France

Langue: Français 

Religions: Catholiques romains 85%, Musulmans  8%, Protestants 2%, Juifs 1%,

Population: 66 millions

Capitale: Paris

Mennonites en France

 

Nombre d'assemblées mennonites: 32

Nombre de  Mennonites baptisés: 2,100 = 3,5% des mennonites européens .

Pour la plupart dans l'Est de la France

 

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La Maisond’accueil de la Prairie (MAP) à Montbéliard

Auteur: Daniel Widmer 

L’agglomération de Montbéliardcomprend, à Sochaux, ce qui étaitil y a encore peu de temps la plus grandeusinefrançaise : Automobiles Peugeot, avec plus de 40 000 employésil y a 40 ans, maisseulementmoins de 11 000 actuellement. Le chômage frappe fort, et beaucoup de gens sontdansune situation précaire.

Face à la détresse de beaucoup, l’assembléemennonite de Montbéliard, à l’instigation surtout d’Etienne Klopfenstein, a eu à cœur de leurvenir en aide, d’abord par des bénévoles qui passaient la nuit avec des SDF dans un foyer de la régionouaidaientl’Armée du Salut à offrir un repaschaud à midi.

 

Créer un Centre

Maiscette aide semblaviteinsuffisante, et l’idéegerma de créernotrepropre foyer pour accueillir les personnes sans logement et parfois sans travail. A ceteffet, uneanciennelaiteriefutachetée en 1994 et complètementréhabilitée (grâce au travail de plusieursmembres en plus des entreprises). Cettemaisond’accueilsituéedans le quartier de la Prairie (non loin de l’église du même nom) ouvritsesportes en 1996, offrant à 26 personnes un logementprovisoire en studios de 2 places. Unemaîtresse de maisonassuraituneprésencepermanente, et uneresponsables’occupait des démarches avec l’aide des travailleurssociaux pour aider les résidents à trouverunemeilleure solution de logement au bout de 6 mois en principe.

Parallèlement, un accueil de jour ouvritdans la grandesalle, animétous les jours de 14h à 17h sauf le week-end par des bénévoles qui apportaient des gâteaux et offraient le café aux résidents en les écoutantpartagerleursproblèmes. Ce service existetoujoursaujourd’hui. Le CA, quant à lui, futprésidédès le début par Etienne Klopfenstein, jusqu’àsa mort en 2012.

 

Témoignage

Laissonsparler un ancienrésident, Lionel, devenudepuis par le baptêmemembre de l’assemblée de la Prairie:

 

J’aiquitté le domicile parental à l’âge de 18 ans, je voulais vivre ma vie. J’aidonctrouvé un petit boulot, tout allaitbien au début. Mais suite à de mauvaisesfréquentations, je suistombédans la drogue […] ; j’ai perdu mon travail, et me suisretrouvé à la rue pendant trois ans. […] J’aiétébienaccueilli par les deuxpersonnes qui gèrent au quotidiencetteMaisond’accueil ; un évangilem’aétéremis […]. Unebénévole qui visite les résidentsunefois par semainem’aenseignésurDieu ; par la lecture de la Bible aussi, j’airéaliséqu’il y avaitune solution à la précarité de ma vie. Dieum’aimaittelquej’étais : c’était un bouleversement pour moi.

 

La compassion à développer

Auteur: Michel Sommer

Les mennonites de France ont créé des institutions sociales exprimant la compassion. Ils l'ont fait essentiellement après la Seconde Guerre mondiale, avec l'aide des mennonites nord-américains. Depuis lors, il n'y a plus guère eu d'initiative dans ce sens, à l'exception de la Maison d'Accueil de la Prairie à Montbéliard qui reçoit des personnes en fragilité sociale et économique depuis 1996.

Pourtant, les blessés de la vie et du système mondialisé n'ont guère disparu du pays. Quelles pourraient être les raisons de cette absence d'initiatives et quels sont aujourd'hui les défis que lance l'appel à la compassion envers quiconque?

 

Manque d’initiatives

Parmi les raisons, en voici trois. Premièrement, le professionnalisme qu'exige tout travail social ; il est plus compliqué aujourd'hui qu'il y a 50 ans d'initier des initiatives reconnues par les acteurs sociaux.

Deuxièmement, l'absence d'une impulsion théologique se traduisant en actes : les mennonites nord-américains ont joué un rôle déterminant alors ; la théologie de l'action sociale peine semble-t-il à irriguer pleinement le milieu mennonite français.

