Allemagne du Centre / Allemands nés en Russie

Langue: Allemand / ’Plautdietsch’

Religions: Protestants 34%, Catholiques romains 34%,

 Musulmans  3.7%

Population: 81 millions

Capitale: Berlin

 

Mennonites du Sud et du Centre

BTG ; AMBD ; AMG ;

 

Martyrs

Auteur: Hermann Heidebrecht
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Peu de temps après avoir pris le pouvoir en Russie en 1917, les Bolcheviques (communistes) ont commencé à combattre la religion parce qu’ils voyaient dans le clergé un obstacle à la création d’une nouvelle société. A la fin des années 1920, commença la plus grande persécution des chrétiens en Europe au 20ème siècle.

 

Persécutions

L’importance de ces persécutions a seulement été révélée dans les années 1980. Une commission spéciale de l’état a publié les chiffres suivants : durant l’ère soviétique, environ 200 000 ministres du culte (prêtres, pasteurs, anciens d’église, prédicateurs, diacres) ont été mis à mort. 300 000 autres ont été enfermés dans des prisons et des camps de travail. Beaucoup de chrétiens ordinaires subirent le même sort. Environ 40 000 bâtiments d’église ont été détruits. A partir de 1935 toutes les églises dans les villages mennonites furent fermées. Au début les assemblées devaient payer des taxes très élevées. Lorsqu’elles n’y arrivaient pas, les bâtiments étaient confisqués et transformés en cinémas, greniers ou ateliers. La plupart des anciens d’église et des prédicateurs furent arrêtés.

 

En prison

Ceci arriva à l’ancien Jakob A.Rempel de Grünfeld. Grâce à des soutiens financiers généreux, il fit des études de théologie, de philologie et de philosophie au séminaire de prédicateurs et à l’Université de Bâle (Suisse). De retour en Russie, Rempel devint instituteur et plus tard professeur d’université. Il refusa une invitation à être professeur à l’université de Moscou parce qu’il avait été élu comme ancien dans son assemblée de Neu-Chortitza. Dans les années 1920, Rempel était responsable de la fraternité mennonite et négocia avec le gouvernement pour la survie des assemblées. En 1929, Rempel dut s’enfuir de Grünfeld, sa propriété fut confisquée et sa famille déportée. En novembre 1929, il a été arrêté à Moscou et torturé pendant sept mois. Ensuite il fut condamné à 10 ans de camp de travail.

 

La dernière lettre de Rempel

Plusieurs années plus tard, il réussit à s’évader  mais très vite, il fut repris. En prison jusqu’au 11 septembre  1941, avec 156 autres prisonniers, il fut fusillé sur ordre personnel de Staline. Dans l’une de ses dernières lettres il écrit :

 

Ils peuvent m’enchaîner, me frapper, me couper la tête, mais personne ne peut prendre ma foi, mes connaissances, l’histoire de ma vie. De garçon d’écurie à professeur et même plus dans le travail pour ma communauté, je suis maintenant au sommet de ma vie. Je ne veux pas me vanter ni me dérober à ce chemin choisi, mais je m’incline profondément devant celui qui me l’a fait connaître.

 

Prédication itinérante

Auteur: Johannes Dyck
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Johannes Fast, un prédicateur itinérant, Frère Mennonite, a été une personne importante, il a   aidé à faire revivre des assemblées, après la Deuxième Guerre mondiale en de nouveaux endroits, avec de nouvelles personnes. Né en 1886 à Mariental dans la colonie Alt-Samara en Russie, et décédé en 1981 à Dshetysai, Kazakhstan le futur prédicateur vient d’une grande famille. Ses parents, chacun veuf  une première fois, ont fondé une famille recomposée de treize enfants de leurs mariages précédents. Ensemble ils eurent d’autres enfants et leur nombre s’accrût à 22.

