Société

Vie communautaire et bien-être public

Auteur: Alle G. Hoekema
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Dans les années 1920 et 1930 la ‘Gemeentedagbeweging’ (mouvement Journée d’Eglise), un mouvement de renouveau spirituel a construit plusieurs centres de retraite. Ces maisons communes ‘Broederschapshuizen’ jouent un rôle important, à la fois pour les Mennonites et pour la société en général. Ils sont un aspect spécifique de l’identité mennonite. Récemment dans la maison d’Elspeet ‘Mennorode’ une nouvelle chapelle écologique a été construite. On trouve une autre forme de communauté dans les maisons appelées ‘Inloophuizen’ c’est à dire des maisons ouvertes où des personnes marginalisées ou sans-abri, des réfugiés sans papiers d’identité peuvent trouver un refuge paisible.

 

Orphelinats – centres d’accueil - et écoles

Pendant le 17ème siècle les Mennonites néerlandais ont fondé des orphelinats, construit des centres d’accueil pour de pauvres veuves et pratiqué d’autres formes d’aide aux démunis. Les plus grandes églises étaient particulièrement actives dans ce domaine. Comme les orphelinats mennonites étaient petits en général, on a pu accorder beaucoup d’attention aux orphelins. Après la deuxième Guerre Mondiale, le gouvernement a repris ces institutions. Dans plusieurs cas, la fondation d’origine existe toujours, au service des besoins et des activités de jeunes dans la société. Notre église à Haarlem avait deux écoles primaires, qui ont été rénovées au début du 20ème siècle pour les méthodes d’enseignement moderne. Elles ont fermé en 1958.

 

Maisons pour les personnes âgées.

Quelques églises ont toujours encore un ou plusieurs centres d’accueil. En plus, à partir des années 1930, des maisons modernes pour les personnes âgées ont été construites. Toutes ces maisons dépendent aujourd’hui des lois et des subventions du gouvernement ce qui a malheureusement  amené la perte de l’ancienne identité mennonite.

 

‘Maatschappij tot Nut van ‘t Algemeen’ (Société pour la propagation du bien-être public)

D’autres domaines du service social où les mennonites néerlandais ont été actifs sont l’enseignement public, l’amélioration de la santé publique dans les quartiers pauvres des grandes villes. La Société pour la propagation du bien-être public (‘Maatschappi tot Nut van’t Algemeen’) a été fondée en 1784 par des Mennonites et d’autres militants sociaux. En accord avec les idéaux des Lumières le but de ses antennes locales était l’éducation  du peuple et la diffusion de la bonne littérature. L’influence des Mennonites est petite aujourd’hui. Au le 19ème siècle, des Mennonites influents, surtout à Amsterdam ont été impliqués dans la création de bains publics et d’autres installations pour la classe ouvrière. Lorsque après la deuxième guerre mondiale les Pays-Bas sont devenus un état riche, l’influence de l’église à rapidement décliné. Cependant, il se pourrait que le rôle des églises, y compris mennonites, au service de la société devrait à  nouveau gagner en importance à l’avenir.

 

 

La paix à Berlin

Auteurs: Martina Basso/Marius van Hoogstraten
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Pour les Mennonites, la paix est au cœur de la théologie chrétienne. Mais selon le lieu et l’époque la paix peut avoir un sens différent. C’est pour cela que la VDM a réfléchi à la signification de la paix aujourd’hui et a rédigé une ‘Déclaration pour la paix juste’. Ce document développe les fondements théologiques de la paix et décrit dans une deuxième partie les champs d’action pour la paix et la non-violence. Une première étape a été la création du Centre Mennonite pour la Paix à Berlin.

 

Culture de paix

Notre travail s’appuie sur la déclaration du VDM.  Nos projets et les priorités de notre travail doivent démontrer de manière exemplaire comment peut naître une culture de la paix. A quoi ressemble une église de paix dans une grande ville multiculturelle comme Berlin ? La VDM a écrit dans sa déclaration: ‘La mission de paix ne se limite  pas à arrêter la violence, mais elle veut créer des structures qui contribuent à une paix juste et durable’.

