Religion

‘… Liberté de la foi chrétienne…’

Auteur: Alfred R. van Wijk
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Les mennonites pratiquent le baptême sur la base d’une confession de foi écrite personnellement. A cause de cela, leur éducation religieuse prend plus de temps, elle est proposée aux enfants et aux  jeunes adultes qui se préparent au baptême.

 

Pas de doctrines établies

Actuellement beaucoup d’églises proposent une école de dimanche aux enfants d’âge préscolaire. C’est une leçon à thème et de petits rituels avec des livres d’images contenant différents thèmes. Corien van Ark a développé une méthode appelée ‘Rejoins le cercle’ (Kom in de kring). Pour des adultes se préparant au baptême il y a des réunions de catéchisme, utilisant souvent une méthode éditée par Gerke van Hiele, ‘Touché par l’Eternel’ (Aangeraakt door de Eeuwige). L’objectif de cette méthode n’est pas de transmettre une doctrine écrite. Au contraire, à chaque rencontre, une série de passages bibliques, de cantiques, de sujets de discussion, d’activités créatives et un ensemble de questions sont proposés pour un travail en groupe. A part cela, il y a une formation courte pour ceux qui ont 18 ans et plus pour les préparer à être des prédicateurs laïcs pendant les cultes.

 

Une foi basée sur l’expérience

Les méthodes de Corien van Ark et de Gerke van Hiele ont pour but d’édifier une foi basée sur l’expérience. Dans les années après la guerre les personnes en charge de l’éducation à la foi, en particulier des femmes, ont  réuni du matériel. Elles ont produit des livres pour enfants avec des histoires, un temps fort, et des histoires à réfléchir, en même temps qu’un manuel pour les parents.

 

Passer de la connaissance à une foi personnelle

Ce n’est que depuis la fin du  17ème siècle que les parents demandent à l’église de prendre en charge l’éducation à la foi. Avant, on pensait que c’était le travail des parents. Le matériel d’enseignement contenait une doctrine à apprendre par cœur qui mettait l’accent sur les vertus et la connaissance biblique. Au 18ème siècle le temps des Lumière a doucement pris plus d’influence dans l’éducation à la foi. Les mennonites ont eu une position importante dans cette direction  parce que leur matériel d’études avait déjà inclus le rapport entre les sciences naturelles et le fait de connaître Dieu. Pendant le siècle suivant, le modernisme qui s’est développé sous l’influence de la critique académique de la Bible a orienté le catéchisme dans une direction plus libérale. Ce libéralisme qui promeut une foi basée sur l’expérience personnelle et une interprétation individuelle de la foi marque aujourd’hui l’éducation à la foi.

 

Référence: Gerke van Hiele, Encoutering the Eternal One: quide for Mennonite Churches (Pandora Press, Canada).

 

 

Théologie scientifique et Formation à la paix

Auteur: Fernando Enns
Trad.: 
Louise Nussbaumer

En 2006, ‘l’Institut de théologie des églises de paix’ (ATF), le premier institut scientifique pour la théologie mennonite,  a été mis en place à l’université de Hambourg. Jusque là, les étudiants en théologie mennonites qui se préparaient au ministère de pasteur ou d’enseignant devaient se former dans des instituts mennonites aux Pays-Bas ou aux E.U. s’ils voulaient compléter leurs études par l’histoire ou la théologie depuis une perspective mennonite.

 

La théologie de la paix

L’apport particulier des Mennonites au dialogue international œcuménique est leur théologie de la paix, basée sur la non-violence. Comme certains anabaptistes du 16ème siècle l’avaient mis en lumière, la foi chrétienne se caractérise par un engagement actif pour la justice, la paix et la sauvegarde de la création. Ce qui  a des conséquences sur l’art et la manière de faire de la théologie tout comme sur le contenu même de la théologie. En tant que théologie de la paix elle se retrouve tout naturellement dans les relations oecuméniques avec d’autres églises, traditions et cultures et s’implique dans le dialogue inter-religieux. C’est pour cela que la ATF travaille étroitement avec l’Académie de la mission et l’Académie des religions du monde à l’université de Hambourg.

