Histoire

Histoire des  commencements en Bavière 

Auteur: Beate Zipperer
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Dès le temps de la Réforme on trouve des assemblées anabaptistes un peu partout en Bavière. Ils n’étaient pas bien vus par les autorités et il y eut au 16ème et 17ème siècle beaucoup d’exécutions par décision des ducs de Bavière. La persistance de ces condamnations à mort exigée  pour des dits ‘Anabaptistes’ en a contraint beaucoup à émigrer. Une première destination était entre autres la Moravie ou les anabaptistes continuèrent à faire oeuvre missionnaire. Cette manière d’agir conséquente selon la parole de Dieu, a provoqué là-bas également une persécution accrue à l’égard des anabaptistes.

A la fin du 16ème siècle les assemblées en viennent presque à disparaître, seuls subsistent quelques anabaptistes isolés.

 

Le roi et les agriculteurs mennonites

Lorsque le Prince électeur Maximilien IV Joseph décide en 1800  par une loi que des personnes de confession protestante peuvent s’installer en Bavière, grâce à des relations tolérantes quant aux questions de  foi, on voit  de nouveau arriver des Mennonites. A cause de la sécularisation et du soutien délibéré du Prince électeur, des Mennonites s’installent de nouveau en Bavière.

Il fallait exploiter les surfaces libérées des terres agricoles  et le prince électeur  devenu roi de Bavière en 1806 fait tout pour que les Mennonites s’installent en Bavière, parce qu’on savait qu’ils étaient de bons agriculteurs, travailleurs, avec des méthodes de travail rationnelles.

 

Les Mennonites peuvent louer les terres des anciens couvents à bon prix. A certaines familles le roi offre même des titres de propriété. Des Mennonites amish, des Mennonites du Palatinat s’installent volontiers sur ces fermes en Bavière. Des villages sont créés, ainsi que des assemblées avec des écoles et des lieux de culte. L’arrivée de familles mennonites en Bavière et vers le Sud est importante à ce moment. Quelques villages sont construits par exemple Wagenried, Stachusried, Maxweiler, Rottmannshart etc.

Le roi de Bavière a donc eu une influence décisive sur l’installation de Mennonites en bavière.

 

Non-résistance ou défense

Auteurs: Marius Romijn, Pieter Post
Louise Nussbaumer 

Les mennonites néerlandais ont le choix, individuellement, de participer à la violence de l’état ou non. Au temps de Menno Simons, c’était différent. Depuis l’attitude des mennonites face à la violence a beaucoup changé.

 

Munster ou Menno ?

Menno était opposé aux anabaptistes de Munster qui ont pris le pouvoir au Conseil de la ville en 1534. Lorsque la ville de Munster était en danger d’être reprise par l’évêque catholique, quelques milliers d’anabaptistes néerlandais se mirent en route pour défendre la ‘Nouvelle Jérusalem’ Selon les Munstérites, une ère de vengeance avait commencé où les croyants devaient prendre l’épée. Le Règne de paix de Christ serait établi dans la période suivante.

 

Des mennonites non-violents ont parfois soutenu l’Etat

Pour Menno et ses disciples, Dieu a donné une tâche au gouvernement: ‘Protection des faibles, et défense de la foi’. Eux-mêmes étaient non-violents, mais les gouvernements pouvaient faire usage de la violence, comme une partie de la tâche confiée par Dieu. Dans une ville assiégée, les mennonites ne combattaient pas, mais aidaient en éteignant les incendies et réparant les dégâts. En 1572 les Mennonites de Waterland donnèrent de l’argent à Guillaume d’Orange pour lutter contre les Espagnols, et en 1672 différentes dénominations mennonites ont investi du temps et des efforts pour renforcer l’armée néerlandaise.