 

Que signifie la paix, concrètement ?

Nous nous engageons pour la paix de différentes manières, en particulier par un travail de prévention par le sport (enseignement du karaté aux filles) ; nous créons des espaces pour des rencontres interculturelles et inter-religieuses. Nous collaborons avec des Mennonites au Zimbabwe, pour informer sur la situation politique au Zimbabwe et chercher ensemble des solutions.

Nous essayons de faire entendre le témoignage pour la paix au niveau social et politique. Entre autres, nous participons à des processus locaux et accompagnons le travail du chargé de mission des églises libres au siège du gouvernement. En même temps nous restons fidèles à la spiritualité de la paix juste. Nous sommes à la disposition des assemblées et des œuvres mennonites et cherchons le dialogue œcuménique.

 

Préoccupation sociale des Mennonites

Auteur: Martin Podobri
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Pourquoi y a-t-il tant d’églises différentes, alors qu’ils croient tous en un même Dieu? Une des raisons, c’est que l’expression de la religion a différents aspects.

 

Engagement social après la Deuxième guerre mondiale

La raison de la présence d’églises mennonites en Autriche, c’est que les mennonites se sentent concernés par un engagement social. Après la Deuxième guerre mondiale, il y eut en Autriche une grande famine. Chaque Autrichien a eu de la nourriture pour une valeur énergétique d’environ 6-800 calories (aujourd’hui la norme est de 2 000 calories), dont seuls 40% étaient produits en Autriche en 1946. Beaucoup d’organismes sociaux ont apporté de la nourriture. L’une était le Mennonite Central Committee (MCC) C’est ainsi que les mennonites sont arrivés en Autriche. Dans les années suivantes ils ont aussi crée des églises. Ce fut le début de l’église mennonite en Autriche.

 

Engagement social aujourd’hui

Après la fin de la guerre les alliés ont distribué entre autres des paquets-cadeaux aux enfants. Parmi eux se trouvait Gerda Gewessler. Aujourd’hui elle est coordinatrice de ‘Noël dans les boîtes à chaussures’ dans l’église mennonite de Linz. Elle est reconnaissante de pouvoir aujourd’hui offrir un cadeau de Noël aux enfants pauvres.

L’église mennonite de Linz est un des grands points de collecte pour  ‘Noël dans les boîtes à chaussures’ de l’opération ‘cadeaux de l’espoir’. En 2012 ils ont contrôlé environ 4 000 boîtes à chaussures.

 

Des membres de l’église mennonite de Wels ont noté la misère sociale et fondé l’association  ‘Manger et Vivre’. En peu de temps le travail s’est développé, si bien qu’aujourd’hui ils s’occupent de centaines de pauvres et sans-abri par semaine. De plus l’église est très engagée dans un travail pour les familles. Ce travail est dirigé par un couple de l’église et aide les familles en situation de crise. Les femmes qui ont besoin d’un hébergement d’urgence y trouvent à se loger.

 

Beaucoup d’enseignants font partie de l’église de Wiens. De là est venue l’idée de  mettre en place un soutien scolaire. Des enfants issus de l’immigration profitent de cette aide. De nombreux contacts personnels se développent à partir de cela.

 

Même si cinq églises avec 400 membres font partie de l’Alliance des mennonites en Autriche, ce ne sont que quelques exemples d’engagement social des Mennonites. On pourrait en citer beaucoup plus. Et c’est pour cela qu’il est bon que les Mennonites existent en Autriche!

 Charité publique

Auteur: Nataly Venger
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Les services sociaux mis en place par les mennonites étaient un exemple pour toute la société russe sur la manière de  résoudre les problèmes sociaux de manière civilisée. En organisant des services pour la réhabilitation des groupes sociaux sans protection, les Mennonites ont apporté de nouvelles normes de vie qui démontraient leur maturité ethnique, leur humanité et le statut économique de leurs communautés.