Enfin, troisièmement, on peut se demander si, depuis les années 1950, les mennonite français ne se sont pas quelque peu embourgeoisés ; mieux intégrés à la société, plus éduqués dans l'ensemble, ils peinent à s'identifier aux exclus ; le phénomène est encore amplifié par un contexte d'hyper-médiatisation: en version moderne de la parabole du Bon Samaritain, ‘les médias nous permettent de voir, et de passer outre’(Jean-Marc Chappuis).

 

Défis

Dans le contexte français, quels sont les domaines dans lesquels la compassion pourrait s'exercer de manière nouvelle ? Evoquons trois publics particulièrement en difficulté.

 

Premièrement, les étrangers et les immigrés. La montée des idées de l'extrême-droite et leur banalisation a de quoi interpeller les chrétiens porteurs du message de l'amour du prochain et de l'ennemi ; en Alsace où se trouve bon nombre de communautés mennonites, ces idées xénophobes trouvent un terreau malheureusement fertile. Des actions d'accueil et de militance en faveur des étrangers et des immigrés seraient prophétiques.

 

Deuxièmement, mentionnons les Roms, une population étrangère stigmatisée. Même si certains Roms sont responsables de comportements douteux, les réflexes agressifs à leur égard et les évacuations de campements manu militari rappellent à certains égards des heures sombres en Europe. Si Jésus parlait aujourd'hui en paraboles, il pourrait bien faire d'un Rom le modèle de la compassion à laquelle il inviterait ses auditeurs...

 

Enfin, troisièmement: le lien social s'affaiblit, les divorces sont nombreux, l'individualisme est dominant et le papy-boom explose ; dans ce contexte, le nombre de personnes vivant seules a fortement augmenté ces dernières décennies. A cet égard et à titre d'exemple, la vie de femmes jonglant entre emploi, enfants et épuisement mériterait des réponses en terme de soutien pratique et moral à inventer.

 

Et si la compassion sociale des mennonites de France n'était pas à son terme?

 

Objectifs, exemples concrets

Auteur: Sylvia Shirk

La Caisse de Secours est depuis sa fondation en 1977, le bras secourable des Mennonites de France auprès des personnes dont la situation de détresse momentanée ou plus durable est parvenue à notre connaissance.

 

Syrie

L’année 2013 a été marquée par une nouvelle action pour la Syrie. Dans un courriel du 10 septembre, Sarah ADAMS, la représentante de MCC Liban remercie les mennonites français et suisses pour leur merveilleux et continuel soutien et pour les  prières pour le peuple syrien.  Les trousses ont été réceptionnées et distribuées par .. une grande variété d’églises qui sont au service des personnes déplacées forcées de quitter leur maison…

 

Depuis le début du conflit, plus de 3500 trousses d’hygiène, 200 couvertures et une somme de 15.000 € ont été acheminés en  2 conteneurs jusqu’en Jordanie et en Syrie. En 2013, les mennonites suisses se sont joints pour remplir le conteneur avec des seaux. Ces sommes viennent de dons individuels. Le cout de l’acheminement des conteneurs (env 8.500 €) a été couvert par les collectes à l’occasion des concerts d’un groupe de jeunes artistes  d’une église, les ‘Lightclubberz’. Une assemblée du Nord de l’Alsace comme l’an passé a assuré le tri, le reconditionnement et l’expédition de la partie française.

 

Afghanistan

Depuis ses débuts, la Caisse de secours propose à la période de Noël une action en faveur de détresse plus chronique mais pas moins déchirante. Cette année, un projet d’école en faveur des femmes et des enfants Hazaras d’Afghanistan a retenu notre attention. Fondée il y a dix ans par des ressortissants d’une de nos églises, LE PELICAN a déjà créé à Kaboul depuis 2003 un premier centre d’accueil de jour pour les enfants Hazaras. Le projet a vite grandi (plus de 200 enfants) et s’est élargi à une autre centaine de femmes et jeunes filles (leçons d’alphabétisation et de couture), ainsi qu’à une formation professionnelle en boulangerie et en petite restauration et un cours de langage des Signes il y a 2 ans. EN 2007, la Caisse de Secours a permis l’acquisition du matériel pour la boulangerie.

 

7 ans plus tard, les dons aideront contribueront à  créer une école 200 km à l’Est, à Bamiyan un projet sur le même modèle que celui de Kaboul.