 

Séparation de l’Eglise et de l’Etat

A la fin du 18ème siècle des Mennonites dissidents et patriotes ont été impliqués dans le gouvernement de manière active. Influencés par la Révolution française, ils se battaient pour l’égalité des droits. Avec les protestataires et d’autres théologiens éclairés, ils ont participé au premier Parlement National qui a préparé la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Jacob Henrik Floh (1758-1830) était le premier pasteur mennonite qui a pris le poste de secrétaire d’Etat. Il a plaidé pour l’égalité des droits, en particulier pour les Juifs qui étaient traités comme des parias.

 

Pour les Mennonites du 19ème siècle la séparation de l’Eglise et de l’Etat n’était pas évidente. Quelques étudiants du séminaire ont participé à une révolte violente qui a finalement séparé la Belgique des  Pays Bas (1830). En même temps, des assemblées entières ont émigré à l’étranger pour échapper à la conscription (1853).

 

Au 20ème siècle le principe de non-violence redevint une question vitale à travers le ‘Working Group against military Service’   (Groupe de travail contre le service militaire (1925),qui devint plus tard le Mennonite Peace Group (1946) - Groupe mennonite pour la paix qui a soutenu beaucoup de jeunes (mennonites ou non) pendant le processus de l’objection de conscience (CO). Depuis 1923 l’Etat autorise l’objection de conscience, mais actuellement la conscription est reportée (1997).

 

Références: Alle G. Hoekema e.a., Dagboek Cor Inja. Geen cel ketent deze dromen (Hilversum 2001). l’Image: S. Groenveld e.a., Wederdopers, menisten, doopsgezinden in Nederland 1530-1980, (Zutphen 1980), p.174.

 

 

La reconnaissance de l’église mennonite en août 2013

Auteur: Martin Podobri
Trad.: Louise Nussbaumer

 La Réforme en Autriche a fait l’effet d’une bombe. Dans certaines régions environ 90% de la population était protestante et des milliers de personnes ont rejoint les anabaptistes. Contrairement aux protestants, les anabaptistes ont été sévèrement persécutés dès le début et beaucoup ont payé de leur vie leur nouvelle foi. Beaucoup ont pris la fuite ou sont morts martyrs. C’est pour cela que pendant plus de 300 ans il n’y avait plus d’anabaptistes en Autriche.

En 1869 une église baptiste a vu le jour à Vienne. C’était le renouveau  du mouvement anabaptiste des églises libres en Autriche.

 

L’Eglise libre mennonite en Autriche

Parmi les réfugiés de la deuxième guerre mondiale arrivés en Autriche, il y eut aussi des mennonites. Pour leur venir en aide, à eux et à d’autres, les mennonites ont mis en place en 1947 une action de secours pour l’Autriche. Les besoins sociaux, mais aussi spirituels étaient énormes. Les missionnaires ont distribué des couvertures, du charbon et de la nourriture et prêché l’Evangile. Beaucoup de personnes sont venues à la foi. En 1953 la première église mennonite  a été fondée à Linz. D’autres églises libres ont été fondées plus tard  à Vienne, Wels, Salzburg et Steyr. C’était le début de l’Alliance de l’église libre en Autriche.

 

Statut religieux

Mais comme l’Autriche était jusque dans les années 1990 un pays presque entièrement catholique, les églises libres étaient certes tolérées, mais devaient se constituer en associations. On ne voulait, et on ne pouvait  leur accorder les mêmes droits qu’à  l’église catholique.

 

Cinq dénominations pour une église libre

Début 2011 les comités de quatre différentes associations (Mennonites, Baptistes, Eglises chrétiennes libres et Evangéliques) se retrouvent pour discuter d’un statut juridique. Un des problèmes était que la loi exige un minimum de 2 % de la population totale (environ 15 000 personnes), mais aucune association n’avait autant de membres.

 

On découvre que réunies, les quatre associations comptent le nombre de membres requis. On se mit à créer des statuts  pour une « Eglise libre en Autriche ». Au cours de ce processus  la communauté chrétienne Elaia se joint au groupe, comme cinquième association. En janvier 2013 la demande pour la reconnaissance des Eglises libres en Autriche a été déposée et en août l’association obtint officiellement le statut d’église si bien que les Baptistes, la Communauté chrétienne Elaia, l’Eglise chrétienne/église de Pentecôte, l’Association des églises évangéliques et les Mennonites  sont maintenant une église reconnue.