 

Vocation et formation théologique

Après l’école primaire du village, Johannes commença un apprentissage de charpentier avec son frère aîné. En 1908 il commença une période de trois ans dans un service forestier non-militaire à Gross-Anadol au sud de la Russie. Là, le 4 mai 1908, il se convertit et en 1910 il prêcha pour la première fois. Entre 1911 et 1913, il fit ses études à l’Ecole biblique de St Chrischona en Suisse. Retourné chez lui il devint prédicateur à l’Eglise des Frères Mennonites à Alexandertal, dirigea la chorale, créa une association pour la jeunesse en 1920 et travailla comme prédicateur itinérant. En 1913 il épouse Agathe Driedger, décèdée en 1926. En 1927 il épouse Wilhelmine Enns, ce mariage dura jusqu’en 1976.

 

La mission de Fast mise à l’épreuve

En mars 1931, Fast et sa famille furent déportés en Extrême - Orient, il y passa les prochaines années jusqu’en 1954. Un an plus tard, il s’établit à Temirtau au Kazakhstan, d’où il visitait les croyants dispersés en Asie Centrale, Sibérie et Oural, prêchant, enseignant, baptisant, consacrant et fondant des églises. Lorsque l’oppression se fit plus sévère en 1958, les autorités le pourchassèrent, mais ne mirent finalement pas le vieux prédicateur de 70 ans en prison.

 

Les sermons : avec les yeux de J.Fast

A partir de 1967, Fast a vécu à Dshetysai, au sud du Kazakhstan. Il a rejoint une église composée pour la plupart d’Allemands, il continuait son travail malgré une cécité progressive. En 1970, il commença à rédiger pour les veuves, des sermons, recopiés par les lecteurs. Le prédicateur âgé et  presque aveugle continuait à écrire, il produit ainsi deux livres de prédications pour chaque jour et un autre avec des prédications de circonstance. Ses écrits sont la collection la plus complète de sermons écrits par un Mennonite en URSS après la Deuxième Guerre mondiale.

 

A propos  du musée voir  sur le site http://russlanddeutsche.de

 

Le début d’un long chemin de souffrance

Auteur: Hermann Heidelbrecht
Trad.: 
Louise Nussbaumer

La période la plus difficile pour les mennonites en Russie est venue, lorsque les Bolcheviques prirent le pouvoir en octobre 1917. Une guerre civile qui se terminera  en 1922/23 commence à ce moment en Russie. Plusieurs groupes se battaient entre eux. Les bandes terroristes anarchistes  de Nestor Machno qui attaquaient régulièrement les villages mennonites, étaient les plus redoutés par les Mennonites. Dans le village de Eichenfeld, par exemple, 77 hommes et 4 femmes furent assassinés au cours d’une nuit en octobre en 1919, D’autres victimes sont mortes d’une épidémie de  typhus qui se répandait dans les villages par les Machnovites. Des familles entières moururent. Dans le village de Schönhorst 132 des 350 habitants moururent, à Choritza 180 sur 767. Plus de 10% de la population mourut au cours de cette épidémie.

 

Famine

Après toutes ces années de terribles combats acharnés, l’économie mennonite était complètement détruite. Les troupes de collecteurs d’impôts sur la nourriture du nouveau gouvernement soviétique prirent les produits agricoles, enlevant les dernières céréales aux paysans. Il y eut une terrible famine. Après des négociations difficiles avec les Bolcheviques, les Mennonites américains et néerlandais purent envoyer de la nourriture et des vêtements à leurs frères en difficulté.

 

Interdis d’émigration

Les délégués mennonites furent très encouragés à explorer les possibilités d’émigration vers l’Amérique. Les mennonites canadiens firent des demandes de visas d’immigration à leur gouvernement, obtinrent des crédits pour les traversées et promirent que les nouveaux arrivants ne seraient pas une charge pour l’état. Entre 1923 et 1928 environ 23.000 Mennonites partirent au Canada via l’Allemagne. En 1928, le gouvernement soviétique a mis fin à cette émigration.