En Novembre, Jacques co fondateur du PELICAN est décédé d’un cancer foudroyant. Mais Ariane ne baisse pas les bras. Voici son témoignage:

 

J’ai compris que le PELICAN devait se poser sur ce plateau où il n’y a rien d’autre qu’une population pauvre, sans ressource aucune: pas d’école, pas de commerce, pas de dispensaire, pas d’électricité, pas d’eau… Ils manquent de tout. Alors ce sera facile de les aider!

 

Société: Oeuvres Sociales – Association Compassion en Action Aumônerie hospitalière

Auteurs: Jean-Paul Herzog,
Mireille Peterschmitt et Sara Herzog 

Chaque semaine, Fabienne à Strasbourg et Odile à Sélestat, franchissent plusieurs fois la porte d’une clinique ou d’un hôpital. Elles vont à la rencontre et à l’écoute de patients, de familles, de soignants qui seront sur leur chemin.

Dans ce lieu tout à la fois de souffrances et de soins, de peine et de joie, de vie et de mort, Fabienne et Odile sont aumôniers hospitaliers.

Leur présence est l’expression d’une communauté de foi qui veut rejoindre ceux que la souffrance isole : que ce soit dans une visite unique ou dans un accompagnement de longue durée. Leur présence se veut aussi signe d’une autre Présence, celle du Seigneur Jésus-Christ. Présence qu’elles expérimentent aussi dans le quotidien de leur service de témoin.

 

Une manière d’être présent

Dans le microcosme de la société qu’est l’hôpital, nos aumôniers sont présents dans la complémentarité avec les autres acteurs hospitaliers, animés du désir de prendre soin de l’être humain dans son entier. Dans notre société sécularisée, l’aumônier doit s’investir pour rendre visible et lisible sa présence et sa mission dans l’établissement de soins où il sert. Nous ne sommes plus au temps où il allait de soi qu’il y ait des aumôniers dans l’hôpital.

Lieu où se rencontrent les différentes populations et cultures présentes dans notre société, l’hôpital est aussi le lieu de rencontre et de contact entre différentes confessions et religions. C’est un lieu où l’on peut apprendre à mieux se connaître et à vivre mieux ensemble. La présence auprès du patient peut être très différente d’une culture à l’autre.

L’hôpital est également, enfin, le lieu de nombreux questionnements éthiques. Sans parler des tensions présentes aujourd’hui dans le monde de la santé entre les dimensions humaines, techniques et économiques. Les aumôniers peuvent apporter leur contribution propre à la réflexion éthique et être le relais de ce questionnement hors des murs de l’hôpital.

Voilà de quoi remplir les deux mains de nos aumôniers.

 

C’est dans ce contexte que depuis 23 ans, en collaboration avec le service d’aumônerie hospitalière des Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), notre association qui se veut une expression de Compassion en Action envoie, accompagne et soutient des aumôniers, ainsi que plusieurs visiteurs bénévoles.

Notre petite association est l’émanation de la fraternité mennonite locale et plus particulièrement de l’assemblée de Strasbourg, auxquelles sont venues se joindre des assemblées évangéliques voisines.

Dans la reconnaissance à Dieu pour sa fidélité et avec Son aide, l’aventure de la foi et du service fraternel se poursuit.

 

Engagement pour les personnes en situation de handicap

Auteur: André Hege

4000 personnes accueillies ou accompagnées, 70 établissements et services, c’est le rayonnement commun à 2 organisations en région parisienne. La première, la Fondation ‘les Amis de l’Atelier’ et la seconde, l’Association des Etablissements du Domaine Emmanuel (AEDE),  sont en effet intimement liées à l’histoire de la Mission  Mennonite Française.

 

Histoire

Leur action est née, dans les années 1950, d’une relation d’amitié avec une famille ayant un enfant handicapé. Il fallait faire quelque chose et c’est un petit bâtiment préfabriqué sans eau, sans électricité qui a permis de rassembler un groupe d’enfants. Cette première initiative a été prolongée par la création d’un premier Centre d’Aide par le Travail à Chatenay-Malabry, puis  d’un second doté d’un  hébergement dans la campagne à l’est de Paris, à Hautefeuille.

 

De fil en aiguille, avec le financement des pouvoirs publics, cette action s’est développée. Elle s’est professionnalisée, a cherché à mieux cerner et à mieux individualiser les besoins des personnes. Les formes d’hébergement ont été diversifiées pour permettre un parcours progressif d’intégration. Logiquement, on a créé des services d’accompagnement à domicile pour donner aux personnes suffisamment autonomes la possibilité de vivre chez soi.