Par cette association originale les différentes églises libres font partie de la même Eglise.

 

 

De la monarchie à la démocratie

Auteur: Nataly Venger
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Les Mennonites ont été invités par Catherine la Grande à venir dans l’Empire russe. Comment la monarchie a-t-elle changé son attitude à l’égard des Mennonites, et pourquoi?

Privilèges

Catherine II a été à l’origine de la colonisation mennonite. C’était une méthode pour cultiver de nouvelles terres : augmenter la population pour améliorer l’économie de l’Empire. La politique de l’émigration active pour les mennonites leur a donné de grandes perspectives économiques. ‘Les Privilèges Mennonites’ ont été signés par l’Impératrice en 1788. Il est intéressant de noter que d’autres groupes ethniques et la population russe n’avaient pas ces avantages.

 

Morale

Paul I (1796-1801), Alexandre I (1801-1825) et Nicolas I (1825-1855) ont aussi soutenu les Mennonites. Paul I a donné aux mennonites une ‘Charte de Privilèges’  voyant leur conduite morale comme un exemple pour d’autres groupes sociaux. Alexandre I a mis en place de nouvelles règles de colonisation en comptant sur des immigrants riches. Il ordonna de rassembler toutes les lois antérieures dans les ‘Statuts des Colonies’. Le roi a subventionné la construction d’églises dans les villages d’Orloff et Rudnerweide. La colonie d’Alexandrwohl a tiré son nom d’Alexandre qui visita Steinbach et Tiege. L’idéologie de Nicolas I se retrouve dans le slogan ‘Orthodoxie, autocratie et nationalité’. Même si les mennonites sont protestants, ils soutenaient l’idée du ‘roi comme père’. Ils démontrèrent leur dévouement à la monarchie. En 1837  Nicolas II a également soutenu les ‘Privilèges’.

 

Changement de statut

La modernisation et l’unification menées par Alexandre II ont introduit un nouveau chapitre dans l’histoire des colonies. En 1871-1874 les mennonites perdirent leur statut de ‘colons’ et furent contraints à un service militaire alternatif. Cependant les réformes n’arrêtèrent pas le développement des colonies, surtout parce que Alexandre II ne soutenait pas les nationalistes. Les mennonites gardèrent l’idée d’un ‘messianisme économique’ qui déterminait leurs liens avec la monarchie. Une nouvelle colonie porta le nom d’Alexandre.

 

De la monarchie à la démocratie

Alexandre III (1881-1894) et Nicolas I (1894-1917) étaient influencés par des sentiments nationalistes. Suivant cette idéologie, ils assimilaient la nation russe à l’orthodoxie et étaient contre les protestants. Nicolas II a soutenu la législation anti-allemande de 1914-1918. Pendant longtemps, les mennonites ont soutenu la monarchie. Un processus démocratique, suite à la révolution de 1905-1907 mit les colons en dialogue avec le gouvernement et changea l’attitude mennonite qui étaient à l’origine des soutiens de la monarchie en soutiens de la démocratie et du système parlementaire.

 

Un nouveau commencement après la Deuxième guerre mondiale

Auteur: Johannes Dyck
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Pendant les persécutions au temps de Staline, les Mennonites perdirent presque tous leurs responsables, prédicateurs et bâtiments d’églises. Après l’entrée en guerre de  l’Union Soviétique en 1941, tous les Allemands de la partie européenne du pays furent déportés en Sibérie et en Asie Centrale, avec interdiction de quitter les lieux. En plus, au début de 1942, tous les hommes restants furent mobilisés, loin de leurs occupations dans l’Armée des Travailleurs.