 

Au service de la communauté

Les Mennonites en Russie étaient un groupe ethnique et religieux  prospère sur le plan économique. Selon l’éthique mennonite, la richesse est vue comme une responsabilité. L’argent devait servir pour ‘faire’ des choses utiles. Le concept de charité avait un aspect social, lié à l’objectif d’être au service de la communauté. Les moyens financiers de la communauté étaient utilisés dans les institutions appelées ‘institutions de charité publique’ en Russie.

 

Ecoles, hôpitaux et maisons de retraite.

L’activité des institutions était en rapport avec la réhabilitation sociale des membres de la communauté qui avaient besoin du soutien de la communauté. Beaucoup de personnes étaient atteintes de maladies mentales à cause des nombreux de mariages consanguins chez les Mennonites. En 1914 quelques établissements importants avaient été crées. Il y avait: ‘L’école pour les sourds-muets’ à Tiege, l’hôpital ‘Béthania’ pour les malades mentaux et une maison de retraite. Le fonctionnement de ces institutions était assuré financièrement par les personnes les plus riches de la communauté. Comme ‘Béthania’, ‘l’Ecole pour sourds-muets’ était subventionnée à 50% par des dons de particuliers.

 

Donations

L’idée de l’hôpital ‘Béthania’ venait de l’assemblée de Ekatarinoslav, où on trouvait  les plus grandes des dynasties d’industriels et de personnalités (les Thiessen, Toews, Fast, Ezau et Bergman). Une fondation fut créée pour démarrer le projet. Les dons étaient anonymes, et le fonds pour l’hôpital atteignit rapidement  262 000 roubles. La prise en charge était gratuite pour les personnes  dans le besoin.

 

Mennonites et (non) Mennonites

L’hôpital se trouvait à Alt- Kronsweide (Chortytza). Il ouvrit en mars 1911, et en décembre 1912 il avait soigné 53 patients. Bien que la plupart des patients étaient mennonites, on acceptait les personnes d’autres ethnies. ‘Béthania’ était géré par un Conseil, dirigé par les célèbres entrepreneurs J.Suderman et J. Lepp. Le fonds atteignit 93 514 roubles et le budget s’élevait à 37 956 roubles en 1911-1913. des soins pour un patient revenaient à 300 roubles par an. 15 patients bénéficiaient de soins gratuits. Un autre bâtiment médical avec une blanchisserie et un chaudron à vapeur furent construits en 1915.

 

Photo: John A. Lapp, C. Arnold Snyder eds.: Testing Faith and Tradition. A Global Mennonite History: Europe. (Good Books, PA, 2006).

Société: Oeuvres Sociales – Association Compassion en Action Aumônerie hospitalière

Auteurs: Jean-Paul Herzog,
Mireille Peterschmitt et Sara Herzog 

Chaque semaine, Fabienne à Strasbourg et Odile à Sélestat, franchissent plusieurs fois la porte d’une clinique ou d’un hôpital. Elles vont à la rencontre et à l’écoute de patients, de familles, de soignants qui seront sur leur chemin.

Dans ce lieu tout à la fois de souffrances et de soins, de peine et de joie, de vie et de mort, Fabienne et Odile sont aumôniers hospitaliers.

Leur présence est l’expression d’une communauté de foi qui veut rejoindre ceux que la souffrance isole : que ce soit dans une visite unique ou dans un accompagnement de longue durée. Leur présence se veut aussi signe d’une autre Présence, celle du Seigneur Jésus-Christ. Présence qu’elles expérimentent aussi dans le quotidien de leur service de témoin.

 

Une manière d’être présent

Dans le microcosme de la société qu’est l’hôpital, nos aumôniers sont présents dans la complémentarité avec les autres acteurs hospitaliers, animés du désir de prendre soin de l’être humain dans son entier. Dans notre société sécularisée, l’aumônier doit s’investir pour rendre visible et lisible sa présence et sa mission dans l’établissement de soins où il sert. Nous ne sommes plus au temps où il allait de soi qu’il y ait des aumôniers dans l’hôpital.