 

Les deux œuvres ont créé des établissements dont le rythme de vie était mieux adapté au vieillissement des personnes handicapées. L’AEDE a plus particulièrement créé des structures prenant en compte le handicap psychique, consécutif à la maladie mentale.

Une partie des foyers est désormais médicalisée pour accueillir dans les meilleures conditions les personnes nécessitant des soins plus importants. L’AEDE et la Fondation les Amis de l’Atelier surtout, ont ouvert des Maisons d’Accueil Spécialisées recevant des personnes lourdement handicapées. Les deux organisations gèrent également des Instituts Médico-Educatifs accueillant notamment des enfants porteurs d’autisme.

 

Amour fraternel: un autre regard

A travers ces dispositifs, c’est un message de considération et de respect, que nous transmettons aux personnes en situation de handicap.

Nous voulons considérer, respecter la capacité de chacun à être au maximum acteur de sa vie, en mettant à sa disposition le soutien et l’aide nécessaires. Il s’agit de permettre à ceux qui le peuvent de vivre et travailler dans le milieu ordinaire. Il s’agit aussi de diminuer l’isolement de chacun en lui permettant de trouver un lieu d’appartenance, un endroit pour vivre et pour travailler.

 

Nous pensons que l’amour du prochain se construit et se vit jour après jour et implique l’acceptation de la diversité des idées. Notre savoir-faire doit aussi être actualisé et alimenté par une pratique mettant en œuvre adaptation et créativité.

 

Liens sites web :

http://www.fondation-amisdelatelier.org/

http://www.aede.fr/

 

Accueil et accompagnement dans l’église

Auteurs: Madeleine et Bernard Huck

Encouragée par une de mes amies, je viens un dimanche assister au culte dans cette assemblée mennonite. Je suis africaine, je ne connais que peu de personnes et je vis une situation familiale difficile. Mon mari n’a pas de travail stable et cela le met parfois sur les nerfs. J’ai cinq enfants, la dernière est encore très petite. Et les plus grands de mes fils me causent bien des soucis.

 

Très vite dans l’Église nous l’avons aimée et nous avons partagé ses fardeaux. Nous lui avons donné un travail rémunéré qui consiste  en l’entretien des locaux. La vie chez elle n’est pas simple, le mari est violent et comme elle a la clé de l’Eglise, elle fuit parfois son domicile et passe la nuit, nous l’avons appris plus tard, sur la moquette de l’Eglise. ‘Là au moins je suis en paix’ dira-t-elle.

Nous avons pris sa dernière fille à la maison pour quelques temps lors d’un de ses voyages pour revoir sa famille.

 

Elle est assidue au culte et fréquente le groupe de dames qui médite un livre de la Bible après l’autre. Elle boit la Parole qui agit dans son cœur et la grâce de Dieu la transforme peu à peu.

 

Dans sa famille cela va mieux mais une fois, la police même à dû intervenir et

menacer le mari, qui ensuite s’est calmé pour de bon.

Elle est une femme toute simple, mais  elle gagne à être connue. Lorsque quelqu’un est malade elle s’en inquiète, elle sait choisir les versets qui parlent au cœur. Elle téléphonera, prendra des nouvelles.

 

Notre communauté l’a nommée diacre et elle remplit bien son rôle. Elle dit de moi que je suis ‘sa sœur de cœur’ et c’est aussi ce qu’elle est pour moi.

Une amie de passage qui la connait bien, m’a confié  que dimanche dernier, lorsque la cène a été distribuée et que cette soeur s’est approchée pour lui donner le pain et le vin, elle en était profondément émue.  A Dieu seul la gloire !

 

Ce témoignage pourrait faire penser qu’accueillir, intégrer, accompagner et faire grandir tout au long des années relève du grand art. En fait, c’est très simple. Il faut avoir le cœur rempli de compassion. Une compassion qui n’est pas de la pitié, mais de l’amour. Quelque chose de naturel, qui va de soi, qui ne pose pas de questions. Mais surtout, il y a la puissance de Dieu, le ‘réparateur des brèches’, celui qui relève et qui rapproche. Le Père qui fait que ses enfants, si différents les uns des autres, puissent s’accueillir, se rapprocher, se comprendre et s’aimer.

 

 

Dans le cadre des églises mennonites de France

Auteur: Théo Hege

Les œuvres sociales mennonites ont été  générées  par l’importante action sociale du Mennonite Central Comittee (MCC) en France  qui a commencé pendant la deuxième Guerre Mondiale.

