Allemagne du Nord

  

Langue: Allemand

Religions: Protestants 34%, Catholiques romains 34%,

Musulmans 3.7%

Population: 81 millions

Capitale: Berlin

Mennonites en Allemagne ?

AMG ; AMBD ; BTG ;

 

Nombre d'assemblées mennonites : 60

Assemblées d'Allemands nés en Russie: 182

 

Nombre de baptisés

Mennonites: 5,723 = 9,5% des Mennonites européens.

Allemands nés en Russie: 40,344  = 67% des mennonites européens

 

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Une partie des  9000 km du Chemin des Migrations passera dans ce pays.  

‘Mêmes droits – mêmes devoirs’

Auteur: Ulrich Hettinger
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Hermann von Beckerath est originaire d’une famille mennonites de tisserands. Plus tard son père devint huissier à Krefeld. En 1815 Beckerath commença son apprentissage dans la banque des frères Molenar, où il accéda en quelques années à des fonctions de direction. Poussé par une éthique de travail rigoureuse et une ambition d’autodidacte, il réussit  à s’élever en une vingtaine d’années à la tête de la grande bourgeoisie de Krefeld. Avec son beau-père il fonda sa propre banque, siégeait au conseil de la ville de Krefeld, devint président de la chambre de commerce et en 1840 un des principaux libéraux de la province prussienne du Rhin.

 

De 1843 à 1845, où les conflits politiques entre la bourgeoisie et les autorités prussiennes s’amplifiaient, Beckenrath était membre du Conseil de l’Assemblée  de la Province du Rhin. Il se distingua par des déclarations douanières et commerciales, les demandes d’émancipation des Juifs et des dissidents et des réformes libérales en faveur des Prussiens. ‘Mon berceau se trouvait à côté du métier à tisser de mon père’, c’est avec cette déclaration devenue célèbre que le fier selfmade-man s’opposait aux nobles Prussiens. Dans les débats de l’époque il était question de savoir qui aurait la parole en Prusse: la noblesse et les fonctionnaires ou la bourgeoisie qui demandait plus de liberté.

Suite aux évènements révolutionnaires de mars 1848 von Beckerath fût élu dans l’assemblée nationale de Francfort et appelé en tant que ministre des finances d’état au cabinet du gouvernement central provisoire. Dans les mois suivants, il s’engagea dans l’organisation d’une république allemande démocratique. Lorsque le roi de Prusse finit par refuser la couronne d’empereur qu’on lui proposait, von Beckerath profondément déçu, renonça en 1849 à son mandat de député. Par la suite il se retira de la politique. Il est mort en  mai 1870 peu avant le début de la guerre franco-allemande.

 

Dans sa pensée et ses actes il y avait un mélange de piété mennonite, une attitude libérale constitutionnelle et un patriotisme fondé sur l’histoire. Ce mélange original se retrouve dans son adhésion à la monarchie prussienne, ses plaidoyers en faveur de l’égalité de toutes les confessions, mais aussi dans son engagement en faveur du service militaire pour tous – qu’il voyait comme une contrepartie indispensable aux droits à la liberté et qu’il a souvent défendu contre ses frères en la foi ‘orthodoxes’.

 

 

Les Mennonites s’unissent

Auteurs: Corinna Schmidt, Joel Driedger
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Aujourd’hui on trouve des assemblées mennonites dans quelques villes d’Allemagne du Nord à Krefeld et Hambourg et dans les environs, mais aussi à Berlin, Neuwied, Bielefeld et ailleurs. Quatorze assemblées mennonites en Allemagne du Nord avec environ 2 100 membres sont réunies depuis 1886 dans la ‘Vereinigung der Deutschen Mennonitengemeinden K.d.ö.R.’ (VDM) [Association des églises mennonites en Allemagne du Nord].

 

Accepter les particularités, cultiver les relations

La VDM met les Mennonites d’Allemagne du Nord en relation par des contacts, par exemple des rencontres de pasteur(e)s pour discuter théologie et  problèmes concrets. Quelques collaborateurs de la VDM s’occupent uniquement des jeunes (MJN Jeunesse Mennonite en Allemagne du Nord). Ils organisent des camps et des manifestations pour enfants, adolescents et jeunes adultes. Il existe aussi une organisation spéciale pour les femmes (Travail parmi les Femmes Mennonites  en Allemagne du Nord). De plus la VDM soutient les collaborateurs bénévoles par des formations continues.