 

Groupes de prière pendant la déportation

Dans l’Armée des Travailleurs, sous des conditions épouvantables et souvent proches de la mort, des hommes ont commencé à crier à Dieu, se rassemblant à l’occasion pour des réunions de prière clandestines, peu importait leur confession. Un de ces groupes de prières a été organisé par Heinrich Voth, autrefois ancien de l’assemblée mennonite de Nikolaifeld. Et Dieu les entendit. Il y eut un réveil. En beaucoup d’endroits des réunions de prières clandestines furent créées. En 1945 beaucoup de Mennonites qui avaient été emmenés en Allemagne furent rapatriés en Union Soviétique. Ils se rassemblèrent pour le culte. Là où c’était possible, les Mennonites se sont joints aux églises baptistes russes qui étaient autorisées pendant la guerre.

 

Après Staline

Après la mort de Staline en 1953, il y eut un dégel politique et en 1956 tous les Allemands étaient rappelés d’exil. La répression faiblit un peu, et dans beaucoup de villages, les gens qui s’étaient convertis dans les années précédentes, furent baptisés par des hommes courageux. On vit la création de petites assemblées de villages dans les anciens lieux d’exil. Des allemands, dont des Mennonites, partirent de là vers le sud du pays, en particulier vers le Kazakhstan et le Kirghizstan ; ils fondèrent de nouvelles églises ou rejoignirent  des églises russes baptistes qui ressemblaient beaucoup aux églises des Frères mennonites. C’est ainsi qu’une nouvelle géographie des églises se mit en place.

 

La non-violence rejetée

Le dégel du moins en matière de religion prit fin en 1958 et une nouvelle vague de persécutions commença. On regarda les Mennonites comme des sectaires réactionnaires opposés au gouvernement à cause de leur position historique non-violente. Leurs églises furent retirées de la liste des confessions officiellement autorisées, et n’avaient aucune chance d’être reconnues légalement. Cette situation a changé en 1966 ouvrant la voie à la légalisation des premières églises mennonites et Frères mennonites.

Beaucoup de Frères Mennonites et de personnes ayant un arrière-plan mennonite ont rejoint les églises baptistes.

 

Reference: And When They Shall Ask. A Docu-Drama of the Russian Mennonite Experience (1984/2010) dvd. www.mennonitemediasociety.com

 

 

Basée sur le don

Auteur: Beate Zipperer
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Les assemblées mennonites sont financées par les dons des membres. Dans notre assemblée les membres donnent mensuellement un montant qu’ils fixent eux-mêmes suivant leur situation financière. La dîme fondée bibliquement est pour la plupart un point de repère que l’on essaie de suivre selon ses possibilités.

La location des locaux représente pour notre assemblée une autre source de revenu. Les locaux peuvent être loués à une institution ou des particuliers pour une fête ou des séminaires. Les frais d’entretien, toutes les réparations nécessaires, le chauffage, les salaires mais aussi toutes les dépenses nécessaires pour nos activités, des cultes spéciaux, des concerts ou la semaine biblique annuelle pour enfants  etc. sont couverts par les contributions régulières des membres.

 

Offrandes

Pendant les cultes du dimanche nous recueillons une offrande destinée aux dépenses régulières de l’assemblée. Parfois les offrandes vont aux œuvres mennonites p. ex. en Allemagne du Sud, le juwe, (Travail pour les jeunes des Assemblées Mennonites d’Allemagne du Sud e.V) ; le VdM (Association des Assemblées Mennonites Allemandes), mais aussi globalement pour toute l’Allemagne : AMG (Association des Assemblées Allemandes) ; DMFK (Comité Mennonite Allemand pour la Paix) ; DMMK (Comité de Mission Mennonite Allemand); CD (Services chrétiens) etc. Et aussi, plus large la MWC (Conférence Mennonite Mondiale).

 

Par une gestion responsable des dons reçus et le compte financier annuel publié, il est possible pour notre assemblée de fonctionner en autarcie, indépendante du contrôle de l’état et de participer localement et dans le monde, à l’avancement du Royaume de Dieu.