 

L’impact de la collectivisation

La collectivisation qui devait remplacer l’économie privée par une économie collective en Russie fut mise en place en 1929. A nouveau il en résulta une terrible famine, avec 10 millions de victimes en Union Soviétique rien qu’en 1932-33. Parmi les personnes dépossédées et déportées se trouvaient beaucoup de Mennonites. Ils furent privées de terres, de bétail et de machines. Beaucoup furent forcés de s’installer ailleurs et laisser leurs villages et leurs maisons. Beaucoup moururent de faim ou de maladies dans les lieux de déportation. Certains partirent en ville à la recherche d’un emploi et de nourriture. C’est ainsi qu’arriva la dissolution des colonies mennonites.

 

Pour en savoir plus sur les Mennonites en Russie voir la Mennonite Encyclopedia Online (http ://www.gameo.org).

 

 

Diversité des Mennonites ayant un arrière-plan russe

Auteur: Hermann Heidebrecht
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Des 2.5 millions d’Allemands nés en Russie qui ont immigré en Allemagne depuis 1970, environ 200.000 ont des racines mennonites. Beaucoup de ceux qui entraient en Allemagne se déclaraient de confession mennonite, mais beaucoup d’entre eux  vivaient en Union Soviétique dans des régions où il n’y avait pas d’églises mennonites après la Deuxième Guerre mondiale. Ils n’ont pas été baptisés et n’ont jamais fait partie d’une assemblée mennonite ou Frères Mennonites (en Union Soviétique c’étaient les deux branches les plus importantes). Dans les dernières décennies, beaucoup de ces personnes ‘déracinées’ ont retrouve le chemin vers une communauté de foi. Plus de 100 assemblées de Mennonites nés en Russie réunissent 35.000 à 40.000 membres.

 

Fraternités et associations

A peu près toutes les assemblées mennonites  (environ 35 lieux de culte) forment l’Association pour le Soutien Spirituel des Eglises Mennonites (Arbeitsgemeinschaft zur geistlichen Unterstützung des Mennonitengemeinden, AGUM). Les Frères Mennonites ont rejoint différentes autres associations. Une grande partie  des Eglises des Frères Mennonites a rejoint des associations avec des Baptistes Evangéliques Chrétiens nés en Russie : 25 églises ayant des branches dans la Fraternité des Eglises Chrétiennes en Allemagne (Bruderschaft der Christengemeinden in Deutschland, BCD), et 7 églises Frères Mennonites  ont rejoint l’Union des Eglises Anabaptistes (Bund Taufgesinnter Gemeinden, BTG). Un groupe plus important d’églises de Frères Mennonites avec 23 lieux de réunion est le Cercle de Frankenthal, une fraternité informelle. Une église de Frères Mennonites a rejoint la Fraternité des Chrétiens Baptistes Evangéliques (Bruderschaft des Evangeliums Christen Baptisten), et plusieurs assemblées n’ont rejoint aucune association. Un certain nombre de mennonites nés en Russie font partie d’autres associations (AMBD,VMBB, WEBB).

 

Déclaration de réconciliation

Pendant la célébration du 150ème anniversaire de l’Eglise des Frères Mennonites en 2010, plusieurs églises des Frères Mennonites qui faisaient partie de l’Union des Eglises Anabaptistes (BTG), de l’Association des Frères Mennonites en Allemagne (AMBD), et de l’Association des Eglises Evangéliques Libres en Bavière (VMBB) ont publié une Déclaration de Réconciliation, où ils demandaient pardon pour une conduite inappropriée à l’égard d’autres églises mennonites pendant leur histoire, et exprimé le désir que dans un futur partagé la collaboration soit empreinte d’amour fraternel et d’appréciation mutuelle. Même si la majorité des églises Frères en Christ n’a pas signé cette déclaration, les relations entre les églises des deux côtés ont été fraternelles et souvent même cordiales depuis beaucoup d’années.