 

Collaboration avec les autres églises

Quelques représentants de la VDM étaient à Amsterdam en 1948 pour la création du Conseil Œcuménique des Eglises. Après la Deuxième Guerre mondiale, les Mennonites souhaitaient promouvoir l’unité des chrétiens. Jusqu’à ce jour les Mennonites sont convaincus que les chrétiens doivent se réconcilier, pour résoudre les conflits sans violence et travailler ensemble à un monde meilleur. Les Mennonites sont ainsi en lien avec les chrétiens du monde entier et avec des chrétiens très différents en Allemagne. Toutes les églises de la VDM sont membres de l’Arbeitsgemeinschaft Christlicher Kirchen ACK( Communauté de collaboration des Églises chrétiennes)  qui existe dans chaque grande ville d’Allemagne. Les Mennonites sont persuadés de pouvoir apprendre quelque chose des autres églises et les autres églises pensent que les Mennonites ont quelque chose d’important à dire.

 

Foi et Paix

La VDM veut montrer que le message de Jésus-Christ est une bonne nouvelle pour tous les hommes. Pour les Mennonites la foi en Jésus-Christ a des conséquences pour l’ouverture, la tolérance, l’engagement dans la société et la paix. La foi incite à aider son prochain. C’est pour cela que la VDM a créé à Berlin le Centre Mennonite pour la Paix, qui s’engage dans les quartiers chauds et en faveur de personnes défavorisées. S’il y a des conflits, ils doivent être résolus de manière pacifique. La VDM incite ses membres à réfléchir à leur foi de manière approfondie et en même temps à s’engager dans la société.

 

 

Tolérance et liberté de conscience

Auteurs: Fernando Enns, Joel Driedger
Trad.: 
Louise Nussbaumer

En Allemagne les communautés de foi peuvent vivre selon leurs convictions, indépendamment du contrôle de l’Etat, tant qu’ils ne contreviennent pas à la loi. Cela est vrai pour les Mennonites mais cela n’a pas toujours été le cas.

 

Mennonites sous pression

Il y a environ 500 ans, les premiers anabaptistes ont violemment critiqué l’Eglise, surtout pour ses liens étroits avec le pouvoir politique. Beaucoup d’anabaptistes refusèrent de participer à la guerre ou de prêter serment. De même le baptême d’adultes devait montrer que la vraie Eglise est constituée de chrétiens/nes convaincu/es. Pour les opposants des anabaptistes de telles positions étaient un danger dans la structure de la société. C’est pour cela qu’au 16ème siècle, le baptême des adultes entraînait la peine de mort.

Au fil des années la situation s’améliora un peu. Les Mennonites n’étaient plus persécutés dans toutes les parties de l’Empire allemand, mais n’étaient autorisés à célébrer leurs cultes que dans des lieux privés, et s’établissaient dans des régions où on les tolérait.

 

Les mêmes droits pour tous.

Finalement à cause de leurs propres expériences difficile, les Mennonites se sont très tôt engagés pour la tolérance religieuse et la liberté de conscience. Jusqu’à ce jour, beaucoup d’assemblées du Nord de l’Allemagne se caractérisent par un état d’esprit libéral. Herrmann von Beckerath (1801-1870) de Krefeld, un Mennonite célèbre a défendu ces idées jusque dans le monde politique. En 1848 il a été député dans la première assemblée nationale à Francfort et pour un court laps de temps ministre des finances. Il s’engagea pour permettre aux Mennonites de vivre selon leur foi en toute liberté, comme les autres chrétiens. En retour il demandait à ses coreligionnaires de faire le service militaire comme les autres citoyens. Pour la liberté de conscience et les droits citoyens Beckerath était prêt à renoncer au principe de la non violence (objection de conscience).

 

Liberté sans violence

Après la catastrophe de la Deuxième Guerre mondiale, il a fallu encore bien des années pour que les Mennonites en Allemagne du Nord retrouvent le chemin de la non-violence. En 2009 la VDM (Vereinigung der Deutschen Mennonitengemeinden)  a adopté ‘une Déclaration sur la guerre juste’. La liberté de religion et de conscience que les Mennonites ont réclamé autrefois pour eux, ils la reconnaissent évidemment aux membres de leurs assemblées. Ils demandent la même tolérance vis-à-vis de toutes les autres religions et communautés de foi.