Des entrepreneurs enthousiastes

Auteur: Nataly Venger
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Les mennonites de Russie n’étaient pas seulement des agriculteurs couronnés de succès, mais aussi des entrepreneurs de talent. Les colonies mennonites dans la province d’Ekaterinoslav sont devenues les principaux centres de production de l’empire dans la construction mécanique. ‘Lepp et Wallmann’ était l’entreprise de construction la plus importante. L’usine a été fondée en 1850 par Peter Lepp – le fondateur d’une dynastie d’entrepreneurs – elle arriva au  sommet de son succès sous la direction de son petit-fils – Johann Lepp, qui hérita de l’entreprise en 1879 et la dirigea jusqu’en 1919.

 

La dynastie Lepp-Wallmann

En 1880 Andreas Wallmann, un riche agriculteur devint le partenaire de Lepp. Après 1880 l’entreprise s’appela ‘Lepp et Wallmann’. En 1903 l’entrepris devint une société par actions. Les actionnaires étaient 11 représentants de la dynastie Lepps-Wallmann. Ils avaient trois usines de constructions mécaniques dans la province d’Ekaterinoslav. En 1903, la valeur de l’entreprise était estimée à 1,15 millions de roubles. Le capital de l’entreprise s’agrandit jusqu’à 1,2 millions de roubles (1903-1913) et 2,4 millions de roubles (1914-1918).

 

Succès et distinctions de l’entreprise

Au début, l’usine produisait des machines toutes simples pour l’équipement des fermes: faucheuses, des batteuses et des moissonneuses. En 1874 elle fabriqua le premier ‘Lepps Booker’. En 1880 l’usine se mit à produire des moteurs à vapeur, des boilers, des presses à huile, des équipements pour les scieries. Entre 1860-1912, l’usine a participé à des expositions agricoles et a été récompensée par 33 médailles et diplômes.

 

La Première guerre mondiale et les affaires

Pendant la Première guerre mondiale, l’usine a été forcée de produire des armes. Pour les entrepreneurs (pacifistes) mennonites, c’était la seule manière de sauver leur propriété.

 

Importance des usines gérées par les Mennonites

Lepps-Wallmann a beaucoup contribué au développement de l’industrie de constructions mécaniques dans l’empire russe. Des entrepreneurs connus comme A.Koop et C. Hildebrandt ont fait leurs premières expériences dans l’usine de P.Lepp. Vers 1900 les Mennonites de la province d’Ekaterinoslav produisaient plus de 58% de l’équipement agricole de la région. Dans la province de Taurida un tiers des usines de construction mécaniques appartenaient aux mennonites. En 1911 chaque cinquième usine de construction de machines agricoles à Novorussia était la propriété d’un entrepreneur mennonite. Ces chiffres reflètent le succès des entreprises dans ce groupe ethnique et religieux. Les usines mennonites utilisaient toujours les dernières technologies et se trouvaient en compétition avec des entreprises étrangères, fournissant aux clients du matériel bon marché mais de grande qualité.

Les Mennonites néerlandais et la politique

Auteur: Gabe G. Hoekema
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Aujourd’hui des mennonites sont engagés dans l’aide humanitaire ainsi que les questions environnementales et de pauvreté. Mais pendant longtemps, on croyait fermement que l’église demandait seulement à ses membres de former une communauté à travers les enseignements du catéchisme. C’est pour cela que les Mennonites se tenaient à distance de ce qui se passait dans le monde (politique). A la fin du 18ème siècle, des Mennonites contestataires et patriotes ont été impliqués dans des mouvements militants bénévoles. Ils sont aussi devenus membres du Premier Parlement National. Au 19ème siècle, ils se sont intégrés dans la société, mais jusqu’au  20ème siècle cela ne se faisait pas de débattre ouvertement des idéologies politiques. Même lorsque les Nazis ont attaqué et occupé les Pays-Bas, les Mennonites néerlandais se taisaient. Dans l’hebdomadaire mennonite « De Zondagsbode », nous ne trouvons que rarement des articles qui s’opposent au nazisme. Seule une minorité de personnes s’est opposée au phénomène inquiétant de membres d’église et pasteurs sympathisants  avec Hitler et l’admirant pour sa politique socio-économique.