Lieu où se rencontrent les différentes populations et cultures présentes dans notre société, l’hôpital est aussi le lieu de rencontre et de contact entre différentes confessions et religions. C’est un lieu où l’on peut apprendre à mieux se connaître et à vivre mieux ensemble. La présence auprès du patient peut être très différente d’une culture à l’autre.

L’hôpital est également, enfin, le lieu de nombreux questionnements éthiques. Sans parler des tensions présentes aujourd’hui dans le monde de la santé entre les dimensions humaines, techniques et économiques. Les aumôniers peuvent apporter leur contribution propre à la réflexion éthique et être le relais de ce questionnement hors des murs de l’hôpital.

Voilà de quoi remplir les deux mains de nos aumôniers.

 

C’est dans ce contexte que depuis 23 ans, en collaboration avec le service d’aumônerie hospitalière des Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), notre association qui se veut une expression de Compassion en Action envoie, accompagne et soutient des aumôniers, ainsi que plusieurs visiteurs bénévoles.

Notre petite association est l’émanation de la fraternité mennonite locale et plus particulièrement de l’assemblée de Strasbourg, auxquelles sont venues se joindre des assemblées évangéliques voisines.

Dans la reconnaissance à Dieu pour sa fidélité et avec Son aide, l’aventure de la foi et du service fraternel se poursuit.

 

De la compassion individuelle, à la compassion organisée

Auteur: Frédéric de Coninck

Il est assez étrange de constater que beaucoup de personnes en faveur de gestes individuels de compassion à l’égard de leurs prochains en difficulté, sont sur la réserve dès que l’on parle de structures chargées de s’occuper desdits prochains.

Dans le cadre des églises mennonites de France

Auteur: Théo Hege

Les œuvres sociales mennonites ont été  générées  par l’importante action sociale du Mennonite Central Comittee (MCC) en France  qui a commencé pendant la deuxième Guerre Mondiale.

 

Aide et Accueil des hanicapés

En 1945–1946  ses responsables ont motivé les assemblées mennonites à s’engager dans le service  auprès du prochain. Cette démarche a permis de poursuivre l’œuvre commencée  au-delà du  retrait du MCC grâce à la création de ‘l’Association Fraternelle Mennonite’ et ‘l’Association du Mont des Oiseaux’. Les acquisitions  de la propriété de Valdoie  pour en faire un établissement pour enfants à Valdoie près de Belfort en 1950 et, l’année suivante par l’acquisition d’une seconde maison d’enfant au Mont des Oiseaux près de Wissembourg.

A présent  l’association ‘Association Fraternelle Mennonite’ a confié la gestion de ses œuvres à l’association ‘Servir’.  Elles  gèrent  deux établissements pour personnes âgées médicalisées  et deux établissements  pour enfants en difficultés sociales.  Le Mont des Oiseaux s’est réorienté vers l’accueil d’enfants  et d’adultes ayant un handicap psychique ou mental.

 

Par ailleurs, l’action missionnaire mennonite américaine, relayée par l’association ‘Mission Mennonite Française’  a débuté  vers 1953 à Châtenay-Malabry, et a développé  une assemblée mennonite. Parallèlement, elle a accueilli  une initiative personnelle pour l’accueil d’enfants handicapés mentaux.

La croissance conjointe  de ce service diaconal  et de l’évangélisation ne s’est pas faite sans difficultés. L’association  ‘Les Amis de l’Atelier’ a été créée en 1961  puis s’est  transformée en fondation en 2011.

La ‘Mission Mennonite Française’,  a initié en 1966  la création  d’un centre d’aide par le travail avec hébergement.  Aujourd’hui, l’association a changé de nom et s’appelle: ‘Association des Etablissements du Domaine Emmanuel’ ( AEDE) 

L’ensemble des établissements et services  ci-dessus  se résume en ces quelques chiffres: 91 établissements et services, 4.188 personnes  bénéficiaires,   2.633  salariés. Leur financement est essentiellement public.