 

 

 

Les Pax Boys – Des anges de paix

Auteur: Isabell Mans
Trad.: 
Louise Nussbaumer

 ‘Ils étaient pour nous, des anges’ dit Ruth Wedel, un témoin de l’époque. Ces anges de paix étaient des jeunes gens qui refusaient le service militaire aux E.U. après la Deuxième Guerre mondiale. Ils ont accompli un service de paix avec le Comité Central Mennonite (MCC).

L’amour, une philosophie de vie

L’Américain Roger Hochstetler est venu en Allemagne en 1951 pour montrer sa solidarité avec les Allemands. Même si les Allemands étaient à l’origine de la guerre et avaient causé beaucoup de souffrances aux Américains et à d’autres peuples, Hochstetler se sentait en lien avec ses frères et sœurs chrétiens en Allemagne. La plupart des Américains de l’époque avaient des préjugés à l’égard des Allemands, mais Hochstetler dit ‘L’amour a toujours été la philosophie de ma vie’.

Les Pax Boys ont construit des colonies partout en Allemagne pour les réfugiés mennonites de l’Est et de l’Ouest de la Prusse ou de l’ex URSS, par exemple à Neuwied, Wedel ou Lubeck; de nouvelles églises ont été crées à partir de là.

 

Ambassadeurs au nom de Christ

‘Au nom de Christ’ (le slogan de MCC) les Pax –Boys sont venus au début des années 50 en Allemagne. Ils voulaient être ‘Ambassadeurs de paix’; ils vivaient simplement, refusaient tout salaire et payaient même 75 $/mois pour participer à ce projet. Dwight Wiebe écrit :

 

La paix, c’est un temps pour guérir, aider et réparer...  Je suis arrivé en Europe en 1954, j’ai rencontré 30 jeunes Pax Boys âgés de 18 à 22 ans venus en Allemagne pour mettre en pratique leur foi chrétienne.

 

Sans beaucoup de directives ni d’aide professionnelle, ils ont creusé des caves, et des fondations, construit des maisons rien qu’avec des outils de base. Les journaux locaux disaient, surpris, qu’ils construisaient des maisons pour des étrangers, d’anciens ennemis.

 

Actes concrets de paix

Il a fallu 5 mois de travail, 5771,5 heures de travail à 8 Pax Boys pour construire le presbytère à Krefeld. A Wedel, près de Hambourg un presbytère et 11 maisons jumelées ont été construits entre 1954 et 1958. A la fin des années 50 environ 120 personnes avec des enfants ont pu y vivre. Les Pax Boys ont aussi participé au travail pour les jeunes et aidé à créer l‘assemblée à Wedel. Ils étaient signe de paix dans un monde  détruit par la guerre.

 

La paix à Berlin

Auteurs: Martina Basso/Marius van Hoogstraten
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Pour les Mennonites, la paix est au cœur de la théologie chrétienne. Mais selon le lieu et l’époque la paix peut avoir un sens différent. C’est pour cela que la VDM a réfléchi à la signification de la paix aujourd’hui et a rédigé une ‘Déclaration pour la paix juste’. Ce document développe les fondements théologiques de la paix et décrit dans une deuxième partie les champs d’action pour la paix et la non-violence. Une première étape a été la création du Centre Mennonite pour la Paix à Berlin.

 

Culture de paix

Notre travail s’appuie sur la déclaration du VDM.  Nos projets et les priorités de notre travail doivent démontrer de manière exemplaire comment peut naître une culture de la paix. A quoi ressemble une église de paix dans une grande ville multiculturelle comme Berlin ? La VDM a écrit dans sa déclaration: ‘La mission de paix ne se limite  pas à arrêter la violence, mais elle veut créer des structures qui contribuent à une paix juste et durable’.

 

Que signifie la paix, concrètement ?

Nous nous engageons pour la paix de différentes manières, en particulier par un travail de prévention par le sport (enseignement du karaté aux filles) ; nous créons des espaces pour des rencontres interculturelles et inter-religieuses. Nous collaborons avec des Mennonites au Zimbabwe, pour informer sur la situation politique au Zimbabwe et chercher ensemble des solutions.

Nous essayons de faire entendre le témoignage pour la paix au niveau social et politique. Entre autres, nous participons à des processus locaux et accompagnons le travail du chargé de mission des églises libres au siège du gouvernement. En même temps nous restons fidèles à la spiritualité de la paix juste. Nous sommes à la disposition des assemblées et des œuvres mennonites et cherchons le dialogue œcuménique.