 

Formation à la paix dans le sens le plus large

La théologie de la paix ne peut pas se limiter à la théologie en interne. Si on comprend globalement la violence comme directe (venant de personnes individuelles), indirecte (venant de systèmes politiques et économiques) et culturelle (différentes sortes de discrimination), alors la recherche d’une libération de cette violence doit se faire de manière globale. L’ATF a participé très  tôt à la création d’un ‘groupe de travail interdisciplinaire pour la paix’ où collaborent des scientifiques de différentes disciplines. Nous avons mis en place un programme propre pour la formation à la paix des étudiants dans toutes les matières, où est évident le lien avec la théologie et la religion. Depuis 2011 on propose également une formation de médiateur en accompagnement des études. Dans le mennoFORUM qui a lieu régulièrement, on a crée en plus une plate-forme pour débattre de sujets actuels avec des personnalités issues du monde politique, économique, culturel et religieux. Dans plusieurs publications provenant du travail de recherche de l’ATF il apparaît que la théologie de la paix et la formation à la paix deviennent des partenaires compétents dans le discours scientifique et sociétal.

 

 

 

 

Ecole du dimanche, groupes scouts, groupes d’éveil à la foi et séminaires

Auteur: Beate Zipperer
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Enfants

On raconte les histoires bibliques aux enfants non seulement en famille, mais aussi le dimanche. Pendant que les adultes célèbrent le culte, dans beaucoup d’assemblées, les plus jeunes se retrouvent avec  un ou plusieurs moniteurs pour un culte pour enfants. Parfois cela s’appelle encore ‘Ecole du dimanche’. Il n’y a pas de notes, les enfants ne sont pas évalués sur leur savoir mais ils apprennent à connaître Jésus-Christ et s’entraînent ensemble à apprendre comment on pourrait et devrait vivre en disciple. Les enfants échangent leurs réflexions et leur ressenti sur ce qu’ils ont entendu, posent des questions et discutent. Ils prient et chantent, ils font des bricolages et des jeux.

Dans notre assemblée, l’église évangélique mennonite libre d’Ingolstadt e.V. les enfants rejoignent les adultes au début du culte et vont ensuite poursuivre leurs propres activités. Ils se retrouvent par âge en quatre groupes, pour écouter les histoires de la Bible et /ou discuter de sujets en lien avec la foi.

Dans certaines assemblées on propose des semaines bibliques pour les enfants où on peut approfondir ses propres connaissances bibliques, inviter des amis de l’école ou des connaissances, pour entrer en discussion sur la foi en Jésus. Dans quelques assemblées on trouve des groupes de Royal Rangers, des scouts chrétiens.

 

Pour jeunes et jeunes adultes

Le traditionnel catéchisme s’appelle maintenant dans beaucoup d’assemblées enseignement ou enseignement d’église ou enseignement biblique. Cette offre faite aux jeunes n’aboutit pas automatiquement au baptême, c’est une possibilité de se confronter avec les fondements de la foi chrétienne, d’éclairer l’arrière-plan historique du mouvement anabaptiste, mais aussi d’aborder sa propre vie de foi.

En plus des offres de formation dans l’assemblée on trouve en Allemagne du Sud le ‘Jugendwerk Süddeutscher Mennoniten e.V., juwe’ qui organise et met en œuvre des camps, des formations, des cours bibliques et de la formation continue pour les enfants et les jeunes.

 

Pour adultes

Des offres de séminaires pour tous les âges (retraites pour seniors, camps famille, cours bibliques et formation continue pour tous) élargissent et enrichissent les offres de formation dans les assemblées mennonites du Sud de l’Allemagne. Ces formations ont lieu soit dans les assemblées ou dans différents lieux de rencontres. Une possibilité bien reconnue est le Séminaire théologique du Bienenberg en Suisse, où l’on peut aussi faire des études.

 

 Les Mennonites russes et leur système d’éducation

Auteur: Svietlana Bobileva
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Dans la vie des colonies mennonites l’école et l’instruction tenaient une grande place. L’école produit le savoir, mais c’est aussi un moyen de préserver la foi. Les anciens étaient responsables de l’éducation. Les enfants d’âge scolaire étaient tenus d’aller à l’école et les assemblées en avaient le contrôle.