 

Etudiants étrangers et français, accueil d’urgence

Par ailleurs la Mission Mennonite Française avait ouvert un foyer d’Accueil pour étudiants étrangers en 1976. Il a fonctionné jusqu’en  1998.

L’assemblée mennonite de Montbéliard  a ouvert en 1996  une petite structure  d’hébergement d’urgence  d’une capacité de 12 studios.  C’est la Maison d’Accueil de la Prairie.

 

En 1977, lors de l’achat de l’immeuble devant  accueillir la jeune assemblée mennonite de Strasbourg, un petit foyer d’étudiants  a pu démarrer  avec  sept  chambres. A ce jour il fonctionne  avec 14 chambres et 9 studios.

 

 

Engagement pour les personnes en situation de handicap

Auteur: André Hege

4000 personnes accueillies ou accompagnées, 70 établissements et services, c’est le rayonnement commun à 2 organisations en région parisienne. La première, la Fondation ‘les Amis de l’Atelier’ et la seconde, l’Association des Etablissements du Domaine Emmanuel (AEDE),  sont en effet intimement liées à l’histoire de la Mission  Mennonite Française.

 

Histoire

Leur action est née, dans les années 1950, d’une relation d’amitié avec une famille ayant un enfant handicapé. Il fallait faire quelque chose et c’est un petit bâtiment préfabriqué sans eau, sans électricité qui a permis de rassembler un groupe d’enfants. Cette première initiative a été prolongée par la création d’un premier Centre d’Aide par le Travail à Chatenay-Malabry, puis  d’un second doté d’un  hébergement dans la campagne à l’est de Paris, à Hautefeuille.

 

De fil en aiguille, avec le financement des pouvoirs publics, cette action s’est développée. Elle s’est professionnalisée, a cherché à mieux cerner et à mieux individualiser les besoins des personnes. Les formes d’hébergement ont été diversifiées pour permettre un parcours progressif d’intégration. Logiquement, on a créé des services d’accompagnement à domicile pour donner aux personnes suffisamment autonomes la possibilité de vivre chez soi.

 

Les deux œuvres ont créé des établissements dont le rythme de vie était mieux adapté au vieillissement des personnes handicapées. L’AEDE a plus particulièrement créé des structures prenant en compte le handicap psychique, consécutif à la maladie mentale.

Une partie des foyers est désormais médicalisée pour accueillir dans les meilleures conditions les personnes nécessitant des soins plus importants. L’AEDE et la Fondation les Amis de l’Atelier surtout, ont ouvert des Maisons d’Accueil Spécialisées recevant des personnes lourdement handicapées. Les deux organisations gèrent également des Instituts Médico-Educatifs accueillant notamment des enfants porteurs d’autisme.

 

Amour fraternel: un autre regard

A travers ces dispositifs, c’est un message de considération et de respect, que nous transmettons aux personnes en situation de handicap.

Nous voulons considérer, respecter la capacité de chacun à être au maximum acteur de sa vie, en mettant à sa disposition le soutien et l’aide nécessaires. Il s’agit de permettre à ceux qui le peuvent de vivre et travailler dans le milieu ordinaire. Il s’agit aussi de diminuer l’isolement de chacun en lui permettant de trouver un lieu d’appartenance, un endroit pour vivre et pour travailler.

 

Nous pensons que l’amour du prochain se construit et se vit jour après jour et implique l’acceptation de la diversité des idées. Notre savoir-faire doit aussi être actualisé et alimenté par une pratique mettant en œuvre adaptation et créativité.

 

Liens sites web :

http://www.fondation-amisdelatelier.org/

http://www.aede.fr/

 

Accueil et accompagnement dans l’église

Auteurs: Madeleine et Bernard Huck

Encouragée par une de mes amies, je viens un dimanche assister au culte dans cette assemblée mennonite. Je suis africaine, je ne connais que peu de personnes et je vis une situation familiale difficile. Mon mari n’a pas de travail stable et cela le met parfois sur les nerfs. J’ai cinq enfants, la dernière est encore très petite. Et les plus grands de mes fils me causent bien des soucis.