 

Aide et Accueil des hanicapés

En 1945–1946  ses responsables ont motivé les assemblées mennonites à s’engager dans le service  auprès du prochain. Cette démarche a permis de poursuivre l’œuvre commencée  au-delà du  retrait du MCC grâce à la création de ‘l’Association Fraternelle Mennonite’ et ‘l’Association du Mont des Oiseaux’. Les acquisitions  de la propriété de Valdoie  pour en faire un établissement pour enfants à Valdoie près de Belfort en 1950 et, l’année suivante par l’acquisition d’une seconde maison d’enfant au Mont des Oiseaux près de Wissembourg.

A présent  l’association ‘Association Fraternelle Mennonite’ a confié la gestion de ses œuvres à l’association ‘Servir’.  Elles  gèrent  deux établissements pour personnes âgées médicalisées  et deux établissements  pour enfants en difficultés sociales.  Le Mont des Oiseaux s’est réorienté vers l’accueil d’enfants  et d’adultes ayant un handicap psychique ou mental.

 

Par ailleurs, l’action missionnaire mennonite américaine, relayée par l’association ‘Mission Mennonite Française’  a débuté  vers 1953 à Châtenay-Malabry, et a développé  une assemblée mennonite. Parallèlement, elle a accueilli  une initiative personnelle pour l’accueil d’enfants handicapés mentaux.

La croissance conjointe  de ce service diaconal  et de l’évangélisation ne s’est pas faite sans difficultés. L’association  ‘Les Amis de l’Atelier’ a été créée en 1961  puis s’est  transformée en fondation en 2011.

La ‘Mission Mennonite Française’,  a initié en 1966  la création  d’un centre d’aide par le travail avec hébergement.  Aujourd’hui, l’association a changé de nom et s’appelle: ‘Association des Etablissements du Domaine Emmanuel’ ( AEDE) 

L’ensemble des établissements et services  ci-dessus  se résume en ces quelques chiffres: 91 établissements et services, 4.188 personnes  bénéficiaires,   2.633  salariés. Leur financement est essentiellement public.

 

Etudiants étrangers et français, accueil d’urgence

Par ailleurs la Mission Mennonite Française avait ouvert un foyer d’Accueil pour étudiants étrangers en 1976. Il a fonctionné jusqu’en  1998.

L’assemblée mennonite de Montbéliard  a ouvert en 1996  une petite structure  d’hébergement d’urgence  d’une capacité de 12 studios.  C’est la Maison d’Accueil de la Prairie.

 

En 1977, lors de l’achat de l’immeuble devant  accueillir la jeune assemblée mennonite de Strasbourg, un petit foyer d’étudiants  a pu démarrer  avec  sept  chambres. A ce jour il fonctionne  avec 14 chambres et 9 studios.

 

 

De la compassion individuelle, à la compassion organisée

Auteur: Frédéric de Coninck

Il est assez étrange de constater que beaucoup de personnes en faveur de gestes individuels de compassion à l’égard de leurs prochains en difficulté, sont sur la réserve dès que l’on parle de structures chargées de s’occuper desdits prochains.

Vivre Noël Ensemble

Auteur: Paul Hege

Depuis quelques années, l’Église mennonite de Strasbourg participe à ‘Vivre Noël Ensemble’. Cette action nous permet de mettre notre foi en action au service de notre prochain, de  renouveler notre vision de Noël, de collaborer avec d’autres et d’être actifs dans notre ville.

Ensemble

Chaque année, 15 et 20 personnes de l’Église choisissent de passer ensemble la soirée du 24 décembre en accueillant environ autant d’invités, des personnes en marge qui autrement auraient un Noël bien triste et solitaire. Aucun de nous ne regrette cette expérience. Certains  relèvent la joie d’un Noël différent, davantage tourné vers notre prochain et enrichi par les contributions spontanées de nos invités. D’autres sont reconnaissants pour la richesse et la profondeur des échanges avec nos invités, malgré parfois l’obstacle de la langue; certains contacts se poursuivent et même deviennent des amitiés. Plusieurs soulignent que ce genre de moment nous permet de prendre conscience des besoins et de la misère que, souvent, nous côtoyons au  quotidien sans les voir.

 

Oecuménisme

Pour l’Église, c’est un beau projet dans lequel chacun trouve sa place, couples et personnes seules, enfants et parents, personnes plus âgées. Nous encourageons chaque membre à participer et constatons que beaucoup sont ensuite prêts à recommencer. C’est aussi une précieuse occasion de relation et de collaboration active avec d’autres chrétiens et différents acteurs de la vie de notre ville.