 

Lire, écrire et compter

L’éducation mennonite a passé par différentes étapes de développement. La première étape (fin 1800-1820) était déterminée par des difficultés financières. A cette époque les seuls objectifs de l’instruction étaient d’apprendre aux enfants à lire, écrire et compter. La deuxième étape se mit en place pendant le deuxième quart du 19ème siècle. Elle était définie par les activités de Johann Cornies qui a crée l’Ecole centrale de formation d’enseignants de quatre classes à Orlovo et ensuite dans les colonies de  Halbstadt et Chortitze. En 1843 on lui confia l’organisation des écoles mennonites. Il a diminué la prédominance des prédicateurs, a mis en place une réforme des écoles et un soutien financier. Cornies introduisit des conférences d’enseignants et fonda le Club de lecture de Gnadenfels et une bibliothèque.

 

Enseigner le russe: la russification

En 1866 le Guardian Comité introduisit le russe comme langue enseignée dans les écoles mennonites. Plus tard, d’après les lois de 1890-1892, les écoles ethniques furent placées sous la direction du ministre de l’éducation nationale. Chaque école eut un enseignant pour le russe. L’état s’est servi de la politique de la langue pour la russification. En 1889, pour avoir plus d’enseignants qualifiés en russe, on mit en place une formation de deux ans à Chortitza.

 

Influences extérieures dans l’enseignement

En avril 1905 la liberté de conscience a été proclamée dans l’empire. Quelques écoles mennonites ont été réorganisées, et de nouvelles furent créées. Après la guerre civile (1920) le processus de renouveau ethnique a continué  mais de manière  controversée. L’Institut Pédagogique d’Odessa a été mis en place pour former les enseignants des écoles ethniques, y compris les écoles mennonites. Cependant la propagande antireligieuse s’intensifiait du côté du pouvoir soviétique. L’état athée a diffusé son idéologie parmi les étudiants et les adultes. Les organisations communistes des Pionniers et des Komzomol furent mises en place. Elles étaient censées influencer la jeune génération. Mais ces organisations se révélèrent incapables d’accomplir leur mission.

 

Lorsque les fascistes arrivèrent au pouvoir en Allemagne les églises mennonites germanophones ont connu l’oppression par le NKVD (Commissariat des Affaires Intérieures). L’institut des professeurs et des enseignants d’Odessa fut accusé de coopération avec les Nazis.

Le Lavement des pieds

Auteur: Geja Laan
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Le rite du lavement des pieds n’a jamais été pratiqué dans les églises mennonites où j’ai travaillé, mais je sais que dans le fraternité mondiale, cela peut être le cas. Et je sais que pendant des centenaires ce rite a fait partie de la vie de foi et d’église pour plusieurs Mennonites. D’après les discussions que j’ai eues avec plusieurs frères et sœurs, j’ai compris que le lavement des pieds met les gens mal à l’aise.

 

Emouvant

Pourtant, j’aime beaucoup lire  le texte de Jean 13:1-20 le Jeudi Saint quand nous célébrons la Sainte Cène. C’est l’histoire qui nous raconte comment Jésus lave les pieds de ses disciples, pendant qu’il partage son dernier repas avec eux. Ce texte m’a toujours beaucoup parlé et m’a ému parce que, pour moi, il explique ce qui est important pour Dieu et pour Jésus: une attitude empreinte d’amour dans la vie, être serviteur et non maître.

 

Un nouveau départ

Lorsque l’évangéliste Jean nous dit que Jésus ôte son vêtement pendant le repas, il me semble que Jésus de dépouille aussi l’apparence du statut qu’il pourrait avoir. Jésus n’attache pas d’importance à son propre statut mais à ce qui aide les autres. Dans l’histoire, il porte uniquement un vêtement en lin et sans plus, il s’assoit par terre pour laver les pieds de ses disciples, les laver littéralement, mais aussi symboliquement de toute la saleté  de leurs pieds. Il se livre complètement à cette tâche : les rafraîchir pour leur permettre un nouveau départ. Il voulait vraiment le meilleur pour eux.

 

Subordination : un choix

Lorsqu’on est obligé de laver les pieds de quelqu’un, c’est une sorte d’esclavage. Trop souvent, surtout les femmes ont été forcées à être des servantes et de faire des choses contre leur volonté, ce qui est vraiment une situation difficile à accepter. Mais si on choisit d’être le serviteur de quelqu’un, c’est une forme d’amour, qui rayonne d’amour, de paix et de beauté divine. Aucun maître dans ce monde n’aura jamais ce rayonnement et cette beauté.