 

Très vite dans l’Église nous l’avons aimée et nous avons partagé ses fardeaux. Nous lui avons donné un travail rémunéré qui consiste  en l’entretien des locaux. La vie chez elle n’est pas simple, le mari est violent et comme elle a la clé de l’Eglise, elle fuit parfois son domicile et passe la nuit, nous l’avons appris plus tard, sur la moquette de l’Eglise. ‘Là au moins je suis en paix’ dira-t-elle.

Nous avons pris sa dernière fille à la maison pour quelques temps lors d’un de ses voyages pour revoir sa famille.

 

Elle est assidue au culte et fréquente le groupe de dames qui médite un livre de la Bible après l’autre. Elle boit la Parole qui agit dans son cœur et la grâce de Dieu la transforme peu à peu.

 

Dans sa famille cela va mieux mais une fois, la police même à dû intervenir et

menacer le mari, qui ensuite s’est calmé pour de bon.

Elle est une femme toute simple, mais  elle gagne à être connue. Lorsque quelqu’un est malade elle s’en inquiète, elle sait choisir les versets qui parlent au cœur. Elle téléphonera, prendra des nouvelles.

 

Notre communauté l’a nommée diacre et elle remplit bien son rôle. Elle dit de moi que je suis ‘sa sœur de cœur’ et c’est aussi ce qu’elle est pour moi.

Une amie de passage qui la connait bien, m’a confié  que dimanche dernier, lorsque la cène a été distribuée et que cette soeur s’est approchée pour lui donner le pain et le vin, elle en était profondément émue.  A Dieu seul la gloire !

 

Ce témoignage pourrait faire penser qu’accueillir, intégrer, accompagner et faire grandir tout au long des années relève du grand art. En fait, c’est très simple. Il faut avoir le cœur rempli de compassion. Une compassion qui n’est pas de la pitié, mais de l’amour. Quelque chose de naturel, qui va de soi, qui ne pose pas de questions. Mais surtout, il y a la puissance de Dieu, le ‘réparateur des brèches’, celui qui relève et qui rapproche. Le Père qui fait que ses enfants, si différents les uns des autres, puissent s’accueillir, se rapprocher, se comprendre et s’aimer.

 

 

La Maisond’accueil de la Prairie (MAP) à Montbéliard

Auteur: Daniel Widmer 

L’agglomération de Montbéliardcomprend, à Sochaux, ce qui étaitil y a encore peu de temps la plus grandeusinefrançaise : Automobiles Peugeot, avec plus de 40 000 employésil y a 40 ans, maisseulementmoins de 11 000 actuellement. Le chômage frappe fort, et beaucoup de gens sontdansune situation précaire.

Face à la détresse de beaucoup, l’assembléemennonite de Montbéliard, à l’instigation surtout d’Etienne Klopfenstein, a eu à cœur de leurvenir en aide, d’abord par des bénévoles qui passaient la nuit avec des SDF dans un foyer de la régionouaidaientl’Armée du Salut à offrir un repaschaud à midi.

 

Créer un Centre

Maiscette aide semblaviteinsuffisante, et l’idéegerma de créernotrepropre foyer pour accueillir les personnes sans logement et parfois sans travail. A ceteffet, uneanciennelaiteriefutachetée en 1994 et complètementréhabilitée (grâce au travail de plusieursmembres en plus des entreprises). Cettemaisond’accueilsituéedans le quartier de la Prairie (non loin de l’église du même nom) ouvritsesportes en 1996, offrant à 26 personnes un logementprovisoire en studios de 2 places. Unemaîtresse de maisonassuraituneprésencepermanente, et uneresponsables’occupait des démarches avec l’aide des travailleurssociaux pour aider les résidents à trouverunemeilleure solution de logement au bout de 6 mois en principe.