 

Le Vietnam et les armes nucléaires

Après les années 1960 la politique devint plus importante. Dans la société néerlandaise la guerre du Vietnam et la menace des armes nucléaires étaient débattues avec passion. La question centrale pour les Mennonites était comment mettre en pratique et promouvoir la paix et la violence.

 

Les Mennonites et le ‘modèle du polder’

Les Mennonites néerlandais vivent dans un pays où le consensus joue un grand rôle dans le processus de la prise de décisions. Pour prendre des décisions importantes et partager des responsabilités les mouvements politiques et les églises ont besoin de contre-pouvoirs. L’idée du ‘modèle du polder’ est de trouver des solutions de compromis, et de ne pas se polariser. Aujourd’hui les membres d’églises se rassemblent sur ce qui les unit plus que sur ce qui les sépare, quand il s’agit de questions politiques. Dans l’églises les décisions sont prises par consensus. Les mennonites ont aussi une forte tendance à partager la pensée œcuménique.

 

La politique chrétienne

Il  y a actuellement plusieurs mouvements politiques chrétiens aux Pays-Bas. Mais les Mennonites ne se sont jamais organisés en un parti politique spécifiquement mennonite. Beaucoup préfèrent voter soit pour un parti libéral ou un programme social-démocrate. Une minorité balance entre ces deux partis, et quelques-uns seulement se retrouvent dans les idées plus radicales, plutôt à gauche. Les thèmes comme les changements climatiques, la pérennité de la terre et de la société sont importants aux votants mennonites.

 

Pourtant il y a eu des Mennonites au Parlement et certains d’entre eux ont fait partie du gouvernement. Les politiciens mennonites les plus célèbres sont C.Lely (1854-1929) dont le nom rappelle pour toujours Afsluitdijk, une digue importante qui relie les provinces de Hollande du Nord et la Friese. Un autre homme politique mennonite a été S. van Houten (1837-1930) qui a été à l’origine d’une loi contre le travail des enfants. Plus récemment on trouve D.Tommel (1942-) et le maire de Almere, Mme A.Jorritsma-Lebbink (1950-)

 

Reférences: C. van Duin, ‘De doperse gemeente – een politiek relevante zaak’, in: Doopsgezinde Bijdragen 2 (Amsterdam 1976), 62-71; E.I.T. Brussee-van der Zee, ‘De Doopsgezinde Broederschap en het nationaalsocialisme, 1933-1940’, in: Doopsgezinde Bijdragen 11 (Amsterdam 1985), 118-130.

 

Equipes d’Artisans de Paix en Europe (Christian Peacemaker Teams)

Auteur: Marius van Hoogstraten
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Des millions de personnes dans le monde vivent en des lieux où des groupes armés décident de la vie quotidienne. Des millions de personnes sont des réfugiés. Beaucoup pensent qu’on ne peut aider ces personnes qu’en envoyant une armée. Mais les conflits ne font qu’empirer en présence des forces armées.

 

Politique alternative

 Les Equipes d’Artisans de Paix (en anglais: Christian Peacemaker Teams, CPT) cherchent des solutions alternatives aux conflits. Nous allons en des lieux où règne la violence, nous nous engageons pour la paix avec les populations locales. Au lieu d’utiliser les armes, nous prenons des photos, et nous rendons compte des conflits et des injustices. Les soldats et les autres groupes armés nous reconnaissent à nos bonnets rouges. De par notre engagement, la violence diminue, parce que les personnes violentes savent qu’elles sont observées.

Autrefois nous pensions que notre engagement non-violent était unique. Maintenant nous savons qu’il y a presque partout des personnes qui s’engagent pour la paix. Ils cherchent des moyens créatifs, originaux pour résister à la violence et empêcher des entreprises d’exploiter le pays et les personnes. La résistance non violente peut avoir de nombreux aspects : par exemple, former une chaîne humaine entre une foule de protestataires non armés et des soldats, accompagner à l’école des enfants auxquels on jette des pierres, ou emmener des moutons au pâturage, lorsque l’armée s’y oppose.