 

Œcuménisme – pour la justice, la paix et la sauvegarde de la création

Auteur: Fernando Enns
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Depuis le début du mouvement œcuménique au 20ème  siècle, il est important pour les Mennonites d’avoir de  bonnes relations avec les autres églises. Les Mennonites ont participé à la création du Conseil Œcuménique des Eglises (COE) qui comprend aujourd’hui 350 églises avec 550 millions de membres.

 

Selon la volonté de Dieu il ne doit pas y avoir de guerre

Le COE a été fondé après les expériences terribles de deux guerres mondiales. Les églises ont reconnu leur échec, et en particulier, les églises d’Allemagne ont confessé leur faute. L’assemblée constitutive du COE a retenu comme décisive la phrase: ‘Selon la volonté de Dieu il ne doit pas y avoir de guerre’. Dès le début les autres églises ont porté un grand intérêt à la théologie des ‘églises historiquement pacifistes’. Au fil des années les Mennonites ont expliqué leur position, ils ont rencontré de l’ouverture mais aussi du scepticisme.

 

La décennie pour vaincre la violence

Lors de la 8ème Assemblée générale du COE au Zimbabwe (1988), un délégué mennonite a initié la ‘Décennie pour vaincre la violence. Les églises pour la paix et la réconciliation’. La proposition a été retenue avec enthousiasme. La recherche de moyens pour vaincre la violence se déplaça au coeur du mouvement œcuménique par des réflexions théologiques, éthiques, et des applications pratiques. Les mennonites devaient relever le défi  et clarifier à nouveau leur position vis-à-vis de la paix et de la violence pour l’exposer aux autres chrétiens et chrétiennes de manière convaincante. A Berlin fut créé le Centre Mennonite pour la Paix, et une déclaration détaillée pour la paix juste a été élaborée.

 

Un chemin vers la paix juste

Sans la décennie pour vaincre la violence l’assemblée générale suivante du COE (Corée du Sud 2013) n’aurait probablement pas décidé le nouveau et vaste programme pour les prochaines années: ‘Un chemin de  la justice et de la paix’. Il s’agit d’examiner de manière encore plus profonde les racines spirituelles et les sources de la foi chrétienne pour donner forme à un monde juste et pacifique. Il faut ouvrir les chrétiens à une dimension de leur foi qui forme à l’engagement actif dans la vie politique et sociale. Une telle spiritualité vécue ne conduit pas à fuir les responsabilités dans le monde, mais elle croit à la puissance transformatrice de l’Evangile.

 

 

S’attendre à l’action du Saint-Esprit

Auteur: Beate Zipperer
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Un culte mennonite a rarement une forme liturgique fixe. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de structure ou de ordre. Cela signifie que l’assemblée s’attend à l’œuvre du Saint-Esprit. La vie et les pratiques d’une église sont aussi différentes que les personnes qui la forment. Il y a des communautés qui ont clairement un caractère charismatiques et d’autres sont plutôt piétistes.

 

Le culte

Il y a différentes formes de culte, de formes de prières et de styles musicaux. Les différences de culture, de tradition et la personnalité de léglise influencent la spiritualité tout comme elles donnent forme au culte. Mais on ne peut nier que la prière commune et la musique sont au coeur des rassemblements d’église et des cultes. La manière la plus simple de montrer le modèle de notre culte est de le diviser en trois parties.

 

Communion avec Dieu

Se placer consciemment dans la communion avec Dieu pour le louer et le remercier. C’est le début du culte : accueillir l’assemblée pour la célébration, prier et chanter ensemble et encore lire un texte, ou donner un témoignage mettent l’assemblée en présence de Dieu.

 

Proclamation

Nous écoutons Dieu et le laissons parler. Dans cette partie des prédicateurs désignés (théologiens ou laïcs) interprètent la parole de Dieu.

 

Communion fraternelle

Prendre part à la vie des uns et des  autres et à ce qui se passe autour de nous.

Dans cette partie du culte, on célèbre ensemble la Cène et des bénédictions, on partage les expériences, les témoignages de ce que Dieu a fait,  et on échange des informations concernant l’assemblée et au-delà. Cette partie clôt d’habitude le culte du dimanche.