 

Migrations mennonites et installation en Prusse, Pologne et Russie

Auteur: Peter Klassen
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Lorsque le mouvement anabaptiste est né au 16ème siècle, l’accent mis sur le baptême des adultes et la théologie de la paix ont très vite suscité des persécutions. En Pologne des agriculteurs et des hommes d’affaires compétents étaient les bienvenus. C’est ainsi que furent fondées de nombreuses communautés, en particulier dans le delta de la Vistule. Les compétences des Mennonites dans les techniques de drainage ont augmenté les revenus de ces terres qu’ils protégèrent par un réseau de canaux et de digues. D’autres Mennonites, versés dans le commerce, se sont installés dans les environs de Gdansk et d’autres grandes  villes.

 

Hérétiques ou vrais croyants ?

Sans surprise, on a parfois reproché à ces Mennonites non-conformistes d’avoir une fausse foi. Lors d’une scène dramatique à Gdansk, on a demandé aux  Mennonites de réfuter ce reproche. En 1678 plusieurs Mennonites ont comparu devant une commission théologique sous la présidence de l’évêque catholique de Wloclawek (Leslau) pour rendre compte de leur foi. Après cette audition, les églises ont été acquittées de tout soupçon, comme le note Georg Hansen, un religieux de l’Eglise flamande à Gdansk

Suivant l’invitation du seigneur local, dans la région de Nowy Dwor (Tiegenhof)  un certain nombre de Mennonites vinrent s’y installer et bientôt, il y eut un grand nombre de colonies mennonites dans le delta de la Vistule.

 

De nouveaux cas de conscience

De nouveaux défis ont surgi lorsque la Prusse prit le contrôle  du delta de la Vistule. Les nouveaux maîtres avaient peu de sympathie pour les convictions pacifistes des Mennonites et la pression qui  obligeait les Mennonites à servir dans l’armée a soulevé des cas de conscience. Quelques responsables des assemblées de l’Ouest de la Prusse proposèrent de laisser tomber la position pacifiste. Peu à peu il y eut une scission, et à la fin du 18ème siècle plusieurs centaines de familles mennonites partirent en Russie où Catherine II promettait la liberté de conscience. Plus tard, un autre groupe important émigrait en Amérique. Parmi ceux qui restaient il y en eut de plus en plus qui renoncèrent à  leurs  convictions  pacifistes. Plus tard, après la défaite de l’Allemagne en 1945, les Mennonites ont tenté de s’échapper vers l’Allemagne de l’Ouest, certains sont morts en route, d’autres trouvèrent une nouvelle patrie. Les assemblées existantes ont accueilli les réfugiés ou leur ont aidé à partir en Amérique du Nord ou du Sud.

 

La ‘cachette’ de Menno Simons

Auteur: Hans Jürgen Goertz
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Dans la partie nord du village de Bad Oldesloe en Allemagne, se trouve une maison blanche, avec un toit de chaume sous un tilleul majestueux, le Menno Kate. Le Kate rappelle les dernières années de Menno Simons (1496-1561), l’éponyme des Mennonites. Chassé de la ville de Wismar en 1544, Menno a trouvé refuge dans le domaine de Wüstenfeld, où il a pu travailler en paix à la rédaction de ses livres, écrire aux églises et débattre des questions controversées de la discipline d’église avec des collègues anciens.

 

La presse à imprimer cachée

Menno Simons a vécu dans le domaine de Fresenburg avec un groupe d’Anabaptistes. Le village de Wüstenfeld a été détruit pendant la Guerre de Trente ans. On ne sait si le Menno  Kate a été reconstruit exactement au même endroit ou non, ou  s’il  a survécu à la guerre. Il se peut que Menno y ait vécu parfois lorsqu’il surveillait l’impression de ses livres. Il a eu l’autorisation d’utiliser l’imprimerie du printemps 1554 jusqu’en été 1556. Pendant ce court laps de temps, et malgré l’interdiction de publier de la littérature anabaptiste, nous savons que quatre de ses ouvrages, y compris la deuxième édition de son  célèbre Livre des Fondations, de 1539/40 y ont été imprimés. Menno Simons est resté à Wüstenfelde après la fermeture de l’imprimerie. Il y est mort le 13 janvier 1561; on dit qu’il a été enterré dans un champ de choux à cinq kilomètres de l’actuelle Kate.