 

 

 

Les Mennonites dans leur nouvelle patrie la Russie

Auteur: Johannes Dyck
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Une grande partie de la communauté mennonite en Allemagne comporte des personnes qui ont passé une partie de leur vie en Russie. La plupart ont émigré en Allemagne ces dernières décennies. Leurs noms sont frisons ou flamands. Dans le tumulte du 16ème siècle ils sont devenus Mennonites et se sont enfuis vers des lieux sûrs dans la région de Gdansk, alors sous gouvernement polonais. Plus tard lorsque ces territoires devinrent prussiens et qu’ils furent à nouveau opprimés pour leur foi, ils cherchèrent un autre lieu de vie en Russie.

 

Un accueil chaleureux

En 1789, la Russie a accueilli chaleureusement le premier groupe de Mennonites. Le gouvernement tsariste leur a promis la liberté de conscience et l’exemption du service militaire et les a installés dans des colonies autonomes à gouverner entre eux. La première s’appellait Chortitza sur le Dniepr. A la demande spéciale des Mennonites, le gouvernement se déclarait prêt à leur donner deux fois plus de terres qu’aux autres colons venus d’Allemagne. En 1804 un autre grand groupe de Mennonites de Prusse immigra en Russie et fonda la colonie Molochna. D’autres groupes plus petits ont suivi. La dernière migration eut lieu en 1859.

 

Des colons qui travaillent dur.

Les Mennonites travailleurs ont transformé le sol vierge des steppes en un paysage riant. Leur dur travail a fait du sud de la Russie le « panier de pain » de l’Europe. Les petites usines qu’ils ont créées devinrent une industrie prospère ayant une position forte sur le marché russe. Avec le temps, les colonies du début devinrent trop petites pour la population mennonite grandissante. Disposant de suffisamment  de ressources, la communauté mennonite s’étendit vers l’Est. Au début du 20ème siècle, de grandes colonies étaient installées jusqu’en Sibérie – la partie asiatique de la Russie. Au fil des générations ils ne perdirent pas l’habitude de travailler dur ni à être prêts à coloniser des terres nouvelle, inhospitalières pour les rendre habitables.

 

La patrie allemande

A la veille de la Première guerre mondiale, et de la Révolution de 1917, les Mennonites en Russie étaient devenus un des membres les plus évolués de la famille mondiale mennonite. Vivant toujours dans des colonies qui étaient depuis longtemps déjà des îlots allemands dans l’Empire russe multiethnique, ils ont su garder des liens vitaux avec leur patrie, l’Allemagne.

 

Pour en savoir plus sur les Mennonites en Russie voir la Mennonite Encyclopedia Online (http ://www.gameo.org)

 

 

 

Travail parmi les enfants et les jeunes

Auteur: Johannes Dyck
Trad.: 
Louise Nussbaumer

En Allemagne, le travail pour les enfants est souvent fait par des jeunes qui ainsi prennent part de manière active à la vie d’église. En Union soviétique le travail parmi les enfants et les jeunes était une question délicate.

 

Depuis 1929, la loi interdisait toute sorte de rencontre spéciale, y compris de femmes, d’enfants ou de jeunes. Lorsqu’après 1955 des églises nouvellement établies cherchèrent à obtenir un statut légal, les autorités demandèrent d’observer strictement la loi. De plus, ils interdisaient souvent la présence d’enfants pendant les cultes ordinaires. De temps en temps, les cultes du dimanche étaient interrompues par les autorités et des enseignants qui faisaient la liste des écoliers présents dans l’auditoire. D’habitude les enfants de la liste étaient appelés par le directeur de l’école et intimidés devant la classe. Pour les jeunes églises et les jeunes parents, le temps de persécution entre 1958 et 1966 était une lutte pour les enfants. Finalement les parents ont gagné la bataille, et on autorisa les enfants à assister au culte.

 

Victoire malgré les risques

Peu de temps après cette première petite victoire, les églises dans différentes villes commencèrent de petites écoles du dimanche dans les maisons particulières. En ville, ce travail pouvait mieux rester caché que dans les villages. Plusieurs personnes, y compris des jeunes femmes ont été mises en prison. Malgré tout, ce travail risqué, s’est poursuivi jusqu’à l’émigration en Allemagne.