Parallèlement, un accueil de jour ouvritdans la grandesalle, animétous les jours de 14h à 17h sauf le week-end par des bénévoles qui apportaient des gâteaux et offraient le café aux résidents en les écoutantpartagerleursproblèmes. Ce service existetoujoursaujourd’hui. Le CA, quant à lui, futprésidédès le début par Etienne Klopfenstein, jusqu’àsa mort en 2012.

 

Témoignage

Laissonsparler un ancienrésident, Lionel, devenudepuis par le baptêmemembre de l’assemblée de la Prairie:

 

J’aiquitté le domicile parental à l’âge de 18 ans, je voulais vivre ma vie. J’aidonctrouvé un petit boulot, tout allaitbien au début. Mais suite à de mauvaisesfréquentations, je suistombédans la drogue […] ; j’ai perdu mon travail, et me suisretrouvé à la rue pendant trois ans. […] J’aiétébienaccueilli par les deuxpersonnes qui gèrent au quotidiencetteMaisond’accueil ; un évangilem’aétéremis […]. Unebénévole qui visite les résidentsunefois par semainem’aenseignésurDieu ; par la lecture de la Bible aussi, j’airéaliséqu’il y avaitune solution à la précarité de ma vie. Dieum’aimaittelquej’étais : c’était un bouleversement pour moi.

 

Objectifs, exemples concrets

Auteur: Sylvia Shirk

La Caisse de Secours est depuis sa fondation en 1977, le bras secourable des Mennonites de France auprès des personnes dont la situation de détresse momentanée ou plus durable est parvenue à notre connaissance.

 

Syrie

L’année 2013 a été marquée par une nouvelle action pour la Syrie. Dans un courriel du 10 septembre, Sarah ADAMS, la représentante de MCC Liban remercie les mennonites français et suisses pour leur merveilleux et continuel soutien et pour les  prières pour le peuple syrien.  Les trousses ont été réceptionnées et distribuées par .. une grande variété d’églises qui sont au service des personnes déplacées forcées de quitter leur maison…

 

Depuis le début du conflit, plus de 3500 trousses d’hygiène, 200 couvertures et une somme de 15.000 € ont été acheminés en  2 conteneurs jusqu’en Jordanie et en Syrie. En 2013, les mennonites suisses se sont joints pour remplir le conteneur avec des seaux. Ces sommes viennent de dons individuels. Le cout de l’acheminement des conteneurs (env 8.500 €) a été couvert par les collectes à l’occasion des concerts d’un groupe de jeunes artistes  d’une église, les ‘Lightclubberz’. Une assemblée du Nord de l’Alsace comme l’an passé a assuré le tri, le reconditionnement et l’expédition de la partie française.

 

Afghanistan

Depuis ses débuts, la Caisse de secours propose à la période de Noël une action en faveur de détresse plus chronique mais pas moins déchirante. Cette année, un projet d’école en faveur des femmes et des enfants Hazaras d’Afghanistan a retenu notre attention. Fondée il y a dix ans par des ressortissants d’une de nos églises, LE PELICAN a déjà créé à Kaboul depuis 2003 un premier centre d’accueil de jour pour les enfants Hazaras. Le projet a vite grandi (plus de 200 enfants) et s’est élargi à une autre centaine de femmes et jeunes filles (leçons d’alphabétisation et de couture), ainsi qu’à une formation professionnelle en boulangerie et en petite restauration et un cours de langage des Signes il y a 2 ans. EN 2007, la Caisse de Secours a permis l’acquisition du matériel pour la boulangerie.

 

7 ans plus tard, les dons aideront contribueront à  créer une école 200 km à l’Est, à Bamiyan un projet sur le même modèle que celui de Kaboul.

En Novembre, Jacques co fondateur du PELICAN est décédé d’un cancer foudroyant. Mais Ariane ne baisse pas les bras. Voici son témoignage:

 

J’ai compris que le PELICAN devait se poser sur ce plateau où il n’y a rien d’autre qu’une population pauvre, sans ressource aucune: pas d’école, pas de commerce, pas de dispensaire, pas d’électricité, pas d’eau… Ils manquent de tout. Alors ce sera facile de les aider!