 

Vivre la communion –grandir dans la foi – vivre la foi

‘Il faut entretenir la vigueur du corps pour conserver celle de l'esprit ‘ (Vauvenargues). Ce proverbe ne compte pas seulement pour les individus pour la communauté. C’est pour cela que dans beaucoup d’assemblées on a l’habitude de manger ensemble. Après le culte on invite pour le café et le gâteau. Pour certaines fêtes comme par exemple des baptêmes, pous des réunions d’églises, la fête des moissons ou encore en petits groupes, groupes de maisons, après-midi senior, la chorale, la fanfare, le groupe de théâtre etc.

 

Grandir et vivre dans la foi  au quotidien s’apprennent dans le partage d’expériences avec des frères et sœurs.

 Eglise des Frères Mennonites

Auteur: Nataly Venger
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Les communautés mennonites dans l’Empire russe formaient un système social dynamique. La modernisation qui a entraîné des changements dans les assemblées a créé un fossé dans leur manière de voir la foi et les a convaincus de mettre à jour les règles de leur vie d’assemblée. Parallèlement au changement économique et social, les colonies mennonites russes ont subi une ‘réforme’ qui a abouti à une compréhension plus réfléchie de la justice.

 

Schismes

Au milieu du 19ème siècle environ, la moitié des familles mennonites ne possédaient pas de terre. Ils étaient empêchés  de participer au gouvernement autonome, mais avaient des obligations comme les autres propriétaires. Parmi ceux qui ne possédaient pas de terres, quelques-uns travaillaient dans d’autres secteurs professionnels et souhaitaient obtenir les mêmes droits. Leurs protestations amenèrent de nouveaux schismes dans les colonies et dans l’église des Frères Mennonites dans les années 1850. Ce mouvement  réunit les piétistes, les membres de jeunes églises et des entrepreneurs (qui représentaient la majorité de la nouvelle église).  L’église des Frères Mennonites a proclamé son existence pour la première fois en janvier 1860 sur la base de critiques à l’égard des croyances d’autrefois. Le mouvement des Frères Mennonites avait donc un caractère de contestation.

 

Influence et travail missionnaire

Le mouvement des Frères Mennonites devint rapidement populaire parmi ceux qu’on appelait les Nouveaux Mennonites, ouverts aux nouveautés. La première Conférence des Frères Mennonites eut lieu en 1872. Une confession de foi fut rédigée en1873. Leurs colonies se trouvaient à Kuban, Zagradovka et à Mariupol. L’église avait des activités missionnaires et leur journal était la  ‘Friedensstimme’ (Voix de la Paix).

 

‘Histoire de la Fraternité Mennonite’ en Russie, de Friezen (1789-1911)

En 1855 les Frères Mennonites ont célébré le 25ème anniversaire de leur église, qui à ce moment comprenait 7 colonies et 1800 membres. Pendant cette année, on demanda à l’un des responsables de la colonie, P.M.Friezen, d’écrire l’histoire des assemblées des Frères. Son livre a été publié en 1911, il présente l’histoire des colonies mennonites dans son ensemble. Vers 1917 le mouvement des Frères Mennonites comptait 40 assemblées avec 7000 membres.

 

Unis pour garder leur identité

L’histoire montre que l’Eglise des Frères Mennonites n’est pas devenue une dénomination religieuse à part. Le nationalisme russe grandissant à contraint les Mennonites russes à se re-unifier à nouveau. La création de l’Eglise des Frères mennonites a conduit à une nouvelle prise de conscience et à un début de réflexion sur le sens de la mission des Mennonites dans ce monde.

Travail parmi les enfants et les jeunes

Auteur: Johannes Dyck
Trad.: 
Louise Nussbaumer

En Allemagne, le travail pour les enfants est souvent fait par des jeunes qui ainsi prennent part de manière active à la vie d’église. En Union soviétique le travail parmi les enfants et les jeunes était une question délicate.

 

Depuis 1929, la loi interdisait toute sorte de rencontre spéciale, y compris de femmes, d’enfants ou de jeunes. Lorsqu’après 1955 des églises nouvellement établies cherchèrent à obtenir un statut légal, les autorités demandèrent d’observer strictement la loi. De plus, ils interdisaient souvent la présence d’enfants pendant les cultes ordinaires. De temps en temps, les cultes du dimanche étaient interrompues par les autorités et des enseignants qui faisaient la liste des écoliers présents dans l’auditoire. D’habitude les enfants de la liste étaient appelés par le directeur de l’école et intimidés devant la classe. Pour les jeunes églises et les jeunes parents, le temps de persécution entre 1958 et 1966 était une lutte pour les enfants. Finalement les parents ont gagné la bataille, et on autorisa les enfants à assister au culte.