 

Des jeunes prennent les rênes

Le travail parmi les jeunes faisait partie de la zone légale grise, souvent toléré par les officiels. D’habitude il était organisé en petits groupes qui se retrouvaient dans les maisons particulières pour la communion fraternelle et l’étude de la Bible, souvent deux fois par semaine. Cette partie du travail se révéla avoir un grand potentiel ; elle a donné aux églises des jeunes prêts à prendre des responsabilités et accepter un ministère. Des chorales de jeunes virent le jour, servant de point d’attraction pour les jeunes. Les rares prestations étaient une vraie fête pour l’église.

 

Bon espoir

Ce qui avait été interdit par le gouvernement soviétique devint bien plus populaire avec la nouvelle liberté en Allemagne. Considérant l’importance du travail, les assemblées mennonites mirent en place une œuvre florissante parmi les enfants et les jeunes, qui restent dans l’église jusqu’à ce jour. Sachant que les familles sont souvent nombreuses, ce travail est un  facteur important de croissance.

 

Vie d’Eglise

Auteur: Johannes Dyck
Trad.: 
Louise Nussbaumer

La vie d’Eglise des Mennonites nés en Russie en Allemagne reflète sous beaucoup d’aspects, les traditions qui existaient en Russie avant la persécution. Chaque dimanche, la communauté se réunit pour un ou deux services. L’ordre d’un culte est simple – trois courts sermons combinés avec le chant de la chorale et de l’assemblée. Les sermons sont donnés par des prédicateurs d’âges et d’expérience spirituelle différents. Le nombre de prédicateurs peut aller jusqu’à plusieurs douzaines par église.

 

Continuer à prêcher

Cette tradition vient des réunions piétistes du réveil en Russie autour de 1840, lorsque des participants se mirent à donner leur témoignage. Dans les premières églises de Frères Mennonites, le fait d’avoir beaucoup de prédicateurs devint une tradition. En impliquant beaucoup de frères, tous restaient actifs en proclamant la Parole de Dieu et donnaient plus de force à la diffusion de l’Evangile. Pendant le réveil après la guerre, en un temps d’oppression, avoir un grand nombre de prédicateurs  était le meilleur moyen de survivre : lorsque les responsables étaient déportés ou mis en prison, il y avait toujours quelqu’un pour les remplacer.

 

Les Thèmes – Le chant

Suivant l’ancienne tradition piétiste, le contenu principal d’une prédication est un encouragement à la foi. Les prédicateurs font des appels à la repentance, la conversion et la nouvelle naissance. Les thèmes préférés sont la vie de disciple, une vie sainte et la séparation du monde. Ces thèmes sont également au cœur des prières et des réunions d’étude biblique. Une partie importante de la piété des Mennonites nés en Russie est le chant. En temps de persécution, lorsqu’on ne trouve plus de Bibles, on peut facilement mémoriser les cantiques et les partager avec les personnes persécutées. Pour les personnes seules, isolées ou des petits groupes, c’était le seul moyen de se réconforter et de trouver des forces nouvelles. Pour beaucoup de jeunes, les cantiques allemands ont été le départ de l’apprentissage de la langue. Le chant de la chorale a une place importante pendant le culte.

 

Relations et Réunions

La vie d’église s’exprime dans des relations proches  entre les membres d’église qui  sont aussi des voisins vivant dans le même village. Une partie importante de la vie d’église sont les réunions de membres. C’est là que les candidats au baptême parlent de leur foi, on y pratique la discipline d’église; on débat des questions touchant aux normes de la  morale commune et du témoignage au monde; et c’est là que sont prises les décisions importantes.

 

Responsabilité dans la société et dans le monde

Auteurs: Hermann Heidebrecht, Johannes Dyck
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Travail missionnaire à l’intérieur et à l’extérieur du pays

Les Mennonites nés en Russie n’avaient pas, officiellement, la possibilité d’entreprendre une mission ou un travail de diaconie. Après le retour en Allemagne, beaucoup d’assemblées ont commencé leurs propres projets missionnaires dans différentes parties du monde. Il y a des projets d’implantation d’églises en Allemagne (souvent dans les nouveaux états fédéraux) comme dans les pays d’origine : Russie, Kazakhstan, Kirghizstan, Ukraine, Moldavie et d’autres pays de l’ancienne Union soviétique. Plus tard, s’y ajoutèrent des projets en Europe du Sud et de l’Est (Roumanie, Bulgarie), Amérique latine (Brésil, Bolivie, Mexique etc.) et d’autres parties du monde. En plus d’implantations d’églises, plusieurs églises soutiennent des écoles et des orphelinats.