 

Vivre Noël Ensemble a été lancé au départ par une œuvre chrétienne de solidarité. Aujourd’hui, c’est un collectif dans lequel sont engagés diverses associations chrétiennes ou non et plusieurs Eglises, qui, avec le soutien de la Ville de Strasbourg, permet à environ 300 personnes marginalisées de fêter Noël dignement. Elles sont accueillies par les différents partenaires, chacun dans son lieu, selon ses possibilités. Le collectif s’occupe du repas, d’un cadeau pour chacun et de la répartition des invités entre les différents lieux: ainsi les différentes équipes concentrent leur attention et leur énergie sur un accueil de qualité. Le collectif organise aussi un temps convivial sous le grand sapin du centre ville qui ouvre la fête, avec boissons chaudes, pâtisseries et musique: c’est là qu’invités et hôtes se rencontrent avant que les groupes se séparent et que la fête continue dans les différents lieux.

 

En tant que petite Église dans notre grande ville, nous sommes très heureux d’avoir trouvé notre place dans ce projet, initié par des chrétiens puis partagé avec d’autres, à travers lequel, nous le croyons, notre Seigneur est honoré à Strasbourg.

 

 

 

 

‘Foyer Grebel’

Auteur: Neil Blough

A cause de son passé colonial, la France reçoit des dizaines de milliers d’étudiants africains francophones dans ses universités.   S’inscrivant dans une collaboration entre mennonites français et nord-américains en région parisienne, un travail d’accueil d’étudiants africains en région parisienne a été inauguré en 1977 avec l’ouverture du ‘Foyer Grebel’ à Saint Maurice. Les mennonites néerlandais et suisses se sont rapidement joints à ce projet, qui est devenu un exemple intéressant de partenariat missionnaire. 

 

Interculturel

Le  Foyer proposait des logements temporaires et de l’aide dans la recherche d’une situation stable pour pouvoir étudier.  Les équipiers du Foyer ont rapidement pris connaissance des difficultés sociales et économiques rencontrées par les étudiants.  Comment y répondre concrètement ? Comment dépasser les méfiances entre le Nord et le Sud ? Le Foyer était aussi un lieu de rencontre et d’échange. Très rapidement, le dimanche soir est devenu l’occasion d’un repas partagé et de discussions fascinantes.  Etre ensemble, discuter, partager la cuisine des autres, chercher ensemble des solutions aux problèmes, tout cela produisait des relations nouvelles, des ponts de compréhension entre cultures et l’apprentissage de la compassion et de la justice.  Pour beaucoup, c’était la première occasion d’échange réel avec « l’autre », le blanc, le noir, l’européen, l’africain. 

 

Miséricordieux

Beaucoup de ses étudiants étaient chrétiens et ne se sentaient pas toujours bien accueillis dans les Eglises parisiennes.  Certaines rencontres sont devenues des occasions pour étudier la Bible, pour chanter et pour prier.  Le point de vue de l’autre pouvait être déroutant, mais finissait en source d’enrichissement mutuel.  De tout cela est née une Eglise multiculturelle à la recherche de nouvelles relations entre les peuples. 

L’Evangile appelle à manifester la compassion : « heureux les miséricordieux ».  Dans ce cas précis, ceux qui voulaient exercer la compassion ont souvent appris la miséricorde de ceux qu’on pensait « aider ».  Le Foyer Grebel était l’apprentissage du « monde des étrangers » à Paris,  C’était l’apprentissage de la différence culturelle, du passé colonial et ses problèmes, mais aussi la découverte du christianisme mondial en train de prendre un essor énorme en dehors de l’Europe.

 

Héritage interculturel

Le désir d’accueillir a produit la mise en place d’un centre plus grand dans la ville voisine de Maisons-Alfort.  L’accueil et la recherche de logements permanents se sont poursuivis jusqu’en 1998 lorsqu’un projet de rénovation urbaine a obligé le Foyer de fermer et de cesser ses activités.  Le Foyer Grebel a cependant donné naissance à deux « enfants » qui vivent toujours : la Communauté Chrétienne du Foyer Grebel devenue l’Eglise protestante mennonite de Villeneuve le Comte et le Centre Mennonite de Paris, mis en place dans le local de Saint Maurice lors de l’extension à Maisons-Alfort.  L’héritage multiculturel du Foyer Grebel existe toujours, un appel constant à la compassion et à la justice parmi les peuples.