de cultiver la terre dans les zones humides.



Echange pedagogique et culturel

La periode de la Guerre froide rendait impossible aux mennonites tout retour dans leur patrie. Se souvenant de leurs racines, ils firent en sorte d’organiser a plusieurs reprises une aide substantielle pour la Pologne, surtout les premieres annees apres la guerre. Ce n’est que vers les annees 1970, suite a une normalisation des relations entre la Pologne et l’etranger, que quelques mennonites furent autorises a visiter leurs anciennes eglises et colonies pour la premiere fois. Ce fut le debut d’un echange pedagogique et culturel organise par le Comite Central Mennonite. En se developpant, les contacts ont permis une cooperation plus proche, pour la restauration des cimetieres oublies, la recherche historique sur les mennonites en Pologne et un soutien materiel envoye aux Polonais.



Le musee de Zulawskie

Dans la Pologne independante d’aujourd’hui on observe un interet croissant pour les mennonites. Ce qui reste de leur existence est reconnu comme un heritage precieux d’une grande portee. Il y a beaucoup d’organisations et d’associations qui veillent au souvenir des mennonites par des expositions, des evenements culturels, la restauration des cimetieres et la sauvegarde des batiments mennonites. Depuis 1993 la Conference Mennonite Internationale est organisee par le Club Nowodworski a Nowy Dwor Gdanski. Cette association a ouvert le musee Zulawskie avec une exposition decrivant l’histoire des mennonites locaux. Cet heritage est mis en valeur par des Routes touristiques officielles (Szlak Mennonitow) et aussi par le Week-end mennonite a Chrystkowo pres de Chelmno. Dans un proche avenir le Parc Olederski Etnograficzny (Dutch Colonization Open Air Museum) sera ouvert pres de Torun avec des maisons originales et des objets laisses par les mennonites qui ont quitte la vallee de la Vistule. Et finalement en 2007, la Agape Mennonite Fellowship a ete creee a Minsk Mazowiecki comme une communaute de chretiens perpetuant les convictions et les traditions des mennonites polonais.

Moments clés dans l’histoire des Mennonites polonais

Auteur: Michał Targowski
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Depuis leur arrivée au 16ème siècle jusqu’au triste moment de leur départ en 1945, les Mennonites ont joué un grand rôle dans l’histoire difficile de la Pologne, autrefois  patrie de la plus grande population mennonite au monde.

 

Bienvenus et craints

Au milieu du 16ème siècle les premiers Mennonites s’installèrent en Pologne. Leur émigration des Pays-Bas vers le delta et la plaine de la Vistule  suscitait  toutes sortes de réactions parmi la population locale. D’une part on les voyait comme une menace pour l’église catholique ou protestante et des concurrents dangereux pour les métiers  de la ville. D’autre part, ils étaient les bienvenus pour leur talent à cultiver les terres marécageuses. De temps en temps, les villes, les évêques et la noblesse souhaitaient le départ des Mennonites, mais ils restèrent, soutenus par les rois, les seigneurs et les administrateurs des grands domaines.

 

Contrairement  aux autres pays, la Pologne était connue pour sa tolérance religieuse garantie par la loi. En 1642, les Mennonites polonais eurent un privilège particulier : la liberté de conscience et la protection en cas de persécution. Mais au 17ème et 18ème siècle les guerres du Nord ont décimé ou même anéanti beaucoup de colonies mennonites, détruites par des troupes nomades et des épidémies.

 

Liberté perdue

Pendant plus de deux siècles le Commonwealth polonais-lituanien était un endroit où les Mennonites pouvaient vivre selon leur foi et leurs traditions. Cela changea complètement avec les divisions de la Pologne en 1772 et 1793, où certaines  régions furent rattachés au royaume de Prusse. La nouvelle monarchie leur imposa de nouvelles lois ils furent obligés de payer une grande somme chaque année pour être exemptés du service militaire et n’eurent pas le droit d’acheter de nouvelles  fermes. Ceci provoqua une nouvelle émigration vers l’Est. Quelques mennonites s’installèrent à Plock et Varsovie, mais la plupart répondirent à l’invitation de la tsarine Catherine II à venir coloniser les steppes russes. Les familles qui restèrent en Prusse s’identifièrent de plus en plus  avec les Allemands et en 1870 ils finirent par perdre la lutte pour l’exemption du service militaire. Entre temps un nouveau courant d’émigration entraîna beaucoup de Mennonites de Prusse en Amérique du Nord et du Sud.