Le travail missionnaire des Mennonites nés en Russie se fait au travers de leurs propres organisations mennonites. Parfois, des missionnaires sont envoyés dans d’autres associations missionnaires allemandes ou internationales.

Ecoles et projets sociaux et de diaconie

Dans les dernières années, les Mennonites nés en Russie ont lancé différentes écoles privées dénominationnelles, seuls ou en association avec d’autres  chrétiens. Par exemple la Christian School Association Lippe (Christian Schulverein Lippe e.V.) qui gère plusieurs écoles à Detmold et environs, avec plus de 2 300 étudiants et 200 enseignants.

L’importance de ces projets d’écoles pour une intégration réussie des Allemands nés en Russie dans la culture allemande, a été reconnue à différents niveaux, par les structures gouvernementales.

 

Musée de l’Histoire de la Culture des Allemands de Russie

Le fondateur de l’Association de l’Ecole Chrétienne Lippe et d’une école à Detmold, Otto Hertel, un ancien professeur de physique du Kirghizstan, avait bien compris le rôle de l’histoire dans la formation de l’identité des personnes. Depuis les premiers jours de l’école, il a préparé plusieurs expositions sur les Allemands en Russie, et a donné des conférences sur leur rôle important dans la culture et la science russe. En 1996, un musée a été installé de manière permanente dans un petit bâtiment sur le campus de l’école. En plus, Hertel a donné ses livres au musée, comme un début de bibliothèque centré sur les Allemands et les Mennonites en Russie.

En juillet 2011, le musée a été ré-ouvert dans un nouveau bâtiment avec une exposition impressionnante sur l’histoire des Allemands de Russie depuis les débuts jusqu’à leur retour en Allemagne et leur intégration dans la société.

 

Pour en savoir plus sur le musée, consultez le site http://russlanddeutsche.de

 

 

Des Mennonites quittent l’URSS pour l’Allemagne

Auteur: Herrmann Heidebrecht
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Avant 1987, seuls quelques milliers de Mennonites de Russie ont pu quitter l’URSS pour l’Allemagne. Après 1987, la plupart des demandes d’émigration ont été approuvées par les Allemands comme par les autorités soviétiques. Il y eut un exode massif, comme on n’avait encore jamais vu. Il y a plusieurs raisons à cette évasion de presque tous les Mennonites de l’ancienne Union soviétique.

La persécution et l’oppression pour la foi a duré près de 70 ans. Les chrétiens n’étaient pas seulement mis sous pression mais aussi regardés comme des arriérés.

 

L’oppression nationale en union soviétique

L’oppression nationale à l’égard des allemands nés en Russie qui n’ont pas été différenciés des national-socialistes de Hitler dans la Deuxième guerre mondiale (appelés fascistes en URSS) était aussi une raison importante de quitter la région pour les Mennonites et les autres Allemands. Même s’il y avait des écoles allemandes dans certaines régions de l’Union Soviétique, comme des radios et des journaux allemands, on ne pouvait arrêter la dissolution de l’identité allemande en Russie.

 

Questions politiques et économiques

La plupart des mennonites n’ont certainement jamais été d’accord avec la politique soviétique. La douleur de la confiscation, des déportations, des arrestations, des exécutions et d’autres souffrances des dernières décennies étaient trop profondes Peu de familles mennonites qui ne pleuraient pas de victimes. Les Mennonites ne faisaient plus confiance au gouvernement soviétique et à ses chefs. Les conditions économiques ont aussi joué leur rôle en la matière. Dans les villes les campagnes on manquait de tout. Même si personne ne souffrait de la faim, souvent on ne trouvait ni pain, ni beurre, ni lait, ni sucre ni d’autre nourriture qu’au prix de mille difficultés si les gens ne pouvaient le produire eux-mêmes. C’était la même chose pour les vêtements, les meubles, les ustensiles de ménage et d’autres choses.