 

De la cachette au musée

Depuis 1902 une stèle et une plaque en bronze honorent la mémoire de Menno Simons à Menno Kate. La maison est signalée comme monument historique. Elle est louée par l’Union des Eglises mennonites allemandes et entretenue par un comité de la Société d’Histoire Mennonite d’Allemagne. Dans les années 60 elle a été restaurée et transformée en un petit musée, qui présente des livres, des cartes, et des images de l’histoire mouvementée des Mennonites. Le musée a ouvert en 1986, après une autre restauration, en 1999, il est ouvert au public du monde entier.

 

Symboles de réconciliation

Le vieux tilleul dont on dit qu’il a été planté par Menno lui-même, est appelé le  ‘Menno–tilleul’. Il y a quelques années des Mennonites ont planté deux hêtres, l’un à Wittenberg et l’autre près de la maison. Les deux arbres rappellent la récente réconciliation entre les églises luthériennes et les Mennonites.

 

Œcuménisme – pour la justice, la paix et la sauvegarde de la création

Auteur: Fernando Enns
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Depuis le début du mouvement œcuménique au 20ème  siècle, il est important pour les Mennonites d’avoir de  bonnes relations avec les autres églises. Les Mennonites ont participé à la création du Conseil Œcuménique des Eglises (COE) qui comprend aujourd’hui 350 églises avec 550 millions de membres.

 

Selon la volonté de Dieu il ne doit pas y avoir de guerre

Le COE a été fondé après les expériences terribles de deux guerres mondiales. Les églises ont reconnu leur échec, et en particulier, les églises d’Allemagne ont confessé leur faute. L’assemblée constitutive du COE a retenu comme décisive la phrase: ‘Selon la volonté de Dieu il ne doit pas y avoir de guerre’. Dès le début les autres églises ont porté un grand intérêt à la théologie des ‘églises historiquement pacifistes’. Au fil des années les Mennonites ont expliqué leur position, ils ont rencontré de l’ouverture mais aussi du scepticisme.

 

La décennie pour vaincre la violence

Lors de la 8ème Assemblée générale du COE au Zimbabwe (1988), un délégué mennonite a initié la ‘Décennie pour vaincre la violence. Les églises pour la paix et la réconciliation’. La proposition a été retenue avec enthousiasme. La recherche de moyens pour vaincre la violence se déplaça au coeur du mouvement œcuménique par des réflexions théologiques, éthiques, et des applications pratiques. Les mennonites devaient relever le défi  et clarifier à nouveau leur position vis-à-vis de la paix et de la violence pour l’exposer aux autres chrétiens et chrétiennes de manière convaincante. A Berlin fut créé le Centre Mennonite pour la Paix, et une déclaration détaillée pour la paix juste a été élaborée.

 

Un chemin vers la paix juste

Sans la décennie pour vaincre la violence l’assemblée générale suivante du COE (Corée du Sud 2013) n’aurait probablement pas décidé le nouveau et vaste programme pour les prochaines années: ‘Un chemin de  la justice et de la paix’. Il s’agit d’examiner de manière encore plus profonde les racines spirituelles et les sources de la foi chrétienne pour donner forme à un monde juste et pacifique. Il faut ouvrir les chrétiens à une dimension de leur foi qui forme à l’engagement actif dans la vie politique et sociale. Une telle spiritualité vécue ne conduit pas à fuir les responsabilités dans le monde, mais elle croit à la puissance transformatrice de l’Evangile.

 

 

Théologie scientifique et Formation à la paix

Auteur: Fernando Enns
Trad.: 
Louise Nussbaumer

En 2006, ‘l’Institut de théologie des églises de paix’ (ATF), le premier institut scientifique pour la théologie mennonite,  a été mis en place à l’université de Hambourg. Jusque là, les étudiants en théologie mennonites qui se préparaient au ministère de pasteur ou d’enseignant devaient se former dans des instituts mennonites aux Pays-Bas ou aux E.U. s’ils voulaient compléter leurs études par l’histoire ou la théologie depuis une perspective mennonite.