 

Après la deuxième Guerre mondiale les Mennonites vivant à Zulawy et la plaine de la Vistule furent séparés par de nouvelles frontières de la République de Pologne, de l’Allemagne et de la ville libre de Gdansk. Traités d’Allemands et accusés d’être responsables des désastres de la Deuxième Guerre mondiale, ils durent quitter leurs maisons au début de 1945. Ils partirent surtout vers l’Allemagne ou les Etats-Unis. Ainsi leur présence de plus de 500 ans en Pologne s’acheva de manière dramatique et douloureuse.

 

 

 

Colonies mennonites en Pologne

Auteur: Michal Targowski
Trad.: Louise Nussbaumer

Les Mennonites qui ont émigré en Pologne au milieu su 16ème siècle étaient pour la plupart des agriculteurs. Leur compétence pour travailler sur les terres marécageuses leur a permis de s’installer dans les régions peu peuplées dans le delta de la Vistule.

 

Choisir de vivre à la campagne

Même s’il y a eu des communautés d’artisans mennonites et de marchands à Elblag (Elbling) et dans les faubourgs de Gdansk, la plupart des disciples de Menno Simons ont choisi de vivre à la campagne. Les premières colonies mennonites étaient situées dans le delta et la vallée de la Vistule, quelques-uns vivaient sur la côte de la mer Baltique et dans les marécages de la Notec. Au début du 17ème siècle les Néerlandais ont organisé une colonie dans une des îles de la rivière qui se trouve maintenant à l’intérieur de Varsovie. D’autres développements ont été empêchés par les guerres  jusqu’à la fin du 18ème siècle quand de nouvelles générations de Mennonites, nés en Pologne recommencèrent à émigrer et à coloniser de nouvelles terres en amont de la Vistule et de ses affluents.

 

Installés dans des lieux exigeants exposés aux inondations, les villages crées par les Mennonites avaient un caractère particulier – des maisons en bois construits le plus souvent le long d’une digue ou au bord d’un terrain sec près des marécages, les maisons étaient uniformément espacées. Les champs étaient divisés en parcelles régulières en longueur, perpendiculaires à la digue ou à une route et bordés de fossés. Des villages linéaires appelés ‘row villages’ (rzedowka). Leur conception, préservée en plusieurs endroits, fait partie de l’héritage laissé par ces immigrants.

 

Des communautés intégrées

Les colonies mennonites en Pologne ont formé des groupes locaux ce qui permettait l’entraide entre les petites communautés. Ils organisaient des temps de prière et des cultes auxquels assistaient les habitants de plusieurs villages. On faisait tout pour empêcher qu’une ferme mennonite soit achetée par des catholiques ou des luthériens. Ils forment des communautés très proches capables de préserver leur identité et leur foi pendant longtemps, du moins jusqu’à la germanisation au 19ème et 20ème siècle, et parfois même jusqu’à leur émigration dramatique depuis la Pologne en 1945.Ces colonies de plusieurs siècles comprennent des douzaines de villages à Zulawy et la plaine de la Vistule, comme Wielka Nieszawka (Nessau), Sosnówka (Schonsee), Przechówko (Wintersdorf), Mątawy (Montau), Grupa (Gruppe), Bratwin, Jezioro (Thiensdorf), Kazuń (Deutsch Kazun) et Wymyśle. Là comme en bien d’autres endroits, on peut encore trouver trace de l’histoire mennonite, préservée dans des paysages de plaine, avec d’anciens exemples d’architecture en bois ou dans le silence des cimetières.

 

Zulawy – le nouveau commencement

Auteur: Łukasz Kępski
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Zulawy – la plaine verte fertile à l’embouchure de la Vistule, avec son architecture traditionnelle et son système de drainage incroyablement complexe, était la patrie de plusieurs générations de Mennonites du 16ème jusqu’au milieu du 20ème siècle.

 

Tolérance

Les premières Mennonites arrivèrent à Zulawy au milieu du 16ème siècle. La région, appelée Werder, faisait alors partie de la Prusse, une des provinces gouvernée par les rois de Pologne. Dans les siècles précédents la Pologne avait montré sa tolérance à l’égard des personnes de différentes religions, Juifs, catholiques romains et orthodoxes qui vivaient  dans le royaume. Pendant la première partie du 16ème siècle, un temps de conflits religieux en Europe de l’Ouest, a amené la victoire pacifique de la Réforme dans de grandes villes polonaises, spécialement dans les riches ports comme Gdansk et Elblag, reliées par des routes commerciales aux Pays-Bas. Cette situation donna de l’espoir aux Mennonites hollandais persécutés. Emigrer en Pologne via Gdansk semblait un moyen de sauver leur propre identité.