 

Organisation au service des immigrants

Le Service mennonite d’émigration (Die Mennonitische Umsiedlerbetreuung) a été créée par d’anciennes assemblées mennonites en 1972 et pour beaucoup d’années a aidé les nouveaux arrivants pour un nouveau départ. Grâce au soutien de cette organisation, on trouva des lieux pour s’installer en Allemagne, en beaucoup d’endroits des cultes ont commencé, et des nouvelles assemblées créées. Une fois que le Service mennonite d’émigration eut achevé sa tâche, les nouvelles assemblées fondèrent leur propre service d’émigration se chargeant de toutes les  fonctions.  Depuis, les deux services ont accueilli et conseillé plus de 100 000 Mennonites ou personnes d’origine mennonite dans des camps de transit et les points d’entrée dans les différents états.

 

 

 

 

Un nouveau commencement après la Deuxième guerre mondiale

Auteur: Johannes Dyck
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Pendant les persécutions au temps de Staline, les Mennonites perdirent presque tous leurs responsables, prédicateurs et bâtiments d’églises. Après l’entrée en guerre de  l’Union Soviétique en 1941, tous les Allemands de la partie européenne du pays furent déportés en Sibérie et en Asie Centrale, avec interdiction de quitter les lieux. En plus, au début de 1942, tous les hommes restants furent mobilisés, loin de leurs occupations dans l’Armée des Travailleurs.

 

Groupes de prière pendant la déportation

Dans l’Armée des Travailleurs, sous des conditions épouvantables et souvent proches de la mort, des hommes ont commencé à crier à Dieu, se rassemblant à l’occasion pour des réunions de prière clandestines, peu importait leur confession. Un de ces groupes de prières a été organisé par Heinrich Voth, autrefois ancien de l’assemblée mennonite de Nikolaifeld. Et Dieu les entendit. Il y eut un réveil. En beaucoup d’endroits des réunions de prières clandestines furent créées. En 1945 beaucoup de Mennonites qui avaient été emmenés en Allemagne furent rapatriés en Union Soviétique. Ils se rassemblèrent pour le culte. Là où c’était possible, les Mennonites se sont joints aux églises baptistes russes qui étaient autorisées pendant la guerre.

 

Après Staline

Après la mort de Staline en 1953, il y eut un dégel politique et en 1956 tous les Allemands étaient rappelés d’exil. La répression faiblit un peu, et dans beaucoup de villages, les gens qui s’étaient convertis dans les années précédentes, furent baptisés par des hommes courageux. On vit la création de petites assemblées de villages dans les anciens lieux d’exil. Des allemands, dont des Mennonites, partirent de là vers le sud du pays, en particulier vers le Kazakhstan et le Kirghizstan ; ils fondèrent de nouvelles églises ou rejoignirent  des églises russes baptistes qui ressemblaient beaucoup aux églises des Frères mennonites. C’est ainsi qu’une nouvelle géographie des églises se mit en place.

 

La non-violence rejetée

Le dégel du moins en matière de religion prit fin en 1958 et une nouvelle vague de persécutions commença. On regarda les Mennonites comme des sectaires réactionnaires opposés au gouvernement à cause de leur position historique non-violente. Leurs églises furent retirées de la liste des confessions officiellement autorisées, et n’avaient aucune chance d’être reconnues légalement. Cette situation a changé en 1966 ouvrant la voie à la légalisation des premières églises mennonites et Frères mennonites.

Beaucoup de Frères Mennonites et de personnes ayant un arrière-plan mennonite ont rejoint les églises baptistes.

 

Reference: And When They Shall Ask. A Docu-Drama of the Russian Mennonite Experience (1984/2010) dvd. www.mennonitemediasociety.com