 

Résistance non violente

Au Canada la terre et la vie de beaucoup d’indigènes est menacée par des entreprises. Leur protestation non violente est soutenue par les bénévoles  CPT. Le CPT est présent quand la rue est bloquée et qu’une entreprise de déforestation ne peut plus envoyer ses camions en forêt.

En Europe, le CPT s’occupe de la situation des réfugiés. Il n’y a presque pas d’accès sûr vers l’Europe, parce que toutes les frontières sont gardées par l’armée. Depuis ces dernières années des milliers de réfugiés sont morts, en Méditerranée et aux frontières de la Grèce et de la Turquie.

 

L’histoire des Equipes chrétiennes pour la paix a commencé en 1984 lors de la Conférence Mennonite Mondiale. L’idée était d’envoyer des milliers de chrétiens et de chrétiennes dans les zones de conflits. Aujourd’hui il n’y a pas que les chrétiens pour travailler avec CPT. Le coeur de notre travail est la coopération avec des groupes pacifistes locaux. Nous accompagnons des mouvements sur le terrain en Colombie, Palestine, au Kurdistan irakien et au Canada.

 

 

 

 

Des Mennonites quittent l’URSS pour l’Allemagne

Auteur: Herrmann Heidebrecht
Trad.: 
Louise Nussbaumer

Avant 1987, seuls quelques milliers de Mennonites de Russie ont pu quitter l’URSS pour l’Allemagne. Après 1987, la plupart des demandes d’émigration ont été approuvées par les Allemands comme par les autorités soviétiques. Il y eut un exode massif, comme on n’avait encore jamais vu. Il y a plusieurs raisons à cette évasion de presque tous les Mennonites de l’ancienne Union soviétique.

La persécution et l’oppression pour la foi a duré près de 70 ans. Les chrétiens n’étaient pas seulement mis sous pression mais aussi regardés comme des arriérés.

 

L’oppression nationale en union soviétique

L’oppression nationale à l’égard des allemands nés en Russie qui n’ont pas été différenciés des national-socialistes de Hitler dans la Deuxième guerre mondiale (appelés fascistes en URSS) était aussi une raison importante de quitter la région pour les Mennonites et les autres Allemands. Même s’il y avait des écoles allemandes dans certaines régions de l’Union Soviétique, comme des radios et des journaux allemands, on ne pouvait arrêter la dissolution de l’identité allemande en Russie.

 

Questions politiques et économiques

La plupart des mennonites n’ont certainement jamais été d’accord avec la politique soviétique. La douleur de la confiscation, des déportations, des arrestations, des exécutions et d’autres souffrances des dernières décennies étaient trop profondes Peu de familles mennonites qui ne pleuraient pas de victimes. Les Mennonites ne faisaient plus confiance au gouvernement soviétique et à ses chefs. Les conditions économiques ont aussi joué leur rôle en la matière. Dans les villes les campagnes on manquait de tout. Même si personne ne souffrait de la faim, souvent on ne trouvait ni pain, ni beurre, ni lait, ni sucre ni d’autre nourriture qu’au prix de mille difficultés si les gens ne pouvaient le produire eux-mêmes. C’était la même chose pour les vêtements, les meubles, les ustensiles de ménage et d’autres choses.

 

Organisation au service des immigrants

Le Service mennonite d’émigration (Die Mennonitische Umsiedlerbetreuung) a été créée par d’anciennes assemblées mennonites en 1972 et pour beaucoup d’années a aidé les nouveaux arrivants pour un nouveau départ. Grâce au soutien de cette organisation, on trouva des lieux pour s’installer en Allemagne, en beaucoup d’endroits des cultes ont commencé, et des nouvelles assemblées créées. Une fois que le Service mennonite d’émigration eut achevé sa tâche, les nouvelles assemblées fondèrent leur propre service d’émigration se chargeant de toutes les  fonctions.  Depuis, les deux services ont accueilli et conseillé plus de 100 000 Mennonites ou personnes d’origine mennonite dans des camps de transit et les points d’entrée dans les différents états.