 

Victoire malgré les risques

Peu de temps après cette première petite victoire, les églises dans différentes villes commencèrent de petites écoles du dimanche dans les maisons particulières. En ville, ce travail pouvait mieux rester caché que dans les villages. Plusieurs personnes, y compris des jeunes femmes ont été mises en prison. Malgré tout, ce travail risqué, s’est poursuivi jusqu’à l’émigration en Allemagne.

 

Des jeunes prennent les rênes

Le travail parmi les jeunes faisait partie de la zone légale grise, souvent toléré par les officiels. D’habitude il était organisé en petits groupes qui se retrouvaient dans les maisons particulières pour la communion fraternelle et l’étude de la Bible, souvent deux fois par semaine. Cette partie du travail se révéla avoir un grand potentiel ; elle a donné aux églises des jeunes prêts à prendre des responsabilités et accepter un ministère. Des chorales de jeunes virent le jour, servant de point d’attraction pour les jeunes. Les rares prestations étaient une vraie fête pour l’église.

 

Bon espoir

Ce qui avait été interdit par le gouvernement soviétique devint bien plus populaire avec la nouvelle liberté en Allemagne. Considérant l’importance du travail, les assemblées mennonites mirent en place une œuvre florissante parmi les enfants et les jeunes, qui restent dans l’église jusqu’à ce jour. Sachant que les familles sont souvent nombreuses, ce travail est un  facteur important de croissance.

 

Vie d’Eglise

Auteur: Johannes Dyck
Trad.: 
Louise Nussbaumer

La vie d’Eglise des Mennonites nés en Russie en Allemagne reflète sous beaucoup d’aspects, les traditions qui existaient en Russie avant la persécution. Chaque dimanche, la communauté se réunit pour un ou deux services. L’ordre d’un culte est simple – trois courts sermons combinés avec le chant de la chorale et de l’assemblée. Les sermons sont donnés par des prédicateurs d’âges et d’expérience spirituelle différents. Le nombre de prédicateurs peut aller jusqu’à plusieurs douzaines par église.

 

Continuer à prêcher

Cette tradition vient des réunions piétistes du réveil en Russie autour de 1840, lorsque des participants se mirent à donner leur témoignage. Dans les premières églises de Frères Mennonites, le fait d’avoir beaucoup de prédicateurs devint une tradition. En impliquant beaucoup de frères, tous restaient actifs en proclamant la Parole de Dieu et donnaient plus de force à la diffusion de l’Evangile. Pendant le réveil après la guerre, en un temps d’oppression, avoir un grand nombre de prédicateurs  était le meilleur moyen de survivre : lorsque les responsables étaient déportés ou mis en prison, il y avait toujours quelqu’un pour les remplacer.

 

Les Thèmes – Le chant

Suivant l’ancienne tradition piétiste, le contenu principal d’une prédication est un encouragement à la foi. Les prédicateurs font des appels à la repentance, la conversion et la nouvelle naissance. Les thèmes préférés sont la vie de disciple, une vie sainte et la séparation du monde. Ces thèmes sont également au cœur des prières et des réunions d’étude biblique. Une partie importante de la piété des Mennonites nés en Russie est le chant. En temps de persécution, lorsqu’on ne trouve plus de Bibles, on peut facilement mémoriser les cantiques et les partager avec les personnes persécutées. Pour les personnes seules, isolées ou des petits groupes, c’était le seul moyen de se réconforter et de trouver des forces nouvelles. Pour beaucoup de jeunes, les cantiques allemands ont été le départ de l’apprentissage de la langue. Le chant de la chorale a une place importante pendant le culte.

 

Relations et Réunions

La vie d’église s’exprime dans des relations proches  entre les membres d’église qui  sont aussi des voisins vivant dans le même village. Une partie importante de la vie d’église sont les réunions de membres. C’est là que les candidats au baptême parlent de leur foi, on y pratique la discipline d’église; on débat des questions touchant aux normes de la  morale commune et du témoignage au monde; et c’est là que sont prises les décisions importantes.