 

La théologie de la paix

L’apport particulier des Mennonites au dialogue international œcuménique est leur théologie de la paix, basée sur la non-violence. Comme certains anabaptistes du 16ème siècle l’avaient mis en lumière, la foi chrétienne se caractérise par un engagement actif pour la justice, la paix et la sauvegarde de la création. Ce qui  a des conséquences sur l’art et la manière de faire de la théologie tout comme sur le contenu même de la théologie. En tant que théologie de la paix elle se retrouve tout naturellement dans les relations oecuméniques avec d’autres églises, traditions et cultures et s’implique dans le dialogue inter-religieux. C’est pour cela que la ATF travaille étroitement avec l’Académie de la mission et l’Académie des religions du monde à l’université de Hambourg.

 

Formation à la paix dans le sens le plus large

La théologie de la paix ne peut pas se limiter à la théologie en interne. Si on comprend globalement la violence comme directe (venant de personnes individuelles), indirecte (venant de systèmes politiques et économiques) et culturelle (différentes sortes de discrimination), alors la recherche d’une libération de cette violence doit se faire de manière globale. L’ATF a participé très  tôt à la création d’un ‘groupe de travail interdisciplinaire pour la paix’ où collaborent des scientifiques de différentes disciplines. Nous avons mis en place un programme propre pour la formation à la paix des étudiants dans toutes les matières, où est évident le lien avec la théologie et la religion. Depuis 2011 on propose également une formation de médiateur en accompagnement des études. Dans le mennoFORUM qui a lieu régulièrement, on a crée en plus une plate-forme pour débattre de sujets actuels avec des personnalités issues du monde politique, économique, culturel et religieux. Dans plusieurs publications provenant du travail de recherche de l’ATF il apparaît que la théologie de la paix et la formation à la paix deviennent des partenaires compétents dans le discours scientifique et sociétal.

 

 

 

Equipes d’Artisans de Paix en Europe (Christian Peacemaker Teams)

Auteur: Marius van Hoogstraten
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Des millions de personnes dans le monde vivent en des lieux où des groupes armés décident de la vie quotidienne. Des millions de personnes sont des réfugiés. Beaucoup pensent qu’on ne peut aider ces personnes qu’en envoyant une armée. Mais les conflits ne font qu’empirer en présence des forces armées.

 

Politique alternative

 Les Equipes d’Artisans de Paix (en anglais: Christian Peacemaker Teams, CPT) cherchent des solutions alternatives aux conflits. Nous allons en des lieux où règne la violence, nous nous engageons pour la paix avec les populations locales. Au lieu d’utiliser les armes, nous prenons des photos, et nous rendons compte des conflits et des injustices. Les soldats et les autres groupes armés nous reconnaissent à nos bonnets rouges. De par notre engagement, la violence diminue, parce que les personnes violentes savent qu’elles sont observées.

Autrefois nous pensions que notre engagement non-violent était unique. Maintenant nous savons qu’il y a presque partout des personnes qui s’engagent pour la paix. Ils cherchent des moyens créatifs, originaux pour résister à la violence et empêcher des entreprises d’exploiter le pays et les personnes. La résistance non violente peut avoir de nombreux aspects : par exemple, former une chaîne humaine entre une foule de protestataires non armés et des soldats, accompagner à l’école des enfants auxquels on jette des pierres, ou emmener des moutons au pâturage, lorsque l’armée s’y oppose.

 

Résistance non violente

Au Canada la terre et la vie de beaucoup d’indigènes est menacée par des entreprises. Leur protestation non violente est soutenue par les bénévoles  CPT. Le CPT est présent quand la rue est bloquée et qu’une entreprise de déforestation ne peut plus envoyer ses camions en forêt.

En Europe, le CPT s’occupe de la situation des réfugiés. Il n’y a presque pas d’accès sûr vers l’Europe, parce que toutes les frontières sont gardées par l’armée. Depuis ces dernières années des milliers de réfugiés sont morts, en Méditerranée et aux frontières de la Grèce et de la Turquie.

 

L’histoire des Equipes chrétiennes pour la paix a commencé en 1984 lors de la Conférence Mennonite Mondiale. L’idée était d’envoyer des milliers de chrétiens et de chrétiennes dans les zones de conflits. Aujourd’hui il n’y a pas que les chrétiens pour travailler avec CPT. Le coeur de notre travail est la coopération avec des groupes pacifistes locaux. Nous accompagnons des mouvements sur le terrain en Colombie, Palestine, au Kurdistan irakien et au Canada.