 

Les nouveaux arrivés ne sont pas bienvenus

Les Mennonites ne trouvèrent pas un accueil chaleureux à Gdansk ou les marchands et artisans locaux craignaient la concurrence des nouveaux arrivés. Pourtant leurs talents de fermiers sur des terres marécageuses ont incité les administrateurs des terres de la Vistule à inviter les immigrants néerlandais à s’installer dans des régions rurales, parfois incultes de Zulawy. La région fut peuplée de Mennonites avec un réseau de colonies, de canaux et de digues pour permettre le développement de l’agriculture de cette région. Les nouveaux arrivants avaient généralement un statut privilégié avec des contrats de loyer à long terme appelés emphyteusis, qui leur garantissait la liberté religieuse, un gouvernement autonome et les droits coutumiers. A partir de 1540 la population mennonite tout autour de Zulawy grandit en nombre et en surface. Ils s’établirent dans de vieux villages et en créèrent d’autres autour de Gdansk, Zulawy, Eblag et les plaines près de Malbork.

 

Une autre migration

L’existence paisible des Mennonites à Zulawy fut perturbée par les guerres du nord au milieu du 17ème siècle et par l’annexion de cette région par le royaume de Prusse en 1772. Des limitations de leur liberté et une demande grandissante pour le service militaire de la part des nouvelles autorités provoquèrent  une nouvelle migration vers les steppes de l’Ukraine. Beaucoup de Mennonites y trouvèrent une nouvelle patrie. Cependant ils n’oublièrent pas leurs racines et nommèrent plusieurs nouvelles colonies d’après leurs villages à Zulawy. Ceux qui sont restés sur les rives de la Vistule ont du fuir  leur pays pendant la Deuxième Guerre mondiale, laissant un paysage magnifique et un héritage culturel développé pendant les 400 ans de leur vie dans ce pays.

 

 

A la recherche d’un endroit pour rester 

Auteur Michal Targowski
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Le désir d’avoir une meilleure vie et un lieu où ils pourraient suivre leurs propres règles et convictions amena les mennonites en Pologne au 16ème siècle. Plus tard, le même désir les obligea à maintes reprises à chercher de nouveaux lieux de vie, en Pologne et ailleurs.

 

Entre une intolérance croissante et la liberté religieuse

Les migrations mennonites en Pologne augmentèrent à la fin du 18ème siècle, probablement à cause de la surpopulation de leurs colonies et de l’intolérance croissante d’une partie de la société polonaise. Les migrants remontèrent le cours de la Vistule ou partirent à l’étranger. Sur les nouveaux sites, il n’était pas toujours facile de s’installer de manière durable. Dans les années 1760, les mennonites des régions de Świecie, Toruń et Grudziądz établirent deux nouvelles colonies importantes  entre Płock et Varsovie - Kazuń (Deutsch-Kazun) et Nowe Wymyśle (Deutsch-Wymysle). Ils ont vécu dans cette région jusqu’à la fin de la Deuxième guerre mondiale. Un autre groupe d’environ 30 familles émigra vers les zones humides de la rivière Notec près de Drezdenko, une partie de Brandenburg, où ils construisirent les colonies de Brenkenhoffswalde et Franzthal. En 1765 ces colons obtinrent des privilèges spéciaux sous forme de liberté religieuse et d’exemption du service militaire, mais lorsque les autorités prussiennes annoncèrent leur projet d’abolir ces privilèges en 1834, la plupart des mennonites migrèrent à nouveau.

 

Service militaire

Les plus importantes destinations migratoires furent les territoires autour du Dniepr, qui au 18ème siècle faisaient partie de la Russie (aujourd’hui l’Ukraine). Sur l’invitation de Catherine la Grande, un grand groupe d’agriculteurs de Zulawy partit dans cette région et créa la première colonie le long du Dniepr, Chortiza. Pendant les années suivantes, ils furent suivis par des milliers d’autres mennonites qui ne pouvaient accepter les restrictions imposées par l’état prussien. Lorsque la Prusse finit par leur demander de faire le service militaire en 1860, cela provoqua une autre vague  d’émigration, cette fois surtout vers l’Amérique du Nord.

 

Les mennonites en Pologne jusqu’en 1945

Malgré l’exode massif des 18 et 19ème siècle, beaucoup de mennonites restèrent en Pologne. Mais en 1945 ils durent également quitter leur patrie suite à la tragédie de la Deuxième guerre mondiale. Face à des difficultés exceptionnelles et au chaos de la fin de la guerre et de ses conséquences, presque tous les mennonites choisirent de partir vers l’Allemagne de l’Ouest, l’Uruguay, le Paraguay, les Etats-Unis et